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L?express en manqué de papier journal
L?express doit cesser de paraître pendant quelques jours, faute de papier journal. La moitié de sa cargaison de juin 1979 est repartie, le mois suivant, pour l?Afrique du Sud, n?ayant pas été débarquée avant le départ du navire. Ce reliquat ainsi que la commande pour le mois d?août sont toujours dans la cale d?un navire bloqué en tête de rade. Huit semaines de retard sur les livraisons programmées entraînent une rupture de stock et une interruption temporaire de publication. Et pan ! pour la liberté de la presse.
Bérenger est acculé au désespoir après l?échec de ses négociations avec Seewoosagur Ramgoolam et son ministre du Travail, Yousouf Mohamed. Le négociateur de la GWF décide d?entamer une grève de la faim. SILU et UASI réclament la reconnaissance syndicale, une compensation salariale de 8%, la mise en application garantie de la semaine de 40 heures dans le sucre, l?assurance qu?il n?y aura aucun licenciement pour cause de grève. Bérenger déplore qu?une coalition de droite (Satcam Boolell + Gaëtan Duval + secteur privé) dirige en fait le pays. Seewoosagur Ramgoolam compte désormais pour du beurre. Bérenger ne peut plus compter sur lui. Il capitule sans cesse et ne peut obtenir l?accord de ses troupes pour le rappel du Parlement. Le gouvernement ne résiste pas aux diktats du secteur privé. Rien à espérer non plus de Veerasamy Ringadoo qui s?en va mendier auprès de la Banque Mondiale, en acceptant par avance les exigences du FMI. La grande souffrance des travailleurs depuis 1971 explique la destruction par le feu de 60 000 tonnes de cannes. L?explosion de la colère populaire est imminente. Seule la grève de la faim peut redonner l?espoir aux masses.
La grève dans le sucre tire à sa fin. Six nouvelles usines sucrières reprennent leurs activités normales. Elles portent à 15 le nombre des sucreries ayant recommencé à rouler. Trois butent sur des problèmes techniques. Seulement trois sont toujours bloquées par le mouvement de grève. Priorité est accordée aux plantations de cannes appartenant aux petits planteurs et incendiées de façon criminelle. La MSPA n?entend pas céder sur un nombre minimal de licenciements pour cause disciplinaire. Il s?agit d?une centaine de cas de graves intimidations et de conduites répréhensibles.
L?annonce du maintien de ces licenciements rend furieux Paul Bérenger qui quitte sur le champ le bureau du Premier ministre où il est venu s?enquérir de la position adoptée par la MSPA. Aurélie Perrine, président de la PLHDWU, n?a pas plus de chance après une démarche similaire auprès de Yousouf Mohamed et de Jean Claude Augustave, à l?insu de son exécutif.
La Moka-Flacq Bus Service profite de la grève du transport pour se mettre en liquidation. Elle cesse d?opérer. Les employés grévistes n?auront droit à aucune indemnité de licenciement. La situation s?améliore de jour en jour dans le transport en commun. A la CWA, le nombre de grévistes ne dépasse pas le seuil des 10%. Le mot d?ordre de grève est suivi à près de 100% au CEB mais les cadres parviennent à assurer une production normale, sauf en cas de panne.
Philippe Forget critique Paul Bérenger qui ne respecte en rien les instances d?arbitrage et qui joue à présent sur la corde sensible de l?émotivité après avoir exploité à fond la corde raide du chantage de la grève générale.
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