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L?exception ?
Par Raj MEETARBHAN</B>
Les prix des denrées alimentaires baissent sur les marchés mondiaux, mais les consommateurs mauriciens ne voient pas encore la différence dans leur porte-monnaie. La question des prix demeure, en tout cas, une vaste mystification. Seules les hausses se répercutent sur le marché local. Les baisses ne profitent jamais aux consommateurs.
Les commerçants trouvent souvent des prétextes pour ne pas ajuster leurs prix quand les cours mondiaux baissent. Ils invoquent des facteurs liés au taux de change ou au coût du fret pour justifier le maintien des prix qu?ils pratiquent.
La solution à ce problème ne passe pas, bien entendu, par des prix administrés. Il faut tout simplement instaurer des mécanismes des prix transparents et des règles pour contrôler les cartels et les ententes.
L?Etat est mal placé pour donner des leçons de transparence aux opérateurs privés. Il faut d?abord qu?il remplisse sa part du contrat. Car, la STC, organisme parapublic, a la réputation d?être opaque. Il est difficile, voire impossible, d?obtenir les détails des contrats qu?il négocie avec ses fournisseurs. De plus, comment les dirigeants peuvent-ils demander aux opérateurs privés d?ajuster à la baisse leurs prix alors que la STC, elle, est incapable de répercuter à la pompe la chute des cours mondiaux du pétrole.
La réaction de Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la Chambre de commerce et d?industrie, à l?appel lancé par le ministre des Finances en vue de baisser les prix, est positive. «Certains prix devraient certainement baisser avant la fin de l?année», promet le porte-parole de la CCI. Ses propos devraient donner de l?espoir aux masses de travailleurs durement affectés par la perte de leur pouvoir d?achat et qui redoutent un régime maigre pendant la période des festivités. Les baisses annoncées ne peuvent que les réjouir.
Mais, il y a loin de la coupe aux lèvres. Prenons l?exemple du riz basmati. Les importateurs reconnaissent qu?il y a un recul des prix à l?importation. Pourtant, cette denrée n?a pas encore enregistré de baisse sur le marché local. «Avec les nouvelles récoltes, le prix du riz pakistanais a chuté de 30 % à 40 % sur le marché mondial», révélait l?importateur Siddick Rostom. Les étiquettes des supermarchés ne reflètent pas encore ces mouvements de prix.
Tous les indices montrent que la situation agricole mondiale est brillante. Cette semaine, le journal «Le Monde» a parlé de «la décélération du prix des denrées alimentaires». Le FMI prévoit que, pour la région Moyen-Orient et Asie centrale, l?inflation «fléchira légèrement en 2009 en raison de la baisse des prix alimentaires mondiaux». Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a expliqué que «les prix des denrées sont en train de baisser, essentiellement face aux perspectives favorables de récolte mais aussi, entre autres, d?un ralentissement de l?économie mondiale». Maurice ne saurait être une exception à la règle.
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