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L?ex-enquêteur Stephenson attaque en cour sa voisine

10 décembre 2004, 20:00

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On se serait attendu, en louant un appartement, à ce que celui-ci soit pourvu en eau. Mais tel n?est pas le cas pour le Forensic investigator Andrew Stephenson. C?est du moins ce qu?il affirme. Il attaque en Cour suprême Kavita Beerjafan, la propriétaire de l?appartement qu?il loue, situé à l?étage du supermarché Ritas. L?ex- limier de l?Independent Commission against Corruption (Icac) affirme que sa propriétaire a interrompu volontairement et à plusieurs reprises la fourniture d?eau de son appartement, situé à la rue Casse-Goun à Grand-Baie. Cela, en dépit d?un ordre intérimaire de la Cour suprême émis le 8 novembre par le juge Paul Lam Shang Leen. L?affaire sera entendue lundi.

C?est en septembre 2002 que l?enquêteur d?origine britanique a emménagé, avec son épouse mauricienne et sa fille de deux ans, dans l?appartement de Kavita Beerjafan, situé à côté de la demeure de celle-ci, à Grand-Baie. Les relations semblent d?abord être cordiales. Mais, se référant au 3 novembre dernier, Andrew Stephenson explique que « durant les deux ans, que j?ai habité ici, ma famille et moi n?avons jamais eu de problèmes d?eau et notre femme de ménage a pu faire son travail correctement. Pourtant le mercredi 3 novembre, elle n?a pu utiliser la machine à laver car il n?y avait pas d?eau chaude. Et le samedi suivant, elle n?a pu faire la vaisselle et le nettoyage, car l?eau ne coulait pas ».

Stephenson affirme qu?il n?y a qu?un compteur à eau pour le supermarché et son appartement. Sa voisine l?aurait accusé de ne pas avoir réglé les factures pour la fourniture d?eau alors que, dit-il, ces frais sont inclus dans le loyer. Pourtant, elle lui aurait demandé de signer un papier pour dire qu?il quittait l?appartement.

«TU NE SAIS PAS A QUI TU AS AFFAIRE»

Dans la matinée du 8 novembre, alors que sa femme se brosse les dents, la fourniture d?eau est à nouveau interrompue. Stephenson consigne une déposition au poste de police de la localité. Mais la voisine aurait laissé la pompe à eau fermée. Le plaignant sollicite donc l?intervention de la Cour suprême et obtient le même jour un ordre intérimaire en sa faveur. Mais en rentrant, il constate que Kavita Beerjafan a une fois de plus interrompu la fourniture d?eau.

Il se rend au poste de police de Pointe-aux-Canonniers avec une copie certifiée de l?ordre du juge. Des policiers se rendent au supermarché. Après avoir discuté pendant 20 minutes avec la propriétaire, ces derniers expliquent à Stephenson que la propriétaire a soutenu que généralement, durant la période de novembre et décembre, la pression de l?eau est faible. Ce qui, dit-il, ne s?est jamais fait ressentir auparavant.

Le soir venu, raconte Stephenson, en se rendant derrière la maison pour actionner la pompe à eau, Kavita est sortie et lui a dit qu?il n?avait plus le droit de s?y rendre. Ensuite, un homme bien bâti est sorti de la maison de Kavita pour lui demander ce qu?il faisait. « Je lui ai dit que j?avais besoin d?eau dans mes toilettes.» L?homme se serait fâché et aurait lancé « Je vais te tuer. Tu ne sais pas à qui tu as affaire. Je suis un ami du président».

Réagissant aux dires de Stephenson, Kavita Beerjafan, affirme que ses accusations sont fausses et malicieuses. Selon sa version, dans un affidavit rédigé par l?avoué Manoj Appadoo, Stephenson aurait lui-même fermé la pompe avant de téléphoner à la police. Il lui aurait ensuite dit ces mots : « Je vais appeler la police pour leur montrer que le levier était fermé. Je vais te traîner en cour et je vais me payer de superbes vacances avec ton argent. »

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