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Levée des boucliers des médecins du public

22 janvier 2008, 20:00

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Retards, journées écourtées, absences répétées? tels sont les reproches que le ministre de la Santé, Satish Faugoo, a adressés à certains médecins travaillant dans les établissements publics, après avoir analysé un rapport des techniciens de la Santé. La réplique du berger à la bergère ne s?est pas fait attendre : si certains médecins qualifient les propos du ministre de «farce», le secrétaire de l?Association des spécialistes, Baboo Servansing, a déclaré son intention d?avoir une réunion avec son comité exécutif dans le but de répondre à ces propos.

Certaines menaces des autorités, dont la suspension des permis de pratique privée en cas d?abus ne laissent pas insensibles. Ainsi, un spécialiste, sous le couvert de l?anonymat, soutient que «ceux qui font des abus sont ceux qui sont les protégés du système. C?est connu même du ministère de la Santé. Donc, si le ministre veut mettre de l?ordre, qu?il décide de s?attaquer à certains qui se croient politiquement intouchables»

C?est dans le même sens que va un ancien président des syndicat des médecins : «Au lieu de faire des constats, il faut prendre des sanctions. Et cela, personne n?a le courage de le faire. L?indiscipline des médecins est un vieux problème. On veut bien savoir qui va s?en prendre à un gynécologue qui va faire des accouchements à une clinique alors qu?il doit être à l?hôpital. Ou à ce radiologue qui abuse du système de manière outrancière?»

?Ils trouveront d?autres astuces?

Du coup, un responsable d?un département spécialisé à Candos note avec une certaine amertume qu?«avec les visites surprises régulières, c?est surtout les petits poissons, qui seront en retard de 15, à 20 minutes qui seront mis en cause et non les récidivistes qui, eux trouveront d?autres astuces.»

La déclaration portant sur la suspension des licences de la pratique privée est jugée «abusive» par des spécialistes : «Prendre des mesures radicales ne va pas améliorer le service. Il y a un manque de spécialistes dans certains domaines et ce n?est pas en se mettant à dos les médecins que nous allons réformer le système.»

Les généralistes se disent aussi concernés. Le président de la Medical Health Officers Association, Dr Vasant Gujadhur, pense que «tous les points soulevés dans le rapport révèlent des failles de l?administration.Pour les spécialistes ou les autres médecins, il y a un supervising body qui ne fonctionne pas. Les hôpitaux ne sont pas victimes de l?indiscipline des médecins mais d?une administration qui n?arrive pas à faire son travail.»

A l?administration de sanctionner les «brebis galeuses », insiste Vasant Gujadhur. Il ne manque de rappeler que les médecins sont quatre aux Urgences pour 600 à 700 malades par jour. Pour un service efficace, il faut encore qu?il y ait des moyens...

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