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L?euthanasie, une question de vie ou de mort
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L?euthanasie, une question de vie ou de mort
Le débat sur l?euthanasie est avant tout passionnel, qu?en pensez-vous?
Sous le coup de l?émotion, on mé-lange tout : l?euthanasie, le suicide assisté, l?arrêt des thérapies actives, l?aide à mourir, etc. On ne peut pas continuer à laisser dire que les réanimateurs donnent la mort quand ils ne font que la permettre. On ne peut pas non plus continuer à mettre sur le même plan l?arrêt d?un acharnement thérapeutique et l?acte qui consiste à donner intentionnellement la mort. Il faut clarifier les termes, distinguer les pratiques, car même si la mort est au bout, l?intention qui anime un acte fait toute la différence.
Mais pourquoi pratiquer l?euthanasie alors ?
Pour certains, il s?agit d?un complément aux soins palliatifs. Arrêter les soins actifs, soulager la douleur et donner la mort ont la même valeur puisqu?ils aboutissent au même résultat. Certaines fins de vie particulièrement difficiles et douloureuses placent en effet les médecins devant un dilemme : faut-t-il maintenir en vie le patient au risque de le laisser souffrir, ou l?apaiser au risque de hâter sa mort ? C?est une évidence que personne ne souhaite terminer sa vie dans d?intolérables souffrances. Mais en étant en faveur de l?euthanasie, on fait comme si c?était là la seule réponse aux souffrances extrêmes, comme si la seule façon « douce » de mourir était d?anticiper le décès. C?est mal connaître l?efficacité des soins palliatifs, des progrès spectaculaires accomplis contre la douleur ces dernières décennies. On réduit alors « l?aide à mourir » à un geste technique.
Cette pratique serait donc, selon vous, tout simplement dépassée?
En l?absence de savoir-faire et de médicaments appropriés, l?euthanasie pouvait épargner de terribles souffrances, mais on en est plus là ! Il s?agit maintenant d?entendre la souffrance de comprendre qu?il y a des cas où derrière un « je veux mourir », exprimé par le patient, il y a la pensée même de la mort qui fait du bien. Cela ne signifie pas qu?il faille y répondre par un geste létal. Car, lorsqu?il réclame que l?on hâte sa fin, le mourant trouve dans le même temps le moyen d?exprimer une toute autre de-mande, qu?il faut savoir déchiffrer. En-tendre cette demande de ne pas être abandonné est à notre sens capital, car c?est bien le sentiment d?être laissé pour compte par la médecine, les siens, et la société, qui est la racine d?espoir qui conduit à demander la mort.
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