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L?Europe dresse ses garde-fous face au textile chinois

2 mai 2005, 00:00

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La Chine, la mal aimée. L?Europe et les Etats-Unis sortent le grand jeu pour contenir le déferlement sur leurs marchés des articles de confection fabriqués en Chine. L?Union européenne (UE) prévoit, elle, d?en limiter l?importation des vêtements.

?Maurice devra soutenir les initiatives de l?UE. Je suis en faveur du commerce libre mais la Chine n?est pas en train de jouer le jeu. Les Chinois ont une monnaie qui est 40 % en dessous de sa vraie valeur. De plus, les usines appartiennent à l?Etat. Leurs pertes sont souvent rayées par les banques qui elles aussi sont des sociétés de l?Etat?, affirme Ali Parkar, le p.-d.g. du groupe Star Knitwear.

En fait, plus de 65 % des vêtements fabriqués dans la zone franche mauricienne sont acheminés vers l?Europe. Mais la déferlante chinoise rend notre principal marché extrêmement vulnérable.

Les importations des différentes catégories en Europe ont enregistré des hausses variant de 51 à 534 % depuis le début de l?année lorsque les quotas sous l?accord multifibre ont été abolis. A en croire Ali Parkar, il n?y a pas de doute : les Chinois procèdent à un dumping de marchandises grâce à de lourdes subventions. ?Il y a des fermetures d?usines même dans un pays comme le Bangladesh où le coût de la main-d??uvre est très bas.?

La fin de l?accord multifibre a ouvert la voie aux ?abus? des exportateurs chinois. Bruxelles a déjà initié une procédure pour limiter l?importation de neuf catégories de produits de l?habillement. La démarche pourrait même s?étendre à onze nouveaux groupes. Et l?entrée des t-shirts, pull-overs, pantalons, chemisiers, bas et chaussettes sera désormais passée à la loupe.

Agir sans froisser Pékin

L?Europe évoque, elle, les clauses de sauvegarde obtenues au moment où la Chine faisait son entrée à l?Organisation mondiale du commerce. Ces mesures ?garde-fou? permettent aux pays concernés d?imposer un seuil de 7,5 % sur la croissance annuelle des importations chinoises. Et la clause spéciale ?Chine? est valable jusqu?en 2008.

Les industriels européens s?attendent à des actions très musclées de la part de Bruxelles. Ils rappellent que la concurrence chinoise a déjà fait perdre plus de 165 000 emplois depuis l?année dernière et qu?un million de postes sont menacés de disparition si les autorités ne réagissent pas fermement.

Mais tous les pays européens ne vivent pas l?invasion de la même manière. Ceux qui ont une industrie de textile importante tels la France, l?Italie, le Portugal, l?Espagne, la Pologne et la République tchèque, demandent une réaction plus rapide et plus significative de la Commission européenne. Celle-ci joue la prudence. Elle veut agir sans froisser Pékin. Il y a là un immense marché chinois en jeu pour l?Europe.

?Nous allons négocier et discuter avec les Chinois et je pense que le bon sens va prévaloir ?, a déclaré, mercredi dernier, le ministre français de l?Economie, Thierry Breton, à l?agence Reuters.

Mais le commissaire européen au Commerce précise que l?Europe n?a aucune intention de déclencher une guerre commerciale avec la Chine. Il souligne toutefois que les autorités européennes ne sauraient rester les bras croisés face à la situation.

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