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Les «recrues» des hôpitaux font une grève de la faim
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Les «recrues» des hôpitaux font une grève de la faim
Certains se sont allégrement dirigés vers ce qu?ils pensaient être leur nouveau lieu de travail hier. D?autres ont reçu une correspondance les prévenant qu?il n?en était plus question. Toujours est-il que tous ceux qui ont obtenu, le 30 juin, une lettre de recrutement comme Health Care Assistant (HCA) sont très remontés. Et pour cause. Ils ont appris environ une semaine plus tard, que tel n?est plus le cas. Et, les offres d?emploi ayant été «freezed», ils ont ont été accueillis, non par leur nouvel employeur, mais par la police.
C?est par le biais de lettres individuelles affranchies mercredi et hier par les responsables des hôpitaux de Centre-de-Flacq, de Port-Louis et de Candos que les 300 Health Care Assistants ont appris la mauvaise nouvelle. Mécontents, ces HCA, recrutés pour faire les lits, donner le bain et à manger aux patients dans les hôpitaux, ont convergé vers Port-Louis pour protester contre cette situation.
Les négociations n?ayant, à hier, pas abouti avec le ministre de la Santé, Satish Faugoo, qui a rencontré, dans l?après-midi, un groupe d?employés accompagnés de leurs hommes de loi, Mes Ashley Hurhungee et Samad Golamaully, les HCA ont décidé d?entamer une grève de la faim. A 17 heures, au jardin de la Compagnie, à Port-Louis, ils s?apprêtaient à passer la nuit à la belle étoile, bravant le froid. Et ils y étaient encore à 23 heures.
Evénement «traumatisant»
Dans la matinée, ils n?avaient pu rencontrer Satish Faugoo, retenu par le Conseil des ministres. Ils ont alors fini par bloquer la route principale qui passe devant le bâtiment du Trésor et le Parlement. Assis à même le sol, hommes et femmes, âgés de 18 à 35 ans, refusaient de quitter les lieux avant d?avoir pu obtenir une rencontre avec le ministre.
«Ala ki arive kan zot dir bizin sanzman», lance une habitante de Flacq. Et à un autre de renchérir, «Li ti dir dan san zour li pou sanz nou lavi. Mo kroir li finn resi fer li.» A l?instar de ces deux personnes, ils étaient une soixantaine à refuser d?obtempérer aux ordres de la police. La circulation étant bloquée, celle-ci a fini par dévier tous les véhicules vers le jardin de la compagnie. Un haut gradé a même fini par lancer : «Mo pasians ena limit. Si mo trouv zot ankor, mo pou pran aksion. Moi mo pa pran lord ar minis»
A l?hôpital de Candos, l?humeur n?était guère plus festive. Des jeunes femmes visiblement en colère s?en sont prises verbalement aux policiers venus rétablir l?ordre. «Se enn afron ki finn fer nou. Nou ena dignite nou. Finn apel nou never zordi pou rant travay e nou akeyir par lapolis ?» Selon leurs dires, un responsable de l?hôpital serait venu leur faire savoir qu?il a reçu un coup de téléphone d?un haut cadre du ministère de la Santé pour dire que l?offre d?emploi avait été annulée.
Un événement qui, affirme la plupart d?entre elles, les a «traumatisées». «Comment je vais faire maintenant ? J?ai déjà démissionné pour venir travailler comme HCA. Comment vais-je rembourser mes dettes ?», se morfond Sarojini, une habitante de Caro-Laliane.
C?est ainsi que les HCA ont, dans l?après-midi, pris contact avec Mes Samad Golamaully et Ashley Hurhungee. Cela, afin d?entrer une action en justice lundi prochain. L?annulation du recrutement étant, affirment-ils, «illégale», ils comptent demander au juge en chambre de statuer sur la question. Des dépositions ont aussi été consignées dans divers postes de police à travers l?île. Pour les HCA, un nouveau gouvernement a le devoir de continuer le travail de son prédécesseur.
Interrogé hier, à la suite de sa rencontre avec Satish Faugoo, Ashley Hurhungee devait confier que ce dernier lui a déclaré que le cabinet a décidé d?ouvrir une enquête afin de vérifier si ce recrutement a été effectué dans la transparence.
«Postes mérités»
«Le ministre n?a pas indiqué quand il compte démarrer cette enquête», ajoute-t-il. Il soutient, en outre, qu?il est regrettable qu?une telle décision ait été prise à l?égard de ces HCA. «Ils ont été choisis parmi quelque 14 000 candidats. Cela prouve qu?ils méritent ces postes.»
Le ministre de la Santé, devait, pour sa part, expliquer, à l?issue de la rencontre, que les bénéficiaires ont reçu leurs lettres de recrutement après la dissolution du Parlement. «C?est pourquoi nous avons décidé de freeze ces postes pour vérifier si tout a été effectué dans la transparence.» A la question de savoir s?il croit que ce recrutement constitue un «bribe électoral», il n?hésite pas. «C?est clair. Les lettres de recrutement ont été affranchies après la dissolution du Parlement.»
C?est à trois jours de la tenue des élections que les 300 HCA reçoivent une lettre de recrutement du ministère de la Santé. Celui-ci stipule que la Public Service Commission lui confère le pouvoir d?agir ainsi et que le salaire d?un HCA sera de Rs 7 175. Auparavant, ils devraient suivre des cours pendant six mois. Ils devaient, suivant ce qu?indiquait la lettre, être présents sur leur lieu de travail hier.
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