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Les « jaycees » larguent les amarres

2 octobre 2004, 20:00

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Vous vous posez sans doute des questions sur cette tribu nommée Jeune chambre économique (JCE) ? Vous vous dites sûrement qu?il s?agit de la jet-set, de l?aristocratie de la jeunesse mauricienne qui ne fait que s?offrir des soirées privées et montrer ses tenues de soirée dans les pages People ? Vous pensez sans doute aussi que pour être membre, il faut être bien né ? À bas les caricatures, stéréotypes et clichés ! Sachez que pour être un jaycee, il faut juste avoir entre 18 ans et 40 ans, cotiser Rs 200 par mois, et être disciple du mérite. C?est comme ça que Danny Marguerite, le vice-président Individual Development, nous décrit la JCE.

En d?autres mots, il faut être des ambassadeurs du développement du pays, et privilégier l?esprit de la bonne gouvernance dans les affaires. « Outre le fait de développer des projets pour la communauté, nous misons beaucoup sur la formation. Ainsi, nous suivons des cours en stress management, et en leadership skills. On organise aussi des forums sur le budget, ou encore la condition féminine », explique Natasha Beedaysee de la JCE de Curepipe.

Mais attention, il vous faut aussi avoir ce petit quelque chose, ce zeste d?audace qui fait la différence. Rester à quai, ce n?est pas du tout leur truc. La preuve, les membres de la JCE se préparent activement à lever l?ancre pour leur grande assemblée annuelle. Ce n?est pas qu?une métaphore car ils ont bien loué le Mauritius Trochetia pour deux jours.

Bourlingueurs le temps d?un week-end

C?est l?événement de l?année. Les jaycees de Maurice, de Rodrigues et de la Réunion vont se transformer en bourlingueurs le temps d?un week-end. D?abord, nos matelots auront droit à un forum débat sur le thème « Building Corporate citizenship » au terminal Aurélie Perrine.

Leurs invités, Naushad Ramoly de la BAT, Malenn Oodiah de Beachcomber, et Clairette Ah-Hen, de l?université de Maurice, vont lancer le débat sur le rôle social des entreprises auprès des employés et des citoyens. Nos moussaillons organiseront dans la foulée leur assemblée générale pour établir le bilan de l?année écoulée et élire le nouveau bureau national 2005.

Puis, c?est la côte nord-ouest de l?île qui les attend de pied ferme. « De Port-Louis, nous mettrons le cap sur Tamarin. On remontera ensuite vers le Nord pour admirer le coucher du soleil. Après un cocktail sera servi sur le pont supérieur. Nous mouillerons enfin à Grand-Baie où la fête avec le Dj Ben Javed et l?équipe de Toto Lebrasse se poursuivra jusqu?aux petites heures du matin », confie le « capitaine » Danny Marguerite. Ils reviendront à Port-Louis le dimanche matin après le petit-déjeuner.

Ce carnet de voyage annoncé veut surtout conjuguer les affaires et le raffermissement des liens d?amitié et de fraternité entre les membres. Et qui sont-ils ? Ils s?appellent Éric Ng, Roshan Nothoo, Natasha Beedaysee, Pat Veerasawmy, Cécile Ah Kang. Avant eux il y a eu Vishnu Lutchmeenaraidoo, Danielle Wong, ou encore Arnaud Godère. Valéry Giscard d?Estaing, Georges Bush, Koffi Anand, et Bill Clinton ont également été jaycees dans leurs pays respectifs. À Maurice, la Jeune chambre économique compte 175 membres regroupés dans plusieurs sections : Port-Louis, Beau-Bassin/Rose-Hill, Curepipe, Qua-tre-Bornes et Rodrigues.

Ce mouvement a vu le jour aux États-Unis. Des jeunes ont créé le Herculaneum Dance Club avec pour objectif principal de conserver les styles de danses traditionnelles. Petit à petit ils ont commencé à s?intéresser aux problèmes sociaux. Ils se sont alors regroupés au sein de la Young Men?s Progressive Civic Association (YMPCA). En 1916, la YMPCA s?est transformée en « Jeunes Citoyens » ? plus communément appelés JC ? d?où l?appellation jaycee. La Jeune chambre a acquis par la suite une dimension internationale, a traversé les océans et a gagné Maurice en 1984.

Ce mouvement de décideurs de 18 à 40 ans forme des acteurs du progrès économique et communautaire. Les valeurs de la Jeune chambre économique sont incarnées par un credo basé sur la liberté de l?individu, la défense de la libre entreprise, le refus de l?arbitraire, le respect de la personne humaine et la fraternité internationale. Ainsi les jaycees réalisent régulièrement des actions sur le terrain. Ils ont travaillé avec la Mauritius Wild Life pour nettoyer l?Ile au phare.

Ils ont aussi organisé une causerie avec Befrienders à la cité Mangalkan, ont lancé des campagnes de courtoisie sur l?utilisation du portable, et ont monté un one stop shop website pour les entrepreneurs.

Favoriser le développement de chacun

Ces actions « favorisent le développement des capacités de chacun à la prise de responsabilité sociale, civique ou professionnelle selon des règles précises », affirme Danny Marguerite qui a lui-même rejoint la chambre il y a trois ans et demi. « Souvent, après les études, on commence à travailler et on s?arrête là. La JCE permet de faire une activité extra professionnelle. Parfois on veut réaliser des choses, mais pas moyen de faire quoi que ce soit quand on est seul. »

Christian Cheong Ah Sen, président de la JCE de Port-Louis, a adhéré au groupe en 2001. Il n?a prêté serment qu?après deux ans « d?aspiration ».

« Avant de s?engager, il faut entrer dans le bain, s?imprégner de ses valeurs, aller sur le terrain et se faire accepter par les autres », explique-t-il. Christian a beaucoup voyagé en quatre ans, il a assisté à plusieurs conférences internationales.

Cela n?a toutefois rien à voir avec les voyages qu?a effectué Arnaud Godère, lorsque celui-ci a été nommé président mondial. « Il a voyagé pendant une année car il devait visiter les autres pays membres de la Jeune chambre », lance Danny.

La chance sourira peut-être à un autre Mauricien, mais pour le moment les jaycees iront seulement faire un tour dans nos eaux et ils nous ont déjà promis des photos-souvenir de leur périple.

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