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Les zones d?ombre du contrat de fourniture de carburants
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Les zones d?ombre du contrat de fourniture de carburants
Un accord qui intrigue? La décision du gouvernement de faire appel à un seul fournisseur, Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd, pour ses produits pétroliers suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes chez les compagnies pétrolières et au Central Electricity Board (CEB).
Quatre points du contrat de plus Rs 16 millions posent problème : la qualité de l?huile qui n?a pas été spécifiée, le risque de pénurie lié au fait que si ce fournisseur n?est pas en mesure d?approvisionner le pays, Maurice n?en a pas d?autre vers qui se tourner, l?absence de garantie bancaire (performance bond) signée par la compagnie indienne et enfin le fait qu?elle n?ait pas assuré que les produits pétroliers seront transportés par un tanker à double coque.
Le ministre du Commerce et de l?Industrie, Rajesh Jeetah, par le biais de son porte-parole, s?est voulu rassurant, mais n?a pas donné de détails sur ce ?deal? entre Maurice et Mangalore Refinery & Petrochemicals.
Pénuries
Le manque de spécifications sur la qualité du carburant qui sera utilisé par les moteurs des centrales du CEB est problématique. ?Une qualité d?huile ne répondant pas aux normes des moteurs du CEB risque de nous coûter très cher?, fait remarquer un professionnel du secteur énergétique à la retraite.
Patrick Assirvaden, le président du conseil d?administration du CEB, n?a pas voulu faire de commentaires sur ces interrogations.
De plus, les opérateurs du secteur pétrolier craignent des pénuries ou une fourniture irrégulière. C?est ce qui avait été le cas quand Maurice avait eu recours à un seul fournisseur, une raffinerie de pétrole du Koweït dans les années 90. Cette raffinerie, considérée comme extrêmement fiable, était hors service lors de l?invasion du Koweït par l?armée de Saddam Hussein qui l?avait incendiée.
Même quand deux compagnies avaient le contrat, des problèmes surgissaient toujours. Il y a deux ans, des navires de la société Addax avaient accusé des semaines de retard sur l?horaire initial. Comme la State Trading Corporation (STC) avait eu recours à une deuxième compagnie pour fournir les produits pétroliers, Vittol, le pire a été évité. Les compagnies pétrolières à Maurice avaient même contacté l?île de la Réunion pour éviter la catastrophe.
Il semblerait aussi qu?une garantie sous forme de ?performance bond? de Rs 20 millions n?aurait pas été exigée lors des négociations entre la STC et la raffinerie indienne. Ce, contrairement à d?autres entreprises qui vendent des produits essentiels à Maurice.
Cette garantie est exigée au cas où il y aurait des retards au niveau de la livraison ou des problèmes au niveau de la qualité du produit par rapport à ce qui a été commandé par la STC.
Tankers à double coque
Dernier problème soulevé par les compagnies pétrolières : le type de navire qui va transporter ces produits pétroliers hautement polluants. Depuis trois ans, le gouvernement mauricien exige des fournisseurs que les tankers qui transportent les produits pétroliers aient une double coque. L?inconvénient, c?est que le produit transporté coûte beaucoup plus cher dans ces navires sophistiqués. Mais le risque d?une marée noire est nettement moindre.
Or, il n?y a aucune garantie par écrit de cette entreprise indienne que nos produits pétroliers seront acheminés par des tankers à double coque. C?est après la signature du contrat que Maurice en a fait la demande. Le porte-parole du ministère du Commerce confirme à l?express ?qu?une requête a été faite en ce sens auprès de cette compagnie indienne pour que les produits soient acheminés dans des tankers à double coque?.
A d?autres questions sur ce contrat, le porte-parole du ministère a répondu : ?On ne peut rendre publics tous les détails de l?accord entre Maurice et cette raffinerie.? Jusqu?à présent le pays procédait à un appel d?offres international pour la fourniture de ses produits pétroliers.
Maurice Lionnet, un des directeurs de Shell, déclare que ?beaucoup de choses sont floues. Les compagnies pétrolières à Maurice n?ont même pas été consultées dans cette affaire.?
La société Total, très prudente sur la question, a refusé de commenter officiellement cette affaire. Premanand Dhoomon, un des responsables de Total, a précisé ?tout se passe en France, où on analyse les implications sur Maurice. C?est à la STC de prendre ses responsabilités.?
Prakash Padaruth, directeur de Caltex, estime pour sa part ?que ce deal ne pourra pas être pire ce que le pays a connu auparavant, notamment avec des firmes qui nous ont fait frôler des pénuries. C?est un géant indien qui n?est pas un courtier mais possède une raffinerie de pétrole. Il doit être sérieux?.
D?autres personnes dans le secteur énergétique estiment que Maurice aurait dû avoir recours à une deuxième raffinerie indienne pour comparer les prix et s?assurer qu?il n?y aura pas de pénurie.
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