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Les voitures rouleront à l?éthanol mi-2006
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Les voitures rouleront à l?éthanol mi-2006
L?avenir appartient à ceux qui produisent de l?éthanol. Le directeur général d?Alcodis, Roland Maurel, en est si convaincu qu?il a tenu sa première conférence de presse depuis dix ans pour parler des ?enjeux de l?éthanol à Maurice?. Biocarburants et biofertilisants étaient au c?ur de l?exposé fascinant de Roland Maurel sur un produit qui pourrait aider le pays dans la situation économique difficile actuelle causée par la chute inévitable du prix du sucre. Pour preuve, s?il en faut, l?éthanol mauricien a l?avantage d?une entrée hors taxes sur le marché européen jusqu?en 2020.
?Cette industrie (NdlR : l?industrie sucrière) se doit d?être encore plus efficace. Elle doit aller vers l?économie d?échelle, tout en recherchant de nouvelles avenues avec des plus-values pour ses produits et sous-produits. L?éthanol est une de celles-là. Il peut être produit aussi bien à partir du jus de canne que de la mélasse?, a affirmé Roland Maurel.
Malgré l?exiguïté du territoire qui engendre une disponibilité limitée de matières premières, Alcodis est en ébullition. Les 120 000 tonnes de mélasse produites localement permettent à cette entreprise de trois ans de produire 30 millions de litres d?éthanol, ainsi que 80 000 tonnes de biofertilisants liquides, les Concentrated Molasses Solids (CMS). L?unité d?Alcodis à Rose-Belle commencera à déshydrater l?éthanol dans le deuxième semestre de 2006. Le produit fini de ce procédé, selon Roland Maurel, ?pourra être mélangé à l?essence dans une proportion de 10 % d?éthanol pour 90 %, sans aucune modification aux moteurs de nos autos?.
En janvier 2006 débutera l?exportation des 30 millions de litres pour l?Europe. L?engouement pour l?éthanol a d?ailleurs fait doubler le prix de la mélasse qui, jusqu?à récemment, était utilisée comme complément de nourriture pour bétail. Cette matière première entre pour plus de 70 % dans les coûts de production d?Alcodis. Quant aux biofertilisants, ils seront lancés dans le courant de l?année prochaine sous le nom de LNT. Ils devront coûter ?légèrement moins cher? que les marques déjà établies.
Si le directeur général d?Alcodis est sans doute le pionnier mauricien de cette source d?énergie propre et renouvelable (contrairement au pétrole), les décideurs politiques semblent avoir aussi réalisé l?importance de ce sous-produit de la canne à sucre. Le ministre des Finances, Rama Sithanen, s?était d?ailleurs engagé, lors de la présentation de son plan de relance de l?économie en août, à ?promouvoir la participation équitable des petits planteurs dans des projets de développement de co-produits, tels l?électricité et l?éthanol.?
Roland Maurel souligne toutefois que l?optimisation de la production d?éthanol passe inévitablement par un changement de législation. En effet, les lois existantes stipulent que le jus de canne ne peut être utilisé pour autre chose que la production de sucre. Or, ce jus permettrait à Alcodis d?augmenter considérablement sa production d?éthanol qui dépend directement de la mélasse disponible à Maurice. Pour des raisons de logistique, l?importation de cette matière première n?est pas une option. ?Il va sans dire que si demain, il y avait moyen d?obtenir une mélasse plus riche en saccharose, ou il y avait la possibilité d?utiliser du jus de canne, la production d?éthanol par Alcodis serait augmentée d?autant?, confirme Roland Maurel.
Dire que le marché mondial de l?éthanol est en plein essor est une évidence. La volatilité politique des pays producteurs de pétrole, ainsi qu?une demande accrue pour une source d?énergie verte, font que la demande d?éthanol dépassera les 130 milliards de litres en 2010. Si elle arrivait à satisfaire une infime quantité de cette demande, Alcodis pense qu?elle pourra apporter des devises au pays. Ce qui devrait aussi ?permettre à d?autres entrepreneurs de se lancer dans le développement de petites et moyennes entreprises utilisant l?éthanol comme matière première?, espère Roland Maurel. Dans l?ère de ?l?après-sucre?, que pourrions-nous désirer de plus ?
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