Publicité

Les violences urbaines en France diminuent

9 novembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les violences urbaines ont sensiblement diminué, notamment en province, dans la nuit de mardi à hier soir, la 13e consécutive à être marquée par des troubles et la première durant laquelle un certain nombre de communes ont appliqué un couvre-feu. Selon un point établi par la Direction générale de la police nationale (DGPN) à 04h30, 573 véhicules ont été incendiés au plan national, contre 860 la nuit précédente à la même heure. On note une baisse plus marquée en province (431 contre 685) qu?en Ile-de-France (142 contre 175), relève Patrick Reydy, de la cellule communication de la DGPN.

Le nombre de personnes interpellées est, en revanche, en augmentation, s?établissant à 204 à 04h30 contre 151 la veille à la même heure, pour l?ensemble de la France. Aucun policier n?a été blessé. Mardi en fin de journée, Les mineurs ont désormais interdiction de circuler non accompagnés la nuit à Amiens et dans une trentaine de communes environnantes, à Orléans, Savigny-sur-Orge (Essonne) ou encore Elancourt (Yvelines). Dans certains cas, la vente de carburant aux mineurs a également été interdite.

Selon un sondage de l?institut CSA que publie Le Parisien, près des trois quarts des Français sont favorables à l?autorisation donnée aux préfets de décréter un couvre-feu dans les quartiers sensibles pour y mettre fin aux violences. Sur 805 personnes interrogées mardi, 73 % se disent favorables à une telle mesure. Au nombre des incidents signalés en province mardi soir puis dans la nuit, neuf bus ont été incendiés dans un entrepôt à Dole, dans le Jura, et 80 personnes vivant dans un immeuble voisin ont dû être évacuées, a indiqué la DGPN.

A Grasse, dans les Alpes-Maritimes, les locaux du quotidien Nice-Matin ont été la cible d?un incendie volontaire et ont subi d?importants dégâts. Quatre personnes ont été vues prenant la fuite. A Arras, deux magasins (But et St Maclou) ont été incendiés, semble-t-il après avoir été pillés. Une surface de 10 000 m2 a brûlé.

Un état d?urgence de 12 jours

A Lyon, des journalistes russes ont été molestés par des délinquants et leur véhicule a été dégradé, selon la DGPN. Un engin incendiaire a été lancé mardi soir contre une rame du métro lyonnais, et le trafic des métros a été interrompu. A Bassens, dans la banlieue de Bordeaux, un autobus qui fonctionnait au GPL a été caillassé et incendié et a explosé.

A Nice, un homme de 53 ans qui marchait dans le quartier des Moulins a reçu sur la tête un haltère jeté du quinzième étage d?un immeuble. Il a été hospitalisé dans un état critique. Face à 80 policiers, gendarmes et pompiers réunis à la Direction départementale de la sécurité publique, le ministre de l?Intérieur a promis que la ?force légale de la République? l?emporterait sur ?la force brutale des bandes?.

La vague de violences est partie de Clichy-sous-Bois jeudi 27 octobre après la mort de deux jeunes de la cité du Chêne-Pointu, électrocutés dans un transformateur EDF alors qu?ils se croyaient poursuivis par des policiers.Le décret permettant l?application d?un couvre-feu dans les banlieues françaises est entré en vigueur hier à minuit jusqu?au 20 novembre inclus et pourra être prorogé si nécessaire. Le décret portant application de la loi du 3 avril 1955 sur l?état d?urgence a été présenté mardi en conseil des ministres par le ministre de l?Inté-rieur, Nicolas Sarkozy. Il sera publié mercredi au Journal officiel.

Il confère aux préfets des ?compétences renforcées pour assurer le maintien de l?ordre?, notamment celle d??imposer un couvre-feu pour prévenir les violences urbaines?, précise le compte-rendu du conseil des ministres. Les zones d?application de la loi de 1955 ? qui instituait l?état d?urgence en Algérie, alors française, en proie aux troubles de la guerre d?indépendance ? devaient être définies mardi par un décret simple du ministre de l?Intérieur. Un décret simple n?a pas à être présenté en conseil des ministres.

Ce second décret établira la liste des communes concernées. Il reviendra aux préfets de délimiter à l?intérieur de ces circonscriptions les secteurs soumis à couvre-feu, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé. Si les violences venaient à s?étendre à d?autres communes, un autre décret simple serait pris pour les inclure dans la liste.

Publicité