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Les vieilles habitudes reprennent?

17 août 2005, 00:00

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Tout commence bien, mais finit dans la vulgarité. Le leader de l?opposition, Paul Bérenger pose sa PNQ et le Premier ministre par intérim, Rashid Bebeejaun, y répond avec sérieux et maîtrise. Paul Bérenger écoute, fronce les sourcils, prend des notes. C?est le calme avant la tempête.

Comble de surprise, l?attaque ne vient pas de l?opposition. Elle vient sous forme de questions parlementaires. Elles sont pour la plupart posées par les backbenchers de la majorité et portent sur les ?faux-pas? du précédent régime. Le plus virulent est sans conteste James Burty David. La réplique est donnée par Ashock Jugnauth et Rajesh Bhagwan.

A la fin de la réponse de Rashid Beebeejaun à la PNQ, le leader de l?opposition pose des questions supplémentaires. James Burty David lance les hostilités. ?Ecoutez au moins?, s?impatiente Showkutally Soodhun. Bérenger hoche la tête, excédé. ?Vous aussi vous aviez dit que vous donneriez le transport gratuit?, réplique David. Bérenger pose une autre question concernant les opérateurs de bus individuels. ?Bizin keep them cool?, s?écrie quelqu?un de la majorité.

Autre thème, propos toujours aussi cyniques. A la suite d?une question de Jean-Claude Barbier sur la compensation des esclaves, Ashock Jugnauth éclate de rire. ?Komie letan zot pou kouyonn Sylvio ? ? ?Nous nous en tenons à ce que nous avons dit dans notre programme?, réplique Rashid Beebeejaun. David ne veut pas être en reste : ?Barbier sa ! To enkor pe reflesi pou to vinn minis ?? Barbier ne réagit pas?

Situation cocasse quand Rama Sithanen répond à une question de Nicolas Von Mally. Il demande au député de Rodrigues d?apporter des faits concrets. Subitement, Paul Bérenger se lève et affirme : ?Quand j?étais Premier ministre, j?avais dit la même chose au député ; de présenter des faits concrets?. Il se rassoit. Silence. Puis sourire de Rama Sithanen?

Entre-temps, James Burty David ne lâche pas prise. Paul Bérenger ne cache pas son agacement mais il ne réagit pas. Ashock Jugnauth et Rajesh Bhagwan donnent les répliques. ?To nek fer dum dum dum, kouma drum vid.?

Les échanges acerbes continuent de rouler? sur les voitures de l?ex-gouvernement. ?Qu?ont-ils fait avec l?argent de la Commission européenne destinée aux pêcheurs ?? demande innocemment Nita Deerpalsing au ministre de l?Agro-industrie. ?Ils ont acheté des voitures?, répond, accusateur, Arvin Boolell. Brouhaha. ?Shame, shame? entend-on d?une part. ?Ce n?est pas dans les mêmes voitures que vous roulez maintenant ?? demande Joe Lesjongard. Ainsi commence la deuxième partie de la séance. Bérenger veut intervenir. ?Can I?? demande-t-il. Trop tard, le Speaker ne l?a pas vu à temps. ?Can I, can I ??, se moque David. ?B?. to lagel?, rétorque Bhagwan. Le temps de la camaraderie est terminé. On entre de plain-pied dans celui de la vulgarité.

Le clou de la journée vient pendant que James Burty David lit son discours sur l?amendement au Local Government Act. Le ton théâtral qu?il prend tape rapidement sur les nerfs de ses adversaires. C?est l?effet recherché. ?Defunct governement, repulsive, revolting, conspiracy to abolish democracy?? sont quelques termes qu?il utilise pour qualifier l?ancien gouvernement. Le leader de l?opposition fait des commentaires. James Burty David n?est pas content. ?Mr Speaker, can someone stop polluting the house ?? demande-t-il tout sourire. ?Poubelle?, réplique Bérenger. ?Ahhh ça fait mal ? You?ll have to bear with me for one more hour??, se réjouit David. ?Li malad sa?, se désole Bhagwan. ?Ils ont voulu tuer la démocratie?, reprend David.?Si on avait tué la démocratie, tu ne serais pas là debout en train de crier?, rétorque Jugnauth.

Rajesh Bhagwan se met debout. Il s?apprête à quitter l?hémicycle. ?Sit down ! ? s?écrie David. ?Mo pa per twa. 50 kouma twa mo kapav met dan mo pos. Mo pe amenn pwazon pou twa. Mwa monn eli, to pann eli fatra?, répond Bhagwan, causant l?hilarité générale.

Le brouhaha continuera le long des débats. James Burty David doit quand même retirer ce qu?il a dit au leader de l?opposition :?Shut your gap.? Les vieilles et mauvaises habitudes sont vite reprises au Parlement?

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