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Les trouble-fêtes

25 octobre 2006, 00:00

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<B>Par Akilesh Roopun</B>

L’économie montre des signes de reprise. Mais le retour de l’inflation forte peut venir jouer au trouble-fête. Le Bureau central des statistiques (BCS) prévoit un taux d’inflation de 9 % pour 2006, soit le taux le plus élevé depuis 1993.

L’économie remonte lentement (et laborieusement) la pente. Le BCS anticipe une croissance de 4,6 % pour l’année en cours. Le gouvernement estime qu’il faut un taux supérieur à 6 % pour réabsorber les sans-emploi et placer la dynamique de croissance sur une trajectoire élevée.

Ces objectifs sont fondés sur des réformes enclenchées tant au niveau microéconomique qu’au niveau macroéconomique. La facilitation du business, la dérégulation du marché de l’emploi, les politiques d’accompagnement aux entrepreneurs, le re-engineering des industries en difficulté et la diversification des pôles industriels sont autant d’initiatives destinées à galvaniser l’activité.

Les premiers fruits de la réforme sont attendus en 2007. Mais les conditions de reprise demeurent encore fragiles. Les poussées inflationnistes risquent de perturber davantage les perspectives de croissance forte.

Un climat marqué par l’instabilité des prix décourage les opérateurs à investir. Cela pourrait retarder la création de nouveaux jobs de même que la relance de l’activité.

L’inflation ronge le pouvoir d’achat de la monnaie et inflige des difficultés additionnelles aux ménages. Avec les bourses qui se rétrécissent, la consommation, un des moteurs de la croissance, risque de ralentir en conséquence.

L’inflation forte est en grande partie le résultat de la politique du taux des changes. Les autorités soutiennent une roupie faible qui vise à rendre les exportations plus compétitives sur les marchés d’exportation.

En retour, le pays se retrouve avec une forte dose d’inflation importée. Les prix des produits et services venus d’ailleurs reviennent à plus chers en terme de roupie. Plus on laisse déprécier la roupie, plus les tendances inflationnistes s’installeront dans l’économie.

Les salariés mettront la pression sur leur employeur pour compenser la perte de leur pouvoir d’achat. Les entreprises, de leur côté, sont contraintes d’ajuster leurs prix de vente à la hausse pour pouvoir financer la compensation salariale.

Pour mettre un terme à ce cercle vicieux, il faut au plus vite trouver des sources de compétitivité plus durables que le jeu de la monnaie. Il est vital de consolider les fondements même de nos capacités industrielles. Il n’y a guère mieux comme remède à la faiblesse de la roupie que des entreprises plus productives et plus performantes.

D’où l’urgence des réformes à plusieurs niveaux de l’économie. Un marché de travail flexible permettrait aux sociétés de gérer leurs personnels de manière beaucoup plus économique. La restructuration des industries de sucre et de textile aidera à contenir les coûts de production tout en générant de nouvelles sources de revenus.

Les programmes de formation et de soutien aux entreprises vont dans le droit fil des mesures visant à doter les producteurs des ressources humaines formées et des technologies plus performantes.

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