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Les trois engagements de Sithanen

29 juin 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

A quelques jours des élections générales, l?Alliance sociale replace l?économie au c?ur de ses préoccupations. Lors d?un point de presse hier, Rama Sithanen, le porte-parole de l?opposition sur les dossiers économiques, a balisé les priorités d?un éventuel gouvernement de l?Alliance sociale.

Ainsi, Rama Sithanen qui est perçu comme étant le shadow finance minister a pris trois engagements : créer entre 55 000 et 60 000 emplois en cinq ans, réduire le déficit budgétaire à 3 % du produit intérieur brut (PIB) et ramener la dette publique à 50 % du PIB.

Pour l?ex-ministre des Finances, il est impératif de parvenir à un taux de croissance de 7 à 8 % pour atteindre les objectifs fixés.

Avec un fort taux de croissance, les revenus fiscaux seront en hausse. La taxe indirecte rapportera davantage de revenus aux caisses de l?Etat sans avoir à augmenter les taux d?imposition.

Par ailleurs, un gouvernement de l?Alliance sociale identifiera les projets vraiment prioritaires et s?assurera d?un financement partiel des infrastructures par le secteur privé à travers des concepts du type Build, Operate and Transfer?BOT ou Public-Private Partnership (PPP).

En obtenant plus de revenus et en dépensant moins, le déficit budgétaire devrait baisser. Rama Sithanen se donne trois ans pour le ramener à hauteur de 3 % du PIB tandis qu?il devrait dépasser les 5,5 % cette année, estime-t-il.

Il se dit effectivement inquiet que le niveau du déficit dépassera les estimations car il y aurait eu selon lui, des ?dérapages et de l?irresponsabilité fiscale? ces trois derniers mois en raison des élections générales.

Poursuivant son analyse concernant ses objectifs, Rama Sithanen déclare que la baisse du déficit, devrait également entraîner une réduction des emprunts de l?Etat.

Il a sévèrement blâmé l?alliance du Mouvement socialiste mauricien (MSM)-Mouvement militant mauricien (MMM) pour avoir dit-il, porté la dette publique de Rs 57 milliards à Rs 118 milliards en cinq ans. Ce niveau d?endettement représente entre 65 et 70 % du PIB selon que l?on comptabilise ou non les obligations émises par la Banque de Maurice.

<B>Trouver un secteur alternatif</B>

Pour ce qui est de son troisième objectif, soit la création d?emplois, Rama Sithanen mise beaucoup sur le tourisme et sur le développement des petites et moyennes entreprises (PME) pour arriver à créer entre 55 000 et 60 000 emplois en cinq ans.

?Nous irons très vite avec la libéralisation de l?accès aérien afin de permettre à l?industrie touristique de connaître une croissance de 10 % par an?, déclare le porte-parole de l?Alliance sociale.

Pour lui, en attendant que les secteurs des services et des technologies de l?informatique et des communications ne décollent vraiment, il faut trouver un secteur alternatif pour tirer l?économie et créer des emplois dans la difficile période de transition : le tourisme et les PME sont des alternatives toutes indiquées.

Selon lui le gouvernement sortant a eu le tort de ne pas capitaliser pleinement sur le potentiel du tourisme. ?Le gouvernement attribue tous les maux de l?économie à la conjoncture internationale. Peut- être. Mais la libéralisation de l?accès aérien et le développement du tourisme ne dépendent ni de Bruxelles, ni de Genève ou de Washington?, déclare Rama Sithanen.

Faisant le bilan du gouvernement, le responsable de l?Alliance sociale déclare que ?l?économie est malade et est aux soins intensifs?.

Les principaux paramètres de l?économie sont au rouge, qu?il s?agisse du chômage, de l?inflation, du déficit budgétaire et de la dette publique. Le taux d?investissement et d?épargne sont aussi en baisse. De plus, le déficit de la balance commerciale atteindra le niveau record de Rs 28,7 milliards cette année.

Au niveau sectoriel, la zone franche aurait perdu 25 000 emplois en trois ans et rien ne dit que le pire est derrière nous, affirme Rama Sithanen.

Le sucre est menacé par une baisse de prix de 39 % et l?avenir de ?35 000 petits planteurs? est en jeu. Si la réforme du régime sucrier européen est inévitable, une diplomatie économique plus intelligente aurait permis d?obtenir des mesures d?accompagnement plus avantageux.

<B>Élimination de la bureaucratie </B>

?Alors que la réforme est en train d?être discuté à Bruxelles, le gouvernement choisit ce moment pour insulter nos partenaires de l?Union européenne. Nous nous sommes focalisé sur les intérêts d?une personne (NdlR Jayen Cuttaree) au détriment de l?intérêt national?, soutient Rama Sithanen.

La relance de l?économie passe par la création d?un environnement des affaires prévisible et ?business friendly?, a-t-il ajouté. Un éventuel gouvernement de l?Alliance sociale s?attellera à une rationalisation des mesures incitatives pour encourager l?investissement. La fonction publique sera revue afin d?éliminer la bureaucratie et tout ce qui fait obstacle à l?investissement et à l?aboutissement des projets, promet Rama Sithanen.

?Nous voulons créer un système où si un investisseur n?obtient pas de réponse après un certain temps, cela veut dire que son projet est approuvé?, dit-il

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