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Les transitaires craignent pour leur survie

26 juillet 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le Finance Bill qui est débattu aujourd?hui, fait craindre le pire pour l?avenir des transitaires. Ils affirment que le recours obligatoire aux services des courtiers de douane est un frein au bon fonctionnement, qui entraînerait, dans le temps, leur disparition. L?Association des transitaires professionnels (ATP) affirme que cet amendement au Customs Act qu?introduit le Finance Bill est à mettre sur le compte d?un ?lobby?.

La tâche du transitaire vis-à-vis de son client est de transporter, dédouaner et lui livrer ses marchandises, du pays d?importation à Maurice et vice-versa. Ses employés sont autorisés à déclarer à la douane l?importation ou l?exportation d?un produit et s?acquitter des charges pour que la cargaison quitte le périmètre. En 2005, à l?issu de la présentation du budget 2005-2006, ces préposés des transitaires, au nombre de 1 100, se sont vu attribuer le titre de freight forwarding agent, les prérogatives étant les mêmes.

Les courtiers de douanes certifiés ont des responsabilités identiques. L?amendement au Customs Act que comporte le Finance Bill leur accorde les pleins pouvoirs. Avec l?entrée en vigueur de cette loi, le 1er octobre, toute déclaration traitée à la douane ne pourra se faire qu?à travers leurs services.

?Nous considérons que nos opérations seront affectées vu qu?on nous retire les moyens de faire des déclarations de douanes comme cela a été le cas précédemment sauf si nous employons un courtier maritime, qui pourra le faire en son nom. Le freight forwarding agent sera à la merci des courtiers maritimes. Nous sommes prêts à engager une bataille légale et aller jusqu?au Conseil privé, s?il le faut?, a affirmé, hier, Robert Hungley, président de l?ATP.

Le métier de courtier maritime est réglementé par le nombre, une centaine seulement est habilitée à exercer. Il s?avère que des transitaires ont des bureaux au port, à l?aéroport et au port franc. De fait, selon le président, ils nécessiteront la présence d?autant de courtiers pour certifier les déclarations.

En ce faisant, les transitaires qui ont fonctionné jusqu?ici selon un système fluide, se retrouvent bloqués au niveau des douanes mauriciennes car ils seront tenus de passer par un courtier. Avec des services qui seront plus lents, leurs clients seront moindres.?Ce sera la fermeture de ces opérations qui emploient directement une moyenne de 2 000 personnes. Les petits transitaires seront obligés de fermer boutique car ils ne pourront pas se payer les services d?un courtier?, ajoute Robert Hungley, sans oublier les 1 000 dont c?est le gagne-pain indirectement tels que les chauffeurs et les taxis.

Dans le même ordre d?idées, avance l?association, ce sera une situation administrative ?difficile à gérer?. Les transitaires affirment traiter quelque 75 % des importations et exportations du pays. Ils se partagent annuellement 110 000 déclarations de douanes sur un volume global de 175 000. Avec cet amendement, avance Robert Hungley, seuls les 100 courtiers seront en mesure de à les traiter, tout en soulignant que son organisme n?a rien contre eux. Qui plus est, l?association a affirmé que ses craintes ne sont pas motivées politiquement. La preuve est que Varen Andee, maire de Beau-Bassin-Rose-Hill et membre de l?Alliance sociale à travers le Mouvement républicain, est également contre l?amendement: ?C?est un lobby de plus de 15 ans qui se matérialise?. Les autorités politiques ont déjà été alertées. Dans la matinée d?hier, Varen Andee a rencontré le ministre de la Justice, Rama Valayden. L?ATP a retenu les services de Me Richard Rault.

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