Publicité
Conférence de presse du FMP
Paul Bérenger veut transposer le «modèle Groenland»
Par
Partager cet article
Conférence de presse du FMP
Paul Bérenger veut transposer le «modèle Groenland»
Paul Bérenger a présenté sa proposition sur le dossier des Chagos lors de la conférence de presse du FMP, hier. © Beekash Roopun
Face au blocage persistant sur la mise en œuvre de l’accord conclu entre Maurice et le Royaume-Uni sur les Chagos, Paul Bérenger propose de changer de méthode. Le leader du Fron Militan Progresis (FMP) estime que Maurice devrait s’inspirer de la récente démarche menée autour du Groenland : réunir à haut niveau Maurice, Londres et Washington, puis créer un groupe de travail tripartite chargé de trouver une issue, sans remettre en cause la souveraineté mauricienne.
Lors de la conférence de presse du FMP, hier, Paul Bérenger a dressé un constat sévère de la gestion du dossier depuis les dernières élections. Maurice a «perdu trop de temps» et a parfois «laissé Londres le traiter comme un pays encore sous tutelle». Il juge préoccupant que des discussions entre Britanniques et Américains sur l’avenir de Diego Garcia aient eu lieu sans participation directe de Maurice, alors que l’archipel constitue son territoire.
«Il faut revenir à l’accord signé en 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni», dit-il, dans lequel Londres reconnaît la souveraineté mauricienne sur l’ensemble des Chagos. Le problème n’est plus d’obtenir cette reconnaissance, mais de la traduire concrètement. Et c’est là que Donald Trump constitue «le principal facteur de blocage». Paul Bérenger rappelle que l’accord de défense de 1966, prolongeant la souveraineté britannique sur les Chagos jusqu’en 2036, doit désormais être réinterprété à la lumière de l’accord Maurice– Royaume-Uni de 2025.
C’est là qu’intervient le «modèle Groenland» où Paul Bérenger cite les discussions engagées cette année entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland après les menaces de Donald Trump sur l’avenir du territoire arctique. Il rappelle la réunion de haut niveau à Washington en janvier entre le vice-président J. D. Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, des représentants danois et groenlandais, ainsi que la création d’un groupe de travail chargé d’examiner les questions de défense.
La leçon qu’il en tire : même dans un contexte de tensions sur la souveraineté, une négociation directe peut débloquer la situation. Il évoque aussi l’accord de défense américano-danois de 1951, qui donne aux États-Unis d’importantes possibilités militaires au Groenland. Malgré les tensions, Copenhague et Nuuk ont refusé de céder sur leur souveraineté tout en acceptant de rechercher avec Washington des arrangements répondant aux préoccupations sécuritaires américaines.
Le leader du FMP propose donc de reproduire cette architecture pour les Chagos : une rencontre ministérielle Maurice, Londres et Washington, suivie d’un high-level working group réunissant diplomates et hauts fonctionnaires des trois pays. L’objectif serait de répondre aux inquiétudes américaines concernant Diego Garcia, tout en préservant la souveraineté mauricienne. Maurice dispose d’interlocuteurs capables de porter une telle initiative. Il cite le diplomate Vijay Makhan et une équipe solide au ministère des Affaires étrangères.
Paul Bérenger mentionne le rôle potentiel de Jonathan Powell, conseiller du PM britannique, et la position constante d’Ed Miliband en faveur de Maurice. Il critique sévèrement Navin Ramgoolam, qualifiant son absence à l’ONU de «honte» et de «lâcheté» alors qu’il aurait dû défendre personnellement et concrètement la position mauricienne à New York. Il insiste toutefois sur le fait qu’il ne souhaite pas «transformer le dossier en règlement de comptes politique» et parle de «devoir patriotique auquel l’opposition est prête à contribuer».
Enfin, Paul Bérenger salue la position britannique qui refuse de remettre en question la souveraineté mauricienne face aux revendications maldiviennes. Son message au gouvernement : ne pas attendre que Londres et Washington trouvent seuls une solution, mais prendre l’initiative en s’inspirant du précédent groenlandais. Pour lui, la souveraineté est acquise sur le papier. Il faut désormais la faire entrer dans les faits.
Publicité
Publicité
Les plus récents