Publicité

Les sénateurs démocrates pour une participation étrangère

10 novembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Un sénateur démocrate de premier plan a exhorté George Bush à organiser un sommet sur l?Irak lors duquel il s?assurerait le soutien en troupes et en moyens de pays étrangers qui auraient, en échange, un droit de regard sur les opérations menées dans ce pays.

Joseph Biden a déclaré, au terme d?une semaine où 33 soldats américains ont trouvé la mort en Irak, que la politique menée par Washington montrait ses limites et qu?il était temps pour les Etats-Unis de céder une partie du contrôle qu?ils exercent sur ce pays. ?Il est temps d?effectuer des changements fondamentaux dans la façon dont nous essayons d?y établir la paix?, a déclaré Biden, sénateur du Delaware, à l?émission This Week d?ABC.

Partage du fardeau

Le sénateur John Edwards, candidat démocrate à la présidentielle, a renchéri en estimant qu?il fallait ?changer de cap?.

?Le problème, c?est que le président n?est pas du tout disposé à céder une partie du contrôle exercé par Washington en Irak. Voilà ce qui manque dans ce processus?, a estimé Edwards, s?exprimant dans l?émission Meet the Press de NBC.

Quant au sénateur démocrate Carl Lewin, du Michigan, il a déclaré à l?émission Fox News Sunday: ?Il va falloir céder une partie du contrôle que nous exerçons en Irak et c?est, enfin, à l?étude.?

Biden, le démocrate le plus influent de la Commission des Affaires extérieures du Sénat, a estimé que Bush devait solliciter une aide internationale en accordant en échange, aux pays concernés, davantage de pouvoir à Bagdad. Des rebelles ont tué 150 soldats américains en Irak depuis que le président George Bush a annoncé la fin officielle des combats dans ce pays, envahi en mars par une coalition militaire sous commandement américain.

?Cela implique que le président convoque un sommet avec nos amis européens et leur dise : ?Ecoutez, nous devons changer trois choses??, a expliqué Biden.

Selon lui, la sécurité en Irak devrait être confiée à une force dirigée par l?Otan, et un haut commissaire ? pas forcément américain, répondant à l?Otan et au Conseil de sécurité ? devrait être nommé sur le modèle de celui qui a contribué à la reconstruction de la Bosnie-Herzégovine après la guerre de 1992-95.

Enfin, les Etats-Unis devraient selon lui ?apporter des changements? au Conseil intérimaire de gouvernement, faisant référence à un article du Washington Post selon lequel les autorités américaines réfléchissaient à des alternatives au CIG pour faire en sorte que l?administration américaine en Irak puisse transférer ses pouvoirs après le retrait des forces américaines.

Le Post croit savoir que les Etats-Unis étudiaient même une proposition française, auparavant rejetée, visant à créer un gouvernement provisoire irakien qui jouirait de droits de souveraineté, comme le gouvernement afghan.

Lori Santos


violence quotidienne

Paul Bremer craint une recrudescence des attaques

Le dirigeant de l?administration américaine en Irak, Paul Bremer, a prédit que les rebelles hostiles aux forces de la coalition allaient intensifier leurs attaques, ajoutant que plusieurs centaines de combattants étrangers avaient pénétré dans le pays.

Bremer jure néanmoins, dans un entretien accordé au Times de Londres, que les forces sous le commandement américain ne seront pas chassées d?Irak par ces activistes, parce qu?une telle démission coûterait trop cher à l?Irak lui-même, ainsi qu?à tout le Proche-Orient.

"Nous allons être confrontés à une recrudescence des attaques et à un accroissement du terrorisme, car les terroristes voient bien que la dynamique de la reconstruction nous est favorable", a déclaré Bremer, précisant que les étrangers infiltrés en territoire irakien provenaient du Soudan, de la Syrie, du Yemen et de l?Arabie saoudite.

"Le problème va s?aggraver dans les mois à venir, à moins que nos renseignements se perfectionnent."

"Si nous devions échouer ici, les conséquences seraient désastreuses. Elles seraient fatales aux Irakiens, et le seraient presque également pour le Proche-Orient", a-t-il déclaré au quotidien britannique. Selon le journal, Bremer a fait savoir qu?une "force spéciale" irakienne destinée à lutter contre les activistes, de plus en plus actifs, n?inclurait probablement pas d?anciens membres des services de renseignement de Saddam Hussein, mais que cela n?était pour autant pas exclu.

Publicité