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Les systèmes éducatifs alternatifs séduisent
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Les systèmes éducatifs alternatifs séduisent
Nazim Esoof
«L'éducation coûte cher? Hé bien, messieurs, essayez donc l?ignorance !» Ces quelques mots d?Abraham Lincoln pourraient bien être ce qui a inspiré de nombreux parents mauriciens à une période où l?offre éducative publique devient de plus en plus controversable. C?est désormais une pratique connue. Des parents qui réservent des places pour leurs enfants dans des écoles privées avant même que ces enfants ne soient nés ! Cela peut paraître paradoxal mais c?est ainsi. La demande est grande et les places sont limitées.
De surcroît, ces parents sont disposés à tous les sacrifices pour pouvoir garantir une place pour leurs enfants dans ces écoles. C?est dire aussi le rejet d?un système public embrigadé à la philosophie de l?université de Cambridge. Car ce que les parents recherchent, ce n?est pas uniquement le succès académique des enfants mais aussi le développement de leurs personnalités.
C?est ce qui amène, par exemple, l?ancien ministre de l?éducation, Kadress Pillay, à affirmer que «le système de Cambridge est dépassé». Il prône, à cet effet, le système de baccalauréat international tel qu?il est pratiqué par le Bocage High School. «C?est un système qui propose une approche holistique dans laquelle on tend à l?épanouissement de l?être global», témoigne un ancien élève ayant entrepris le baccalauréat international.
D?autres se tournent vers le baccalauréat français que propose le lycée Labourdonnais. «Un système qui permet un développement intégral de l?enfant avec un accent particulier sur l?ouverture culturelle et la maturation individuelle», explique un parent dont l?enfant est en train de faire son baccalauréat.
Un enseignement moins automatique
Qu?est-ce qui attire dans ces systèmes alternatifs? Ce sont en fait deux philosophies de l?éducation qui déterminent un enseignement moins automatique et mécanique tel que préconisé par le système de Cambridge. Car ce système s?articule autour des examens occultant le développement des facultés physiques, culturelles, intellectuelles, voire morales de l?enfant. On est ici beaucoup plus obsédé par les résultats et de moins en moins préoccupé par la nécessité «d?une éducation de qualité mondiale».
Tout comme le système de Cambridge, le baccalauréat français et le baccalauréat international culminent à des diplômes qui marquent la fin du cycle secondaire et donnent accès aux études supérieures. Mais c?est dans les méthodes pédagogiques et la philosophie générale que les deux systèmes diffèrent de celui de Cambridge.
Le baccalauréat français fut créé en 1808. Depuis, il a connu de multiples avatars. Il existe trois types de baccalauréat : baccalauréat général, baccalauréat technologique et baccalauréat professionnel. Seuls les deux premiers sont proposés par le lycée Labourdonnais. Outre les matières purement académiques, les élèves sont initiés à des questions qui visent leur développement général. Ils étudient ainsi la philosophie et l?histoire-géo, entre autres. «Toutes les matières sont évaluées. Ainsi un élève qui fait un bac scientifique passe également les épreuves de sport, de français, de philosophie ou d?histoire-géo», dit Nicole Schmitt, assistante-proviseur du Lycée Labourdonnais. Les élèves sont soumis à un contrôle continu sauf pour le baccalauréat qui est soumis au régime de contrôle terminal.
Le baccalauréat international, pour sa part, est composé de trois programmes intégrés couvrant le cycle du pré-primaire/primaire (3 à 12 ans), le cycle intermédiaire (11 à 16 ans) et le diploma programme (16 à 19 ans) . Chaque programme peut être suivi selon un continuum ou séparément. L?accent est mis sur une formation académique mais aussi sur le développement général de l?enfant en dehors de l?école et comme une préparation aux études tertiaires. Le baccalauréat international est présenté comme une fenêtre ouverte sur les grands courants internationaux. «Les élèves doivent ainsi entreprendre un certain nombre d?heures de travaux créatifs et communautaires. Nous avons de nombreux projets qui sont réalisés en ce sens. Il est important pour les élèves de s?engager au sein de la communauté parce que l?ouverture d?esprit est l?une des principales caractéristiques pour réussir des études universitaires», explique David Muddle, Headmaster du Bocage International School.
Le baccalauréat international consacre l?ouverture d?esprit et la notion d?éducation de qualité. Tous les élèves apprennent aussi une langue secondaire et les techniques et qualités nécessaires pour pouvoir travailler avec des étrangers. Ce sont des attributs jugés essentiels au 21e siècle où le jeune adulte doit pouvoir faire preuve de rigueur, d?esprit d?indépendance et d?ouverture culturelle.
Un système d?éducation à revoir
Le baccalauréat international est un programme de deux ans. Si le Bocage propose ce programme, il assure aussi une combinaison du programme intermédiaire (11 à 16 ans) et du IGCE. Les élèves concourent dans six matières, trois principales et trois subsidaires plus trois disciplines obligatoires dont «l?extended essay», la «theory of knowledge» et «creativity, action and service». Cette dernière discipline est particulièrement appréciée par les parents car elle pousse les élèves à s?engager dans des activités créatives, sportives et communautaires.
«Je crois savoir que même Cambridge a envisagé d?opter pour le système de baccalauréat international car l?objectif n?est pas d?obtenir à n?importe quel prix un certificat mais une connaissance variée. Dans ces systèmes alternatifs, lorsqu?on prend une filière par exemple scientifique, on n?occulte pas les langues et les sciences sociales et inversement. Par contre, le HSC de Cambridge repose sur le travail encyclopédique uniquement. Il n?y a pas de développement intellectuel. Dans sa structure présente, le HSC, doublé du principe des lauréats, ne répond plus aux besoins de la société et aux impératifs de développement des enfants», conclut sur ce chapitre Kadress Pillay.
C?est tout un système qui mérite d?être revisité. Mais comme d?habitude à Maurice, on est en train de débattre de l?accessoire au détriment de l?essentiel.
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