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Les syndicats contre ?ceux qui soutiennent les capitalistes?

2 mai 2007, 00:00

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L?institution du National Pay Council, le contrôle des prix des produits de base, la réforme dans l?industrie sucrière, la privatisation? Ce sont là, pour les syndicalistes, quelques-unes des raisons pour lesquelles les travailleurs doivent se rallier aux différents mouvements syndicaux. Et hier, les dirigeants de plus d?une dizaine de fédérations se sont réunis sous un chapiteau à place de taxis de Beau-Bassin avec un objectif : célébrer la fête du Travail autrement.

Pour Toolsyraj Benydin, président de la Fédération syndicale du service civil, la célébration de la fête du Travail a été ?accaparée par la classe possédante?. Il est temps, dit-il, que la classe des travailleurs commence à réaliser qu?il n?est pas dans son intérêt de soutenir les politiciens en cette période difficile. ?Nu ti kroir dan changement. Mais zordi nu la vie fine vine misère?, dit-il. De plus, dit-il, une tendance se dessine dans le pays : de moins en moins de travail permanent.

Jack Bizlall, du Mouvement 1er Mai, a lui aussi fait allusion au sens de la fête du Travail. Et d?exprimer son étonnement, devant le fait que ?malgré que la population se dise dégoûtée par la politique prônée par le Mouvement militant mauricien, le Mouvement socialiste militant et le Parti travailliste, elle se rend en foule à leurs meetings?. Il est temps, affirme-t-il, que les militants commencent à réfléchir à une alternative en politique. Il invite, par là même, les travailleurs à jeter un regard différent sur les partis de gauche. Il a en dernier lieu annoncé la publication d?un document d?analyse sur la constitution du pays.

Quant à Ashok Subron, le conseiller technique de la General Workers Federation, il a déclaré que la fête du Travail est avant tout le moment de ?réfléchir à la lutte syndicale face à l?exploitation des capitalistes?. Il affirme que le rassemblement de la place de taxis de Beau-Bassin équivaut ?à la pose d?une première pierre?, soit le lancement d?un ?forum du peuple?. Car pour lui, l?Assemblée nationale est composée de ?députés qui soutiennent des capitalistes?. Porte-parole du Mouvement 1er Mai, Dev Ramano abonde dans le même sens dans ses critiques à l?égard du gouvernement.

Faisant écho aux autres orateurs, Serge Jauffret, porte-parole du Sugar Industry Labourers Union estime que la présence de travailleurs au rassemblement de Beau-Bassin démontre qu?on peut fêter autrement la fête du Travail. Il a aussi tiré à boulets rouges sur le leader du MMM, Paul Bérenger, qu?il accuse de ?marcher avec les capitalistes?. Il a dans la foulée demandé aux travailleurs de tenir tête, face à tout projet gouvernemental visant à remettre en question les droits acquis des travailleurs. Le thème est repris par Atma Shanto, président de la Fédération des travailleurs unis, qui soutient que la politique prônée par l?équipe dirigeante est en train de ?faire reculer la société mauricienne?. Et il craint que la décision du gouvernement visant à mettre en place le National Pay Council n?empire les choses. Il a lancé une mise en garde contre toute mesure du gouvernement allant dans le sens du remplacement de l?actuel mécanisme pour déterminer le quantum de la compensation salariale annuelle.

Deepak Benydin, président de la Fédération des syndicats des corps constitués s?est pour sa part élevé contre la fermeture de la Development Works Corporation (DWC) et celle de Desbro.

Le rassemblement d?hier a été marqué par une exposition de photos et d?articles et de pamphlets retraçant la lutte des syndica-listes. Le Mauritius Labour Congress avait de son côté organisé une marche de protestation réunissant environ 300 travailleurs dans les rues de Quatre-Bornes. Ils ont réclamé une compensation salariale de Rs 800.

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