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Les sculptures miniatures brisent les chaines

5 février 2006, 20:00

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Simplement de la matière. Des objets collectés ça et là. Mais des matières qui deviennent des symboles. Plusieurs artistes se sont évertués à transformer des morceaux de fer, du savon, du bois, de la glaise, entre autres en des sculptures. Petites par la taille mais puissantes en symbolisme. Le symbole de la liberté retrouvée. Cette exposition organisée par la National Art Gallery durera jusqu?au 15 février.

L?exposition qui se tient actuellement au Mauritius Institute à Port-Louis, met en lumière les travaux de divers artistes autour de l?abolition de l?esclavage. Dès l?entrée, l?artiste Ashley Jeeawon nous interpelle. Une petite cage. Des barreaux. Et à l?intérieur, une pluie de chaînes, de menottes, un cadenas. Tous accrochés aux bars de fer. L?artiste a aussi laissé pendouiller une affiche sur laquelle sont inscrits ces mots : ?To be sold on board the ship Bance Ifland?. 250 nègres à être livrés. Comme des bêtes.

Une page, celle de l?abolition de l?esclavage

Autour du thème de Jeanne Gerval Arouff, Abolition de tout clivage cette fois. Il existe dans cet assemblage de boulons et de cadenas et de pique de cuivre, une réflexion qui porte loin. L?homme prisonnier d?un engrenage.

Les boulons semblent vouloir compresser la plume qui pointe vers le haut dans un signe de désespoir. Une machine infernale. Qui les empêche de percevoir ce qui existe par-delà leur existence. Cette sculpture rappelle que certains hommes préfèrent ressasser plutôt que de s?affirmer.

Juxtaposant ce travail, Pamela Vencatasamy et son Testimony remain attisent la curiosité. Sa sculpture prend la forme d?un livre. Un livre qui s?est figé sur une page, celle de l?abolition de l?esclavage. En allant fouiller dans cette page, l?on découvre un univers où règne une sorte de cataclysme. Des piques s?élevant et sortant de cette feuille d?arbre.

Les ruines, la désillusion, la solitude. Tant de stigmates. Tant de réactions que cette artiste provoque chez le regardeur. Il répugnerait presque à croire que telle était la situation au temps des esclaves.

Vick Kumar Shibdoyal s?est aussi donné. Compressant dans son ?uvre un travail haut en créativité. Il s?est axé sur la privation d?espace des hommes d?avant.

Ceux qui n?avaient pas de voix, pas le droit non plus de revendiquer qu?ils étaient hommes. Le Merci Bondye mo lib de Jocelyn Louise est un cri de joie. Saisissante sculpture qui s?agrippe à l?esprit. Le détour est vivement conseillé.

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