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Les sanglots de la solitude

14 juillet 2005, 00:00

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Le frère Christopher Kugur discute avec un des pensionnaires en face du grand hall de la Maison St André des Missionnaires de la Charité, un hospice pour les vieux, à Surinam. Il l?interroge sur la dernière visite que lui ont rendu ses proches depuis qu?il a élu domicile dans cette maison qui héberge une vingtaine de vieilles personnes.

?Je ne me rappelle plus. Cela fait tellement longtemps que je ne les vois pas?, répond l?homme avec beaucoup d?émotion dans la voix.

Le frère Kugur qui gère cette institution charitable avec la collaboration du frère Moses, d?origine Kenyane, ne passe pas par quatre chemins. Il fait un dur constat. ?A proprement parler, il n?y pas de trop grande pauvreté matérielle à Maurice. Mais plus grave selon moi est cette indifférence des jeunes à l?égard des parents qu?ils ont mis dans un couvent pour s?en débarrasser. Ils ne viennent que très rarement leur rendre visite ou les oublient jusqu?à la mort?, constate le frère Kugur. Il y a plus de vingt-six ans, il décidait de se mettre au service de cette congrégation.

Selon les observations du frère Kugur, certains pensionnaires dans le couvent ont dû accepter cette rupture définitive. Ils se sentent seuls, abandonnés. Ils parlent de leur solitude lorsqu?ils confient leurs peines.

Kugur n?est pas dur seulement envers les enfants mais également envers les parents qui ont du mal à habiter sous le même toit que leurs enfants avec qui ils ont partagé une bonne partie de leur existence. Il cite le cas de ce pensionnaire qui est entré dans cette institution charitable pour qu?il puisse se sentir libre et indépendant.

Tolérance

?Je respecte sa décision. Mais il oublie que ce ne sera pas la cas ici car nous avons des règles bien établies pour gérer cette maison, pour que n?ayons pas de problèmes à notre tour.? Le responsable de Missionnaires de la Charité n?a pas de solution toute faite pour trouver un terrain d?entente.

Il conseille aux enfants d?être plus tolérants et de faire un effort pour être plus attentifs aux besoins de leur parents qui à un certain âge, éprouvent des difficultés pour s?adapter à tout nouvel environnement.

?Des enfants refusent de cohabiter avec les vieux mais comment faisaient-ils lorsqu?ils étaient gosses? ? se demande t-il.

Agé de 20 ans, cet originaire du Bihar, en Inde, a découvert sa vocation à 19 ans. Après un long séjour à Madagascar et au Kenya où il a travaillé, il retourne à Maurice en l?an 2000 pour diriger le couvent de Surinam.

Il puise ses ressources financières de l?étranger pour faire vivre ses vieux qui sont pour la plupart des retraités. Ils cultivent des légumes, élèvent des lapins et des canards. Il souhaite que des jeunes viennent régulièrement visiter les pensionnaires : ?Pas en groupe mais de manière ordonnée pour que les visites soient bien organisées?, insiste-t-il.

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