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Les revenus sucriers du pays pourraient chuter de moitié

2 février 2005, 00:00

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Face à la libéralisation complète du marché mondial du sucre, le pays se trouve mal loti. La Banque mondiale prévoit que les pays exportateurs de sucre vers les marchés préférentiels, dont Maurice, perdront plus de la moitié de leurs revenus sucriers.

Le manque à gagner annuel, estime la Banque mondiale, serait de US $ 450 millions. Et les pays exportateurs vers l?Union européenne et les Etats-Unis obtiennent US $ 800 millions grâce, surtout, à un prix préférentiel, représentant le double du cours mondial.

Le récent rapport ? ?Global agricultural trade and developing countries? ? aborde, dans un chapitre, les régimes sucriers dans le monde. Il refait l?historique, les effets de la disparition des filets de protection, et leur impact sur les exportateurs.

La situation changera avec la libéralisation totale. Le prix du sucre, certes, augmentera de 40% mais sera loin d?être suffisant pour compenser la baisse du prix et des revenus pour des pays comme Maurice. Le rédacteur, Donald O. Mitchell, souligne d?ailleurs que ces exportateurs favorisés ne sont pas en mesure de produire au prix du marché mondial à cause des coûts de production élevés, donc non compétitifs.

Comparée au Brésil et à l?Afrique-du-Sud, gros producteurs de sucre, Maurice se retrouve loin derrière. La production moyenne de tonne de sucre roux par employé dans notre industrie sucrière est de 8,1 tonnes (65 000 employés et une production de quelque 530 000 tonnes). Or, la moyenne sud-africaine est de 19,9 tonnes. Et le Brésil en est à 17,7 tonnes.

<B>Plainte des géants sucriers</B>

La libéralisation implique l?ouverture des marchés du sucre et l?élimination de subventions aux producteurs privilégiés. L?Union européenne a déjà amorcé sa réforme avec une baisse annoncée de 37 % du prix garanti aux producteurs du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP).

Cette réforme est motivée par des raisons internes à l?Europe mais aussi par des pressions externes notamment la plainte des géants sucriers que sont le Brésil, la Thaïlande et l?Australie. L?Organisation mondiale du commerce leur a d?ailleurs donné gain de cause, notamment sur le fait que les subventions européennes sont illégales.

La réforme est inévitable, juge la Banque mondiale. Le rapport fait ressortir que les pays développés sont sensibles aux préoccupations des pays-producteurs comme Maurice. Toutefois, les bénéfices d?une libéralisation totale seront bien plus importants que ceux générés par le système actuel.

L?ouverture des marchés pro-fitera au premier exportateur du sucre, le Brésil. Il gagnera US $ 2,6 milliards par an. Selon le rapport, le Brésil exporte annuellement 9,3 millions contre 500 000 tonnes pour Maurice.

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