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Les regards braqués sur un Sithanen coincé entre des demandes d’aides et la crise
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Les regards braqués sur un Sithanen coincé entre des demandes d’aides et la crise
Une palette d’acteurs publics se prononce sur le budget à venir. L’on est surtout dans l’expectative. Et on attend de voir comment le ministre Sithanen s’en sortira dans un contexte aussi difficile.
Deva ArmoogumPartenaire chez KPMG
«Je n’aimerais pas être à la place du ministre»
«Le ministre des Finances se retrouve dans une situation délicate. Comment trouver les fonds nécessaires pour relancer l’économie et répondre à toutes les attentes? Déjà, il y a un ralentissement dans certains secteurs d’activités ainsi que des pertes d’emplois. Il faudra, dans un tel contexte, s’attendre à de la stratégie, à de la tactique de la part du ministre. Ce dernier maîtrise suffisamment bien la situation. Il a une intelligence des enjeux. Il faudra aussi voir comment il va réagir face aux demandes de subventions. Il faudra trouver un juste équilibre entre les mesures de relance et les demandes de soutien. Pour moi, la dernière chose à faire, c’est d’augmenter la taxe. Peut-être qu’il y aura des surprises à travers le Fonds Monétaire International FMI). Mais, je dis qu’on est déjà passé par là et qu’on s’en est bien sorti. En fait, nous sommes dans une situation hors du commun. Moi, je n’aimerais pas être à la place du ministre Sithanen.»
Toolsiraj Benydin
Syndicaliste
«Plus de justice sociale»
«Je pense que le ministre des Finances, à travers ce budget, devrait, premièrement, apporter plus de justice sociale. Deuxièmement, protéger les groupes les plus vulnérables. Troisièmement, octroyer une meilleure compensation salariale et que toute la population active du pays puisse en bénéficier. Quatrièmement, je suis d’avis qu’il faudrait qu’il revoit sa politique de taxation des salaires.»
 
 
 
 
Jack Bizlall
Syndicaliste
 «Il faut quelque chose de neuf»
«Nous avons connu une crise énergétique et alimentaire. Il coule de source que l’île Maurice doit tirer les leçons qui s’imposent. Il faut prendre des dispositions pour tout revoir et tout repenser. Il y a une seule solution possible pour y parvenir. C’est de ne plus déconnecter l’économie du social comme cela a été le cas pendant ces deux derniers siècles mais plutôt de la placer au centre du social. L’Etat doit accroître son rôle dans cette nouvelle optique. Il faut que l’Etat cesse de n’être qu’un facilitateur pour le capitaliste mais qu’il soit aussi au service de la population. Ce n’est que par cette nouvelle orientation que nous pourrons reconstruire le pays sur tous les plans. Il faut un budget qui se démarque totalement de ce qui a été fait jusqu’à présent. Il faut quelque chose de neuf et de crédible et dans sa globalité.»
 
 
 
Jayen Chellum
Président de l’Association des Consommateurs de l’Ile Maurice
«Un réaménagement du territoire économique»
«Je m’attends à un nouvel aménagement du territoire économique, suite à la crise financière, environnementale et alimentaire. J’espère qu’il y ait eu une remise en question profonde quant à certains concepts qui ne servent plus leurs objectifs à ce stade. Des concepts qui ont déjà été remis en question au niveau international. La sauvegarde des emplois et les mesures pour soutenir le secteur productif doivent aussi être accompagnées de mesures fondamentales pour la protection des plus démunis et des consommateurs».
 
 
 
 
Raj Makoond
Directeur du Joint Economic Council
“Poursuivre les réformes”
«Il faut absolument poursuivre les réformes tout en donnant un coup d’accélérateur à la mise en chantier de tous les projets d’infrastructures déjà identifiés. Le budget devrait faire provision de moyens importants de soutien vis-à-vis des PME, qui est une partie importante de notre économie. Mais surtout, il faut maintenir les indicateurs économiques à des niveaux acceptables et soutenables. Par exemple, pour le déficit budgétaire rester dans les paramètres établis par le G20.»
 
 
 
 
 
Jean-Michel Pitot
Directeur d’Attitude Resorts
«Maintenir une présence sur le marché touristique»
«Je souhaite que ce nouveau budget soit un stimulant pour que le pays puisse maintenir une présence sur le marché touristique. J’espère que plus de moyens seront donnés à la Mauritius Tourism Promotion Authority pour que nous puissions garder notre visibilité.»
 
 
 
 
 
 
Vijay Ramgoolam
Directeur de la Small Entreprises and Handicraft Development Authority
«L’entrepreneuriat pour combattre la crise»
“En ce qui concerne les petites et moyennes entreprises en difficulté, je sais que le ministre Sithanen est très conscient de leurs difficultés. Et je sais aussi que l’un des moyens pour combattre la crise, c’est de continuer à développer l’entrepreneuriat.»
 
 
 
 
 
 
Ashok Subron
Politique et syndicaliste
«Voir l’émergence d’une nouvelle vision»
«Je ne m’attends pas à grand-chose de mieux avec ce budget. Ce sont les contours de la politique économique, définis par l’alliance triplex entre le gouvernement, le secteur privé et les institutions internationales, qui gouvernent le pays. Cette alliance a eu une mainmise grandissante au sein de l’économie depuis la mise en place de l’Additional Stimulus Package. Donc ce budget devrait être une continuation dans la même lignée. Pire, une accélération du projet néolibérale alors que la crise économique mondiale a démontré la faillite de ce système. Est-ce qu’on va se contenter de stimuler le modèle existant qui a déjà fait la preuve de sa faillite ou est-ce qu’on va faire une transition vers une nouveau modèle économique? Au sein de Rezistans ek Alternativ, nous souhaitons voir l’émergence d’une nouvelle vision, basée sur la souveraineté alimentaire avec une réorganisation de l’utilisation de la terre et de la mer. Une politique énergétique renouvelable et propre, démocratisation de la science et de la technologie et qui ne repose pas sur la baisse chronique des salaires.»
 
 
Tim Taylor
Chairman de Scott & Co Ltd.
“Les dépenses ont augmenté”
«C’est évident que le ministre des Finances se trouve dans une position difficile. Parce que, d’un côté, les revenus de la taxe ne seront pas comme auparavant, vu qu’il y a un ralentissement de la croissance. Je sais que dans le passé, il comptait toujours sur les revenus de la taxe.  Du côté des dépenses, avec le ‘stimulus package’, il est clair que celles-ci ont augmenté. Donc, Rama Sithanen n’a que ces choix: soit il augmente la taxe. Soit, il réduit l’allocation à certains secteurs. Ou, il continue vers un déficit budgétaire encore plus grand».
 
 
 
 
 
Nicolas Kan Wah
Gérant de London Way
«Nous n’attendons pas grand-chose de ce budget»
«En ce qui concerne mon secteur, le commerce de denrées alimentaires, nous n’attendons pas beaucoup de ce budget. Les taxes à l’importation sur ces produits sont déjà très faibles. Toutefois, si Rama Sithanen décide de faire baisser la TVA, ce sera définitivement un soulagement pour les commerçants et les consommateurs».
 
 
 
 
 
Danielle Wong
Directrice de la Mauritius Exports Association
«On a déjà annoncé la couleur»
«On est dans l’expectative. On a des attentes. Et on a déjà annoncé la couleur. Il s’agit de voir comment soutenir les entreprises exportatrices dans cette conjoncture difficile. On verra dans quelle mesure, le gouvernement fera un pas jusqu’à nous. Par rapport au budget, lui-même, je dirai qu’on peut avoir de bonnes intentions mais l’important, c’est le suivi.»
 
 
 
 
 
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