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Les pêcheurs ont de plus en plus le sentiment d’être des laissés-pour-compte

12 janvier 2010, 20:00

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Les pêcheurs ont de plus en plus le sentiment d’être des laissés-pour-compte

Le Syndicat des Pêcheurs de Maurice (SPM) dénonce l’indifférence de l’Etat à l’égard des pêcheurs, lors d’une conférence de presse, en ce 13 janvier, au Centre Marie Reine de la Paix, à Port-Louis.

Des projets qui n’aboutissent jamais, des effets d’annonce… les pêcheurs ont en ont plus qu’assez. Ils veulent du changement. Ils souhaitent la nomination d’un ministre permanent (pour un meilleur suivi), d’un ministre qui génère des résultats et qui est à l’écoute.

«Cela fait cinq ans que ce gouvernement est au pouvoir. En ce qui concerne la Pêche, son bilan est nul. Rien n’a été fait pour les pêcheurs du pays. Nous n’avons eu droit qu’à des promesses creuses, que du bluff! Le Premier ministre n’a pas respecté son engagement envers la communauté des pêcheurs», s’insurge Judex Ramphul, président du Syndicat des Pêcheurs de Maurice (SPM).

Et d’ajouter, «Nous espérons que Navin Ramgoolam ne viendra pas jouer sur les sentiments des pêcheurs durant la campagne électorale à venir, comme il l’a fait auparavant».

Les pêcheurs justifient leur frustration avec moult raisons.

Premièrement, le rôle du Fisherman Investment Trust (FIT).

«Cette institution a été créée en 2007 pour venir en aide aux pêcheurs. De grosses sommes lui ont été allouées à cette fin. Toutefois, aucun projet n’a été concrétisé. Le FIT devait donner quatre bateaux aux pêcheurs, mais jusqu’à présent, nous n’avons rien vu venir», affirme le porte-parole des pêcheurs.

Deuxièmement, insatisfaction autour du Food Security Fund qui englobe les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Le gouvernement a accordé Rs 1 milliard à ce fonds, dont 2,2% serait attribué aux pêcheurs, notamment pour la construction de bateaux. «On nous dit toujours que ces fonds seront débloqués ‘incessamment’. ‘Incessamment’, c’est quand au juste?», s’interrogent les pêcheurs, exaspérés par la longue attente.

Troisièmement, malaise autour du Mauritius Federation Cooperative qui devait investir dans la création de trois glacières, soit à Tamarin, Cap Malheureux et Mahebourg. Ces glacières auraient permis aux pêcheurs de mieux conserver leurs prises. «Aucune de ces glacières n’est opérationnelle à ce jour», déclare le président du SPM.

Quatrièmement, attente autour de la construction d’un «Fish Auction Market», qui tarde à démarrer, malgré la disponibilité des fonds.

Selon Judex Ramphul, la direction d’organismes tels que le FIT, Fisherman Welfare Fund et la Mauritius Federation Cooperative devrait être confiée à des pêcheurs capables «au lieu de nominés politiques». La communauté des pêcheurs en sortirait gagnante.

«Il existe un comité consultatif, dans lequel siège des représentants de pêcheurs et le ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, devant se réunir chaque deux mois. Mais jusqu’aujourd’hui, une seule réunion a eu lieu», soutient Mohammedally Lallmamode, le secrétaire du SPM.

Le Syndicat des Pêcheurs est d’avis qu’il vaut la peine de développer le secteur de la pêche à Maurice, car il est prometteur et pourrait contribuer de manière plus importante à l’économie du pays. Le SPM déplore, cependant, l’importation du poisson des Seychelles. Il suffirait de donner des moyens aux pêcheurs mauriciens pour rendre l’île autosuffisante en poissons.         

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