Publicité
Les pépins de la rentrée
Une rentrée scolaire sans anicroches ? Cela n?est certainement pas mauricien ! Alors que plus de 200 000 élèves s?apprêtent à retrouver les bancs de l?école demain, les responsables des collèges secondaires d?État et privés ainsi que ceux des écoles primaires tirent la sonnette d?alarme. De gros nuages se profilent déjà à l?horizon.
Pour le ministre de l?Éducation, Steve Obeegadoo, la rentrée cette année revêt un caractère « historique » avec l?introduction de la scolarité obligatoire jusqu?à 16 ans. Pour les recteurs et les managers des collèges d?État et privés, cette étape risque surtout d?être chaotique?
Bien que les responsables de collèges soient les premiers à reconnaître l?importance de l?éducation obligatoire, il n?en demeure pas moins que son application risque de poser quelques problèmes. « Certains aspects de cette décision, les plus importants, selon nous, ont été pratiquement ignorés », affirme le président de l?Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), Girish Ramsahye. « Déjà, les recteurs se demandent que faire des étudiants qui veulent reprendre les cours après un ou deux ans d?absence. »
Arrivés au secondaire, un certain nombre d?élèves désertent, en effet, les bancs de l?école pour des raisons socio-économiques ou familiales. Ceux qui multiplient les échecs au niveau du Certificate of Primary Education (CPE) remettent rarement les pieds dans un établissement scolaire, même si des classes pré-professionnelles existent.
Pour les managers et recteurs, la question est de savoir que faire de ces élèves qui décident, après plusieurs mois, voire plusieurs années, de reprendre le chemin de l?école. « Pourrons-nous accueillir un élève de 15 ans dans une classe pré-professionnelle où les enfants ont une moyenne d?âge de 12 ans ? » se demande Girish Ramsahye. Et quid de ceux qui ont connu la rue et les mauvaises fréquentations ? « Ceux-ci demandent évidemment une attention particulière. Mais les enseignants ne sont certainement pas préparésà cela. »
Les recteurs des collèges d?État semblent avoir les mêmes appréhensions.
« Nous n?avons aucun programme d?études, aucune pédagogie pour ces élèves. Pour moi, il faut une période moratoire pour que nous puissions nous préparer en termes de matériel scolaire et de pédagogie. Le ministère de l?Éducation va trop vite et nous risquons de nous retrouver dans une situation compliquée», soutient Soondress Sawmynaden, le président de la Governement Secondary School Teachers Union.
« Une grosse pagaille »
Autant de questions qui turlupinent les responsables des collèges. Ils suggèrent un encadrement psychologique pour les élèves qui pourraient avoir des difficultés à s?adapter en milieu scolaire. Des cours de rattrapage devraient aussi être mis à leur disposition avant qu?ils ne réintègrent le circuit normal. Vijay Naraidoo, conseiller au ministère de l?Éducation, assure que des dispositions ont été prises pour les élèves qui désirent reprendre les cours. « Ils peuvent s?adresser au Customer Care Desk le plus proche pour être conseillé sur leur admission. Chaque cas sera traité séparément. »
Soondress Sawmynaden déplore, enfin, l?état de décrépitude avancé de certains collèges d?État. Pas très accueillant pour les nouveaux élèves? « Dans certains collèges », affirme-t-il, « l?entretien a débuté vendredi ». Plusieurs établissements pêchent aussi par manque d?équipements destinés aux cours scientifiques et de dessin.
Les directeurs des écoles primaires prévoient, eux, une « grosse pagaille » demain. La raison ? Pour la première fois depuis trente ans, selon les syndicats du primaire, l?admission en Std I et la rentrée des grandes classes seront faites le même jour. « Ce sera la confusion », martèle le président de la Governement Teachers Union, Jugdish Lollbeeharry. Une bonne note cependant : tous les 72 livres commandés pour le primaire sont disponibles sur le marché.
Tout cela n?ébranle guère l?optimisme du ministre de l?Éducation. « Nous abordons la rentrée avec sérénité? » affirme Steve Obeegadoo.
<B>■Sur les bancs jusqu?à 16 ans</B>
Ceux qui refusent ou négligent d?envoyer leurs enfants de moins de 16 ans à l?école cette année subiront les foudres du ministère de l?Éducation.
La scolarité est désormais obligatoire jusqu?à 16 ans. Une petite révolution puisque jusqu?à l?année dernière, la scolarité était obligatoire jusqu?à 12 ans. La nouvelle loi prévoit de lourdes amendes pour ceux qui ne s?y plieront pas. En effet, les responsables de l?enfant qui s?absente sans raisons valables, risquent une amende de Rs 10 000 et un emprisonnement de deux ans maximum. Un National Assessment Framework sera institué pour s?assurer que les élèves qui quittent l?école à 16 ans auront acquis les compétences nécessaires pour faire face au marché du travail.
■<B>Les collèges en chantier</B>
La construction de nouveaux collèges va bon train. À Belle-Rose et à Ébène, deux bâtiments émergent lentement. La State Secondary School de Belle-Rose dont la première phase a été terminée en 2003, accueillera les élèves de la Form I à V. Quant à l?Ébène State Secondary School, elle est partiellement finie avec un bloc pouvant accueillir 12 salles de classe. Le collège accueillera des étudiants venant de Beau-Bassin-Rose-Hill.
La construction de deux nouveaux collèges d?État, pour un montant de Rs 40 millions, est prévue à Vacoas et à Plaine-Verte. Dans le budget 2004-2005, Rs 80 millions ont été allouées pour l?achèvement de la seconde phase de cinq collèges secondaires, dont deux à Ébène, et un chacun à Hollyrood, Colline Monneron et Rivière-des-Anguilles. Rs 480 millions seront réservées à l?achèvement de 17 collèges d?État, dont trois sont de type MGI et quatre, des collèges de Form VI. La construction de nouveaux collèges vise à augmenter le nombre de places en Form I et en Lower VI dans les collèges d?État, tout en réduisant la pression sur les élèves et les parents au niveau du CPE. Le diocèse s?y met aussi. Il compte démarrer dès le mois de mars, la première phase de construction de quatre collèges, qui coûteront au total Rs 100 millions : BPS Fatima, St-Esprit Case Noyale, St-Mary?s Bambous et Bambous-Virieux. L?évêque de Port-Louis rencontre les recteurs demain pour évoquer, entre autres, la question du financement.
3800 élèves seront accueillis dans les classes pré-professionnelles d?État 1 500 adolescents sont attendus en Form I dans les 17 collèges gérés par le Bureau de l?éducation catholique. 450 élèves ont été admis dans la filière pré-professionnelle.
Publicité
Publicité
Les plus récents