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Les proches de Seyfoullah témoignent de sa souffrance

9 mai 2008, 20:00

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«Mo leker fer mal.» Ces mots de la grand-mère du petit Seyfoullah résument parfaitement les sentiments de tous ses proches. Seyfoullah a rendu l?âme mardi à l?hôpital Jeetoo, Port-Louis, à la suite de ses blessures. Des blessures qui proviendraient des sévices que lui aurait fait subir le concubin de sa mère, Sayed Mamode Soobhan. L?enfant qui avait perdu connaissance, le 7 avril, ne s?est jamais réveillé.

Assise dans son salon, à Notre-Dame, Banon, la grand-mère paternelle de Seyfoullah, confie que le petit a vécu presque toute sa vie avec elle. Elle nous raconte sa naissance, il y a sept ans. Seyfoullah est le troisième enfant né de l?union de Jasbeen et d?Ameen, le fils de Banon.

Quelque temps après cette naissance, Jasbeen aurait eu une relation extraconjugale avec Sayed Mamode Soobhan, alors marié à la s?ur d?Ameen. «Si papa la ti bon, pa ti pou ena tou sala», se lamente Banon. Selon elle, son fils ne s?est pas occupé correctement de ses enfants.

Lorsque Jasbeen quitte le toit conjugal pour s?installer avec Sayed Mamode Soobhan, elle laisse derrière ses trois enfants. Ameen se trouve peu après une nouvelle épouse mais celle-ci n?a guère d?égards pour ces enfants qui ne sont pas les siens. «Li nek bate mem», continue Banon.

Il y a un an, Jasbeen reprend deux de ses enfants, dont Seyfoullah. Banon ne le voit que très rarement depuis son départ. D?après elle, Jasbeen avait rejeté sa petite fille qui est restée sous la garde de son premier mari. «Kouma dir li pa ti anvi okip zanfan la.»

Elle explique que Seyfoullah voulait partir vivre avec sa maman mais qu?il avait, ainsi que sa s?ur aînée, vécu un mois chez leurs grands-parents maternels avant d?être recueillis dans la maison de sa mère et de son concubin à Vallée-Pitot.

«Kifer mama la pa ferme ?» lance Ameen dans la foulée. Il semble très remonté contre son ex-épouse tout en affirmant que ses enfants vivaient bien chez lui. Il dit ne pas comprendre pourquoi leur mère a tenu à reprendre deux d?entre eux si c?est pour les exposer à des sévices. C?est à travers un ami qu?Ameen a appris que son fils était dans le coma depuis plusieurs jours. S?il dit bien connaître celui qui aurait torturé son enfant, il n?en dit pas plus sur leurs relations.

«Bondie ki kone», lance Soko, le grand-père maternel de Seyfoullah. Il parle des funérailles du petit, qui ont eu lieu chez lui, à Plaine-Verte. La s?ur de Seyfoullah, âgée de dix ans, était présente lors de la cérémonie mais elle est, depuis le 11 avril, sous la charge des services sociaux, soit quelques heures avant l?arrestation de Sayed Mamode Soobhan. Il a été depuis transféré à la prison de Beau-Bassin en attendant sa prochaine comparution en cour.

<B>«Ti atas li ar pie»</B>

Ce sont les révélations de la fillette qui ont poussé les enquêteurs à agir. «Ti atas li ar pie pou bat li san ki linn fer move.» C?est ce que raconte une autre s?ur âgée de 12 ans. Dans le milieu policier, on laisse entendre que l?enquête n?est pas encore bouclée, notamment concernant l?implication de la mère de Seyfoullah. Elle a été interpellée en même temps que son concubin mais elle devait être relâchée quelques heures plus tard.

Trois autres enfants, que Jasbeen a eus de son concubin, sont toujours sous sa garde. Ils habitent une maisonnette à Vallée-Pitot. Celle-là même où Seyfoullah aurait subi les sévices qui lui ont coûté la vie. Il a succombé à une septicémie selon l?autopsie du Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer. Il avait des cicatrices, des plaies et des traces de brûlures de cigarette sur tout le corps.

L?enquête, dans cette affaire, est menée par les hommes de l?assistant surintendant de police, Reshard Delawarally de la Criminal Investigation Division, Port-Louis Nord.

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