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Les premiers écueils du Centre de Barkly
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Les premiers écueils du Centre de Barkly
La guerre contre la toxicomanie, fléau qui toucherait pas moins de 20 000 de nos concitoyens, n’est pas gagnée d’avance. Les événements qui ont ponctué les premières semaines du lancement d’un programme de traitement au moyen de médicaments au Centre de désintoxication de Barkly l’ont démontré.
Il faut savoir que le traitement s’y effectue essentiellement à base de produits tels que le mogadon, le valium et des compléments vitaminés. Il s’étale sur une période de deux semaines durant lesquelles les internes sont pris en charge par des membres du personnel médical et para-médical fournis par le ministère de la Santé. Au bout de ces deux semaines, les internes sont censés être prêts pour entamer l’autre étape du processus de réintégration à savoir, la réhabilitation.
Mais en deux occasions, la National Agency for the Treatment & Rehabilitation of Substance Abusers (Natresa), qui gère le Centre, a dû sévir contre le comportement de certains. Dans un premier cas, cinq personnes sur un groupe de 14 personnes ont été renvoyées. Dans le deuxième cas, six des 14 internes ont subi le même sort.
Traiter la personne qui souffre</B>
Un des arguments avancés, de manière générale, par les opposants à la désintoxication en tant que méthode de traitement est que la récidive est inéluctable. Et peu importe la manière dont le traitement est assuré, que ce soit dans un environnement hospitalier ou par le biais de soins externes.
Mais pour Gérard Lesage, le président de la Natresa, si la désintoxication n’aboutit pas à la guérison totale, elle contribue à traiter la personne qui en souffre. C’est dans cette perspective que se situe son action.
« Ceux qui croient qu’ils peuvent éliminer les poisons de leur corps avec l’aide des seuls médicaments se trompent. Il faut être investi d’une réelle volonté de se libérer de la toxicomanie », soutient toutefois Gérard Lesage.
Mais si cette volonté, comme l’indique le président de la Natresa, semble être absente, il faut bien le souligner, chez certains des internes qui ont bénéficié du programme de traitement, à qui la faute ?
Les gestionnaires de trois centres de réhabilitation que l’express-dimanche a contactés se rejoignent sur un point : le meilleur système de sélection des patients ne peut prévenir leur comportement lorsqu’ils sont en groupe.
Imran Danoo, responsable du Centre Idrice Goomany de Plaine-Verte suggère la mise en place d’un programme de formation spécifique au profit du personnel médical chargé du Centre de désintoxication. « Les toxicomanes ont des comportements qui peuvent choquer des personnes qui ignorent leur psychologie. Ils sont parfois très exigeants. Il n’est pas impossible que, face à des personnes chez lesquelles ils perçoivent un semblant de fragilité, certains toxicomanes tentent d’imposer leur volonté. Des problèmes relationnels peuvent aussi surgir lorsqu’ils sont dans un groupe pendant une période donnée. Ce n’est pas pour autant que leur situation est irréversible. D’où la nécessité d’une thérapie étalée sur toute la journée et à laquelle des animateurs de centre sont associés. »
Pour José Ah Choon, le responsable du Centre d’accueil de Terre-Rouge, le problème de comportement en groupe pourrait être sensiblement atténué s’il y avait une plus grande vigilance au niveau de la sélection de personnes qui doivent suivre ce traitement.
Faire face aux pressions</B>
Il n’est pas toujours facile de faire face aux pressions que certains toxicomanes exercent sur les responsables des centres de réhabilitation. « Certains exigent qu’ils soient recommandés pour un traitement au Centre de désintoxication. Lorsqu’ils n’obtiennent pas satisfaction, ils deviennent agressifs », témoigne Devika Rajkumarsingh, directrice du Help De-Addiction Centre de Cassis.
Mais pour Gérard Lesage, le traitement des toxicomanes dans un espace donné est essentiel. Ainsi, le Centre national de désintoxication maintient son programme d’action et se prépare à accueillir un nouveau groupe de quatorze personnes cette semaine, « dans la sérénité et avec la détermination de ne pas permettre des écarts de comportements », prévoit Gérard Lesage.
Une nouvelle donnée vient de surgir avec la décision du Conseil des ministres, vendredi, d’approuver l’introduction d’un traitement à base de méthadone et la mise en place d’un programme de distribution de seringues en vue de prévenir l’hépatite C. Ces décisions font suite aux recommandations du professeur Marta Torrens, qui est psychiatre.
Faut-il y voir un signe précurseur de l’abandon éventuel de la désintoxication en milieu hospitalier pour le remplacer par des soins externes ? L’avenir le dira.
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