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Les premiers dentistes formés à Maurice affichent leurs ambitions
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Les premiers dentistes formés à Maurice affichent leurs ambitions
Ils sont pragmatiques ces jeunes gens. Lorsqu?en 2002, vient le moment pour Amresh Boodhun, Olivier Wong Ching et Wasim Nabee de choisir une filière professionnelle dans laquelle s?engager, ils choisissent la dentisterie. La raison ? Tout simplement que le pays compte uniquement 200 dentistes pour une population de 1, 2 million. «Je me suis dit qu?il y avait de l?avenir dans cette filière», explique Amresh Boodhun, 24 ans. Aujourd?hui, à l?issue de quatre ans d?études et un an d?internat et à la veille de recevoir son Bachelor of Dental Surgery (BDS) du Mauritius College of Dentistry, affilié à la Bhavnagar University de l?Inde, il n?a pas changé d?avis.
Certes, la situation a évolué. Les dentistes sont plus nombreux sur la place. Mais pour ces futurs diplômés, le «marché» peut encore absorber des dentistes. Et pas qu?un peu. «Dans les pays développés telle la Norvège, on compte un dentiste pour 900 habitants. A Maurice, on est encore loin de ce ratio.» Alors, pour augmenter leur chance de se faire une clientèle, ils envisagent une spécialisation. Le Dr Rajendrasinh Rathod, président et doyen du Mauras College of Dentistry, explique que dix des 16 Mauriciens qui recevront ce dimanche leur BDS, mettront le cap sur l?étranger pour effectuer un Masters of Dental Surgery (MDS).
Car pour le moment, seul le BDS est dispensé à ce collège d?Arsenal. Collège où ces jeunes ne regrettent pas une seule seconde d?avoir étudié. Tous trois avaient fait des demandes d?admission dans des universités étrangères. Amresh avait été acceptée en Belgique, Olivier en France et Wasim en Afrique du Sud. Mais lorsque la même année, en 2003, le Mauras College of Dentistry ouvre ses portes, ils hésitent à quitter Maurice. Et s?ils faisaient leurs études à quelques minutes de leur «home sweet home» ? Les parents Amresh Boodhun sont réticents. «Ils avaient, comme beaucoup de monde, des préjugés par rapport à la formation à Maurice. Sa Moris sa, li pa bon». Ses parents acceptent malgré tout de venir visiter l?école. Ils rencontrent le Dr Rathod qui les rassure sur la qualité de l?enseignement et la validité du diplôme.
«Moins de tracas»</B>
Les Boodhun finissent par adopter la même attitude que les parents d? Olivier Wong Ching et Wasim Nabee. «Ils étaient contents. Que je reste à la maison», confie Olivier le portlouisien. Wasim, habitant de Ph?nix, d?ajouter que ses parents ont considéré cette option comme celle qui leur occasionnerait «moins de tracas». Et pas forcément des soucis financiers car cette formation coûte environ Rs 750 000 pour quatre ans d?études. «Plus que ce l?on aurait déboursé si nous avions étudié en Europe de l?Est», soutient Amresh. «Pas beaucoup moins que si j?avais opté pour la France», ajoute Olivier qui, comme ses deux camarades, a «testé» pendant deux à trois semaines les cours du collège avant de décider d?y effectuer ses études. Et pour ces jeunes gens, tous ces diplômes se valent. «J?ai effectué mon internat en Inde et j?ai pu constater que mon niveau était aussi bon que le leur», affirme Amresh Boodhun, habitant de Le Hochet, Terre Rouge.
N?ont-ils pas peur que la question de validité de leur diplôme et de sa reconnaissance revienne une nouvelle fois sur le tapis ? «Non, pourquoi ?» Amresh Boodhun, Olivier Wong Ching et Wasim Nabee sont sereins. «S?il y avait quelque chose de louche, nous aurions été les premiers à manifester. Nous savons que tout va bien. Que tout ira bien à l?avenir», soutient Amresh. Lui, comme ses 15 autres camarades de promotion mauriciens, compte dès lundi, entamer les démarches pour se faire enregistrer auprès du Dental Council. Une procédure qui peut être bouclée en un mois ou davantage. En attendant, même s?ils ne peuvent pas exercer, ils peuvent toujours effectuer leurs demandes d?amission en MDS ou commencer à acheter leurs équipements et aménager leur cabinet.
Des étudiants Compétents</B>
Un investissement conséquent d?un minimum de Rs 1 million. Mais investir autant pour ensuite tout quitter dans un an ou deux pour poursuivre leurs études, n?est-ce pas un risque ? «Non. Nous pourrons toujours revendre ou louer nos équipements à ce moment avec un autre dentiste», soutient Wasim qui envisage une spécialité en orthodontie ou chirurgie orale. Deux des spécialités qui feraient qu?ils n?auraient aucun mal à trouver des patients. «Quelqu?un qui irait se spécialiser un pediatric dentistry n?aurait pas de travail à Maurice. Lorsque leurs enfants doivent aller chez le dentiste, les Mauriciens les emmènent tout simplement chez un dentiste. Pas forcément chez un spécialiste pour enfants», explique Amresh. Olivier, lui, envisage, outre un MDS en orthodontie, de faire un diplôme en «forensic dentistry».
Durant leurs études et leur internat, ces jeunes ont eu l?occasion de se familiariser avec les patients. Même si ces derniers étaient un peu réticents à se faire soigner par des étudiants au début. «Au début, ils disaient qu?ils voulaient être soignés par les médecins. Mais depuis, ils ont pu constater que les étudiants étaient compétents», soutient Olivier. Il faut dire que les spécialistes ne sont jamais très loin et vérifient toujours le travail des étudiants. C?est ainsi que la liste d?attente pour un traitement à la clinique dentaire d?Arsenal s?allonge chaque jour. A moins d?une urgence, vous n?aurez pas de rendez-vous avant deux semaines.
<B>Le Dr Rathod : «J?espère que les diplômés dissiperont tout doute au sujet du collège»</B>
Dès son ouverture en 2003, le «Mauras College of Dentistry», affilié à la «Bhavnagar University» de l?Inde, a été sujet de polémique. Le Dr Rajendrasinh Rathod, son président et doyen, espère qu?à l?issue de la remise des premiers diplômes dimanche, tout cela sera de l?histoire ancienne. Car si en 2003, le collège avait accueilli 16 étudiants mauriciens, depuis, il en accueille chaque année une douzaine. «Mais après cette polémique autour de la reconnaissance des diplômes, cette année, des sept étudiants qui avaient été acceptés, seuls deux se sont inscrits. Les autres ont choisi de partir à l?étranger», déplore le Dr Rathod qui affirme que le gouvernement mauricien ne lui a jamais demandé aucune explication au sujet de cette polémique. Le collège compte 185 étudiants. Des étudiants qui, pour la plupart, poursuivent leurs études à l?issue de leur BDS. «En Inde où nous avons un autre collège, seul 10 % des étudiants exercent dans le privé.» Des 16 Mauriciens qui recevront leur diplôme dimanche, dix enchaîneront avec un MDS. Si le collège d?Arsenal obtient son accréditation auprès de la TEC, il compte offrir des cours de MDS d?ici peu. Les six autres prendront de l?emploi comme «Junior lecturers» au «Mauras College of Dentistry» et remplaceront le personnel indien. A terme, tous les employés du collège seront des Mauriciens.
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