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Les premiers adhérents à la contestation post-expulsion
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Les premiers adhérents à la contestation post-expulsion
Kailash Ruhee, Jocelyn Seenyen, Armoogum Parsooramen, Ashok Roy, le Dr Yousouf Maudarbacus, le Dr Rinun Hawaldar, tels sont les premiers adhérents au mouvement de contestation initié par Harish Boodhoo, Rohit Beedassy et Radha Gungoosingh (et non Gungaloo, comme indiqué dans une précédente chronique). Et ce n’est pas fini car le chef incontesté annonce l’imminence de 150 autres postulants dont Karl Offmann et l’inséparable André Fanny, tous deux en froid avec la direction de leur parti, l’Union démocratique mauricienne (UDM) de Guy Ollivry. Ruhee et Maudarbacus sont des chargés de cours à l’université de Maurice. Ashok Roy est comptable. Jocelyn Seenyen et Parsooramen sont enseignants au lycée Labourdonnais et dans un collège dans le Nord, respectivement.
Ces premiers adhérents sont présentés aux 1 500 personnes présentes à un meeting politique à Belle-Rose. Harish Boodhoo leur demande de harceler les députés travaillistes en les sommant d’expliquer pourquoi le PTr expulse les contestataires et conserve Badry et Daby. Les politiciens sont comme des cerfs-volants. Il ne suffit pas de les envoyer en l’air. Nous devons les contrôler et surtout ne pas leur donner plus de corde que nécessaire, à moins, bien sûr, qu’on les veuille pendus. Il dénonce les tractations de République à la française entre Seewoosagur Ramgoolam et le MMM. Les velléités de nationalisation du PTr n’ont d’autre but que de détourner l’attention en raison de la gravité de l’expulsion des contestataires.
Et pendant ce temps-là, le secteur privé dévoile à ses membres son plan de développement 1980-85. Intitulé “Suggestions for a brighter future”, il fait l’objet d’un séminaire au Morne. Elles seront soumises, à la mi-août à… Chacha Ramgoolam.
L’idée maîtresse du projet est de soumettre des suggestions au gouvernement afin de l’aider à formuler son prochain plan national de développement. (N.B. Le secteur privé de 2004 serait-il capable d’un tel exploit). C’est la réponse, à la mi-1979, du secteur privé à une demande dans ce sens, datant de seulement fin 1978. On aspire à un futur plus brillant et pas seulement meilleur. On veut davantage, non de quantité, mais de qualité. Une qualité qui va de pair avec l’indépendance, l’innovation, la satisfaction morale, l’acceptation tacite de certains principes tandis qu’un développement par trop matérialiste est aux antipodes de telles qualités.
Le JEC tient pour acquis les bienfaits de l’économie mixte. Elle demeure le moyen idéal d’assurer la meilleure synergie entre secteurs public et privé. Il n’est pas souhaitable que le public s’ingère dans les secteurs que le privé, de longue date, maîtrise d’autant plus que les structures sociales existantes maintiennent la meilleure justice sociale possible. Le précédent plan de développement pèche par la présence regrettable de doublets concurrentiels entre les deux secteurs.
Il y a 25 ans, on comptait toujours sur le sucre pour améliorer le PNB. Le JEC mise par conséquent sur une production de…776 000 tonnes en 1985. On ne fera pourtant jamais mieux que les 718 000 tonnes de 1973. Il est question par conséquent de regroupement des petits planteurs pour permettre la mécanisation des travaux agricoles dans leurs champs, de centralisation des usines sucrières pour n’en garder que des unités pouvant produire plus de 50 000 tonnes de sucre annuellement. Les objectifs de la diversification agricole concernent 20 000 tonnes de pommes de terre, 40 000 tonnes de légumes et de fruits divers, 12 000 tonnes de maïs, 2 500 tonnes d’oignons, 400 tonnes d’ail, 2 000 tonnes d’arachides, 6 millions de fleurs, 30 000 cœurs de palmistes, 200 tonnes de litchi. On estime pouvoir produire 2 500 des 7 600 tonnes de viande et 29 millions des 94 millions de litres de lait consommés annuellement.
Yvon Martial</B>
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