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Les préparations s?affinent pour le Salon de mai
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Les préparations s?affinent pour le Salon de mai
SOIXANTE-DIX participants pour cette 25e édition. Le nombre d?artistes augmente d?année en année au Salon de mai. Organisé par l?Institut Mahatma Gandhi (MGI), l?événement débute le 25 mai. Un salon encore plus bondé de talents et de créations. Un fourmillement entre artistes de renom et étudiants. Nouvelles visions. Belles promesses. Mala Ramyead Chummun, directrice du département des Beaux-Arts, livre des confidences sur la préparation.
Pour cette édition spéciale, le MGI a prévu de sortir un catalogue. Quelques travaux sont déjà parvenus au département des Beaux-Arts. Une salle additionnelle sera allouée pour permettre aux ?uvres de prendre plus d?espace. Car il paraît que les toiles s?étendent un peu plus chaque année. Aucun thème n?a été imposé. ?C?est la liberté totale?, affirme Mala Ramyead Chummun.
Comme à l?accoutumée, priorité aux étudiants diplômés, et artistes confirmés. ?Les habitués du Salon seront présents. Et nous nous efforçons de l?ouvrir à nos étudiants. Ils peuvent ainsi bénéficier d?un lieu d?exposition qui est très populaire.? Des noms tels Krishna Lucho-omun, Yves David, Jeanne Gerval Arouff, les frères Ghanty sont évoqués. Le métissage des styles promet d?être passionnant.
Comme l?affirme encore Mala Chummun, ce salon agit comme plate-forme où artistes connus et inconnus se côtoient. ?Puisque nous n?avons pas de galerie d?art à Maurice, nous essayons de nous accommoder une de ce genre. Et le public est toujours sensible à cette exposition, les gens défilent, les étudiants surtout. Cet événement est devenu un rendez-vous.? Mala Chummun relate que le but est de provoquer la connaissance chez les étudiants. Susciter leur intérêt pour cet art changeant.
Une sélection rigide
Les critères de sélection ont aussi été assez rigides. Tous les participants sont au moins diplômés ou ont suivi une formation auprès d?un autre artiste de renom. ?Il y a bien trop de demandes et il fallait choisir?, explique Neermala Luckeenarain. Elle pense qu?un artiste se doit de connaître les règles et l?histoire de l?art pour pouvoir se donner à fond dans la peinture.
Ce qui est certain, c?est que les ?uvres ne seront pas accompagnés du diplôme obtenu. Le public s?intéressera de plus près au message et à la beauté des travaux montrés.
Évolution ou révolution au Salon de mai ?
Il était au premier Salon de mai de 1981. Il a été un témoin d?un mouvement extraordinaire. C?était l?époque où seuls les artistes-peintres qui avaient de l?argent se permettaient d?exposer leurs ?uvres. Quand Moorthy Nagalingum, alors directeur de l?Institut Mahatma Gandhi, a eu cette idée de grande exposition collective, les artistes n?ont pas hésité. Yves David qui formait un trio avec Serge Constantin et Roger Charoux, revient sur l?évolution du Salon de mai.
Évolution ou révolution ? L?art de nos jours se pare d?un autre visage. Alors que nous nous préparons à accueillir le 25e Salon de mai, Yves David fait part de ses observations. ?Avant, l?art était beaucoup plus réaliste et figuratif. Maintenant, il y a des nouveautés, des installations, des décorations. Les objets de récupération ne sont pas mis de côté non plus. Une feuille de tôle et quelques gribouillages suffisent à créer une ?uvre.? L?art a changé.
Petit reproche : les artistes ont mis de côté le dessin. ?Certains peignent sans vouloir dessiner.? Yves David est connu pour ses huiles. Ses paysages frais. Il le dit, il est conventionnel. En voyant certains jeunes artistes négliger le dessin, il demeure quelque peu inquiet. ?La bonne peinture, qu?elle soit figurative, abstraite ou autre, a une base. Même Picasso a débuté par une base ! Mais les règles ne sont plus de rigueur maintenant??
Selon lui, cette évolution ou révolution de la peinture viendrait de l?éternelle insatisfaction de l?artiste. ?Il a toujours soif, il s?efforce sans cesse à s?améliorer.? C?est ainsi que l?art est devenu autre.
Contrairement à ces mouvements qui bourgeonnent, Yves David est resté fidèle à lui-même. Il peint dans le respect des lois. Ces lois d?avoir recours aux lignes et aux formes géométriques. Ombre et lumière. S?il existe des contestataires dans le milieu de la peinture mauricienne, il les respecte aussi. ?Je m?intéresse à toutes les formes de peinture, je n?ai rien contre ceux qui pratiquent d?autres genres. Il y a néanmoins trop de contestataires. Pour peindre, pour dessiner, il faut une certaine dose de sensibilité dans le sang.?
Cette sensibilité prend du temps et de l?effort. Selon le peintre, nous n?observons pas assez autour de nous. ?Nous sommes tellement concentrés sur nous-mêmes que nous oublions le monde alentour.? C?est peut-être cela qui a rapproché certains artistes de l?art abstrait.
Pour cette 25e édition du Salon de mai, Yves David a encore répondu présent. C?est un événement qui met en valeur de nouvelles idées, de nouvelles perceptions de l?art. Contemporaines certes. ?Maintenant, c?est au spectateur de deviner ce qui se cache derrière l??uvre !? L?abstrait a poussé lentement, mais il a finalement pris une large place.
Même si des anciens du Salon de mai, tels que Roger Charoux et Jocelyn Thomas, ont délaissé cette grande manifestation artistique, le beau est à venir. C?est à vous de voir s?il y a eu évolution ou révolution !
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