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Les poisons du Kremlin
Poison violent, métal lourd, matière radioactive ? Saura-t-on un jour pourquoi et comment Alexandre Litvinenko, transfuge des services russes de sécurité (FSB) installé à Londres, est mort, jeudi 23 novembre, dans un hôpital londonien, victime, selon toute vraisemblance, d?un empoisonnement ?
Scotland Yard, dont la section antiterroriste est chargée de l?enquête, évoque, le 20 novembre, un ?empoisonnement apparemment délibéré?. Les médecins qui se succèdent à son chevet parlent d?abord d?un empoisonnement au thallium radioactif, un poison violent dont 1 gramme suffit pour tuer, puis décèlent la présence dans son organisme de polonium 210, une substance radioactive plutôt rare.
Le général Kalouguine, aujourd?hui réfugié aux Etats-Unis, chef du contre-espionnage soviétique dans les années 1970, avait fourni aux services spéciaux bulgares le poison (du ricin) qui a causé la mort du dissident bulgare Gueorgui Markov en 1978.
Dans un livre publié en 2002, depuis son exil britannique (La Bande criminelle de la Loubianka, éditions Grani, New York), l?ex-agent Alexandre Litvinenko affirme que le FSB, héritier du KGB, a réactivé son ?laboratoire des poisons?. La mort subite, le 19 mars 2002, dans les montagnes de Tchétchénie, de l?islamiste jordanien Khattab, compagnon de djihad du terroriste tchétchène Chamil Bassaev, lui donne raison.
Depuis Londres, il fait de nouvelles révélations : le FSB russe est l?instigateur des attentats perpétrés en 1999 contre des immeubles d?habitation à Moscou et en province (300 morts), qui ont servi de prétexte au lancement de la seconde guerre russo-tchétchène.
Une véritable malédiction semble avoir poursuivi tous ceux qui se sont penchés sur les attentats de 1999. Quelques mois avant Iouri Chtchekotchikhine, son collègue le député libéral Sergueï Iouchenkov, 52 ans, membre de la même commission d?enquête, a été tué par balles devant son domicile moscovite.
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