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Les PME hésitent entre export et marché local

27 août 2008, 00:00

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Ce matin débute la foire des petites et moyennes entreprises (PME) au centre Swami Vivekananda, à Pailles. Cet événement, organisé par la Small Enterprise and Handicraft Development Authority a pour but de présenter aux Mauriciens le savoir-faire local. 185 entrepreneurs seront présents lors de cette foire qui se tiendra du 27 au 31 août. Des exposants Rodriguais sont également attendus.

Ce Salon devrait être un tremplin pour les exposants car ils cherchent tous à trouver une place sur leur marché respectif dans le but de faire des profits. Toutefois, les avis divergent sur l?avenir des PME. Les défis à relever ne sont pas du goût de tous les acteurs du secteur. Certains expliquent que la situation actuelle n?est pas propice à l?épanouissement des entreprises locales alors que les autres opinions sont plus mitigées.

Les problèmes des PME sont bien réels. C?est ce qu?explique Michel Moothoosamy, président de la Small and Medium Enterprises Federation (SMEF). «Le secteur manufacturier est saturé», affirme-t-il, car le marché local est restreint. La solution serait-elle l?export ? Les perspectives sont attirantes pour l?exportation vers les pays de la SADC, grâce à la zone de libre-échange. Le président de la Fédération des PME est d?avis que l?Afrique représente un énorme potentiel pour les entreprises mauriciennes. Toutefois, il n?est pas simple d?y entrer.

<B>«Accès aux finances limité»</B>

«Il y a un manque de moyen», continue Michel Moothoosamy. Pour lui, si les petites entreprises veulent s?attaquer au marché de l?exportation, il faudrait qu?elles s?arment davantage. L?accès aux finances est limité, estime le président de la SMEF. Car selon lui, il est primordial que l?Etat mette en place un environnement favorable au développement des PME vers les marchés étrangers. Pour exporter, il faut produire plus et mieux. Et pour cela, il est vital d?investir autant dans l?infrastructure que dans la technologie. Le financement est donc au c?ur des défis auxquels font face les PME, selon Michel Moothoosamy.

Ameena Sorefan, directrice de ACR Fashion, spécialiste dans la confection de vêtements pour dames et enfants, est une des exposantes au Salon des PME. Elle explique que les défis à relever sont pour beaucoup, d?ordre financier, et au niveau des employés. «Les gens préfèrent le travail de bureau», explique-t-elle. Alors que les gros entrepreneurs font appel à la main-d??uvre étrangère, les petits n?ont pas les mêmes moyens, affirme Amina Sorefan.

«La compétition est une bonne chose, mais il ne faut pas non plus saturer le marché», lâche-t-elle. La directrice de ACR Fashion explique que les importateurs font beaucoup de tort aux entreprises locales. Elle revient sur les foires de produits d?importations, qui ont lieux régulièrement. «Une fois qu?un client a acheté un produit, il ne dépensera pas son argent à nouveau dans le même mois», explique-t-elle.

«Pourquoi ne pas se tourner vers les îles ?» juge Amina Sorefan. Pour elle, il serait plus simple de s?améliorer sur les marchés de l?océan Indien que de tenter une percée sur le continent Africain. Elle propose que des foires soient organisées dans les pays de la région, avec l?aide des autorités locales, afin d?y promouvoir les entreprises et les produits mauriciens. Tous les entrepreneurs locaux ne sont toutefois pas du même avis.

<B>«De plus en plus dure»</B>

«C?est du dumping», affirme Abdool Rajac Coonjah, directeur de Coonjah Enterprise. Il parle là des importateurs, qui saturent le marché local en produits en provenance d?Asie. «Ils cassent les prix et offrent des produits de qualité inférieure», s?insurge-t-il. Depuis 1983 Abdool Rajac Coonjah est dans la confection de sous-vêtements et ses activités deviennent de plus en plus dure. Il considère que ce sont les importateurs qui font du tort à son business.

Sans être contre le marché d?importation, Abdool Rajac Coonjah explique qu?une meilleure réglementation est nécessaire afin d?assurer la survie des produits locaux. «Il faut trouver un équilibre», affirme-t-il. De plus, l?Etat devrait promouvoir d?avantage le made in Mauritius, selon lui. Par contre, il estime qu?exporter vers l?Afrique ne serait pas une bonne décision car les entreprises asiatiques ont déjà envahi le continent noir. Comment lutter contre les prix qu?elles proposent ? La bataille se jouera donc ici selon Abdool Rajac Coonjah. Quoi qu?il en soit, les produits locaux seront exposés à des jours difficiles.

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