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Les petits Etats insulaires face aux grands enjeux du climat
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Les petits Etats insulaires face aux grands enjeux du climat
C?est un fait. Les petits Etats insulaires en développement (PEID) émettent infiniment moins de gaz à effet de serre dans l?atmosphère que les pays développés. Pourtant, ils sont les premiers à payer pour la propension de leurs voisins industrialisés à polluer sans compter. La montée du niveau de la mer et les cyclones tropicaux de plus en plus intenses comptent parmi les phénomènes auxquels font déjà face certains PEID. Maurice ne pourra y échapper.
C?est pourquoi le ministre de l?Environnement, Anil Bachoo, a lancé hier un appel en faveur de l?élaboration d??études approfondies sur les impacts des changements climatiques sur les PEID sur les moyen et long termes?. C?était lors de la cérémonie d?ouverture de la 25e séance plénière du Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du climat (GIEC), au Centre de conférences de Pailles. Il a déploré que les PEID ne reçoivent qu?une ?attention marginale? au niveau international.
?Je crois comprendre que les impacts potentiels (des changements climatiques) sur les PEID ne sont pas bien connus en raison du manque d?information et de recherches scientifiques détaillées. Même si les habitants des PEID ont développé certaines stratégies d?adaptation et des mesures pour faire face au changement climatique et à la montée du niveau de la mer, dans beaucoup de ces pays l?environnement et les écosystèmes sont déjà proches de leur seuil de tolérance ou subissent un stress important lié au climat.?
Le moment et le lieu de son intervention étaient bien choisis. Le GIEC est la référence mondiale en matière de changements climatiques. Cette séance plénière est l?opportunité pour le GIEC de discuter de son programme et budget pour 2007-2009, ainsi que d?adopter des directives des inventaires nationaux des gaz à effet de serre, entre autres.
Priorité
Par ailleurs, son quatrième rapport d?évaluation est attendu en 2007. Ce qui implique un travail monumental. Car comme l?a rappelé Anil Bachoo,?les études du GIEC constituent la principale motivation derrière le processus des accords politiques sur ce sujet difficile des changements climatiques?.
Et c?est justement là que le problème se trouve. Le GIEC aura tellement de sujets à débattre que des études sur le sort des PEID ne seront probablement pas une priorité. Mais deux choses indiquent que l?espoir est encore permis. Premièrement, le fait que le GIEC ait tenu à organiser sa 25e séance plénière à Maurice. Deuxièmement, le discours de son président, le Dr Rajendra Pachauri, qui reconnaît la vulnérabilité extrême des PEID face à l?évolution du climat.
?Une évaluation de tous les aspects des changements climatiques a une pertinence particulière pour Maurice, pas seulement en raison des impacts de la montée du niveau de la mer mais aussi parce que l?agriculture est très importante pour l?économie de cette nation. Il serait important de comprendre la juxtaposition des impacts des changements climatiques avec d?autres changements socioéconomiques qui affectent cette région.? Le Dr Rajendra Pachauri a notamment évoqué ? la mondialisation, les changements dans les régimes commerciaux internationaux et des prix mondiaux ?.
Cette 25e séance plénière prend fin demain après-midi. Espérons qu les 215 délégués de 190 pays qui y ont assisté repartiront chez eux avec une motivation renouvelée pour s?attaquer à l?évolution du climat. Et peut-être même avec une pensée particulière pour les PEID qui sont les premiers à en souffrir.
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