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Les petites arnaques de la grande distribution
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Les petites arnaques de la grande distribution
■ Publicité mensongère?
Quelque part dans l?île, une grande surface et son rayon poissonnerie. De grandes pancartes attirent le regard : du capitaine tout frais à un prix imbattable. Les clients séduits se pressent devant le rayon. Le vendeur, lui, est fier de son étal. Du poisson frais ? Pas si sûr.
Pour Mosadeq Sahebdin de l?Institut pour la protection des consommateurs (IPC), la plupart des poissons vendus dans ces magasins ne peuvent être frais : « Lorsque les supermarchés achètent du poisson, il est congelé. Leurs fournisseurs vont les pêcher en haute mer pendant deux à trois mois. Donc une fois en rayon, il est impossible que ces poissons soient frais », s?indigne-t-il. Du côté des autorités sanitaires, on confirme ce fait : « Dans certains cas, il arrive que le poisson congelé soit passé à l?eau de mer pour lui donner un aspect ?frais?. Ça fonctionne et il devient très difficile de faire la différence entre un poisson frais et congelé », explique un officier.
Cette pratique a été dénoncée par l?IPC en décembre dernier dans un supermarché. « Le poisson exposé ce jour-là n?était visiblement pas frais. Apposer des pancartes signalant le contraire était inadmissible. » Si les pancartes ont été retirées face à la pression de l?IPC, la pratique serait toujours d?actualité. « Même sans l?affiche indiquant que le produit est frais, dans la tête du consommateur, il l?est car on l?a habitué à le croire », souligne Mosadeq Sahebdin.
Une méthode de vente intolérable pour son association qui souligne les risques sanitaires : « il s?agit de publicité mensongère et la santé des consommateurs est en jeu. » Interrogé sur la fraîcheur de son poisson, le responsable du rayon déclare, dans un premier temps d?un ton enjoué « qu?il est ce qu?il y a de plus frais ». Mais confronté à l?accusation de l?association de consommateurs, le ton change et il nous propose de le contacter sur son mobile. Nos appels resteront sans réponse.
■ Arnaque sur les promos?
Les pratiques jugées « anti-concurrentielles » par l?ICP pour inciter le consommateur à l?achat sont nombreuses. L?une d?entre elles est la mise en promotion de produits dont la date de péremption arrive à échéance. Une pratique légale, mais contestée lorsqu?elle s?applique aux produits frais.
« Le Food Act stipule que tant que la date d?expiration n?est pas dépassée, un produit peut être vendu », rappelle Nicolas Kan Wah, responsable des supermarchés London. « La date de péremption d?un produit est une mesure de sûreté, elle est définie bien avant la véritable date de fin. Mais il y a des produits sensibles, dans ce cas il faut respecter les dates. »
Ainsi, les choses se compliquent dans le cas des produits frais. C?est le cas pour la volaille et les laitages. Et ces derniers sont aussi soumis à cette pratique de vente. « J?ai travaillé pendant un an dans le rayon boucherie d?un supermarché connu du pays. Je me souviens que lorsque la date de péremption d?une viande était proche, on me demandait de la vendre à moitié prix. L?objectif étant de faire en sorte que le stock soit épuisé à la fermeture du magasin », raconte Fezal*.
Une viande, même de mauvaise qualité, est donc achetée par des clients.
« Lorsque le client voit 50 % de réduction sur un produit, il est tellement séduit que la qualité est loin d?être sa première préoccupation. Il achète. » Cette pratique peut être perçue comme un piège pour le consommateur qui ne fait pas attention.
Autre produit, même technique de vente. Un jour férié, dans un supermarché : des yaourts d?une célèbre marque française sont en promotion. Ces derniers affichent Rs 40 de moins que son prix normal. Si l?offre est alléchante, le produit l?est moins. En effet, les yaourts vendus par pots de huit devront être consommés dans les deux jours. La date de péremption faisant foi. « Si le client ne fait pas attention, il est très vite ?piégé?. Certains produits sont vendus à la limite du consommable, on joue avec la santé des gens », souligne un officier sanitaire.
Du côté du ministère de la Protection des consommateurs, on fait ressortir que le client doit assumer son choix lorsqu?il achète un produit. « Le commerçant a le droit de vendre, c?est au consommateur de prendre ses responsabilités et de s?assurer qu?il peut consommer le produit avant la date de péremption. » En d?autres termes, le client doit être plus attentif à ce qu?il achète, s?il veut éviter de mauvaises surprises.
■ Démarches possibles
Si l?ICP dénonce un manque de coordination des services sanitaires, ces derniers soulignent l?absence de plaintes formelles à ce sujet. En effet, le consommateur en possession d?un produit défectueux le ramène au magasin. Une fois sur place, il est pris en main par l?un des employés. S?ensuivent des excuses, un remboursement, et puis, ni vu ni connu.
Pour le bureau sanitaire, le consommateur ne doit pas hésiter à aller plus loin. « Le client mécontent ne doit pas hésiter à signaler le problème au bureau sanitaire le plus proche du magasin », précise un officier, « des analyses du produit seront effectuées dans notre laboratoire et les procédures suivront. » En effet, pour signaler la vente d?un produit défectueux ? alimentaire ou pas - il faut conserver le produit et le ticket de caisse. Puis rapporter l?affaire à l?autorité compétente, la Consumer?s Protection Unit.
Une démarche remise en question par l?ICP qui l?estime trop contraignante. Mais jusqu?à présent, c?est l?unique moyen de se battre contre les « géants » de la distribution.
<I>*Le prénom a été modifié.</I>
Quelques astuces pour ne pas se tromper
Comme l?indique le ministère de la Protection des consommateurs, le client doit prendre ses responsabilités lorsqu?il effectue ses achats. Voici ce que recommandent les autorités sanitaires.
■ Poisson
Pour reconnaître qu?un poisson est frais, il doit sembler vivant. « Il doit avoir une couche visqueuse et ses yeux doivent être brillants. Sachez que plus son ?il est enfoncé, moins il est frais », explique un officier sanitaire. A l?inverse, celui d?un poisson frais aura tendance à être gonflé.
■ Poulet
Lorsqu?un poulet a été décongelé, certains signes ne trompent pas. « Lorsqu?il s?agit de produit emballé, il reste des petits cristaux de glaçons rouges à l?intérieur de l?emballage. C?est le signe que le produit a déjà été décongelé », ajoute l?officier.
■ Rayons frais
Pour s?assurer de la fraîcheur d?un produit (laitier ou autre), les autorités sanitaires conseillent de vérifier la température des réfrigérateurs. « C?est simple, les produits au congélateur doivent être conservés à -20 °C. Concernant les produits au réfrigérateur, la température doit se situer entre 4 °C et 8 °C. »
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