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Les pays ACP se sentent abandonnés

13 juillet 2005, 20:00

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Les pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ne cessent de réclamer une réforme juste et équitable. Ceux qui exportent le sucre vers l?Union éuropéenne ont le sentiment d?être laissés à leur sort avec la baisse de 39 % du prix garanti du sucre, annoncée par la Commission européenne le 22 juin.

Intervenant hier, à l?audition du Parlement européen sur la réforme de l?organisation commune du marché du sucre, Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie et porte-parole des ACP, a exprimé les craintes et attentes des pays qui seront directement affectés par la baisse.

La réforme concerne aussi les fermiers européens. Ces derniers seront cependant compensés à hauteur de 60 %. Les territoires d?outre-mer producteurs, tel la Réunion, auront un support additionnel. ?Nous avons le sentiment d?être laissés pour compte et d?être traités de manière injuste?, a indiqué le ministre Boolell.

Les mesures d?accompagnement ne compensent pas la perte permanente des revenus. ?L?aide ne devrait pas remplacer le commerce. En effet, le commerce devrait être le moyen pour combattre et éradiquer la pauvreté. Si les réformes sont adoptées dans leur présente forme, nous craignons que les pauvres planteurs de la canne aient le même destin que des producteurs de café, cacao et autres produits agricoles?, a fait ressortir le ministre.

Arvin Boolell a insisté sur le fait que toute baisse de prix devrait se limiter à un quantum permettant à l?UE de respecter ses obligations envers l?OMC. Il a rappelé aux députés une résolution du Parlement européen du 10 mars, qui va dans ce sens. Il leur a aussi demandé de désigner le sucre comme produit sensible.

Le ministre a remis la baisse dans le contexte du Protocole Sucre. En 1975, les ACP ont accepté d?exporter à un prix trois fois inférieur au cours mondial. Affirmer que l?UE paie le triple du prix du marché mondial ne tient pas la route, a-t-il ajouté. Car ce marché accommode les excédents des gros producteurs.

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