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Les partisans de Aristide regagnent du terrain

11 février 2004, 20:00

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LES milices pro-gouvernementales haïtiennes ont violemment contre-attaqué les rebelles opposés au président Jean-Bertrand Aristide tandis que les autorités affirmaient avoir repris le contrôle d?au moins deux importantes villes tombées ce week end. Les informations diffusées par les radios locales ne permettaient toutefois pas de déterminer clairement les positions exactes des différentes forces en présence, six jours après un soulèvement qui constitue l?une des pires crises pour Aristide, au pouvoir depuis 1994.

Depuis la semaine dernière, au moins trente personnes ont trouvé la mort. Les radios font en revanche état d?un bilan bien plus élevé.

La police a repris le contrôle de Saint-Marc, ville portuaire située à 105 km au nord de Port-au-Prince, et de Grand Goave, agglomération du sud-ouest du pays qui avait été abandonnée pendant le week end par les forces de sécurité avant que la ville ne se déclare contre le gouvernement.

Rien ne permettait de confirmer les informations de la radio selon lesquelles la police aurait quitté Saint-Marc et confié son contrôle à une milice pro-gouvernementale.

La police a subi de lourdes pertes entre jeudi et samedi, notamment dans des affrontements avec les rebelles aux Gonaïves, la quatrième agglomération du pays, où avait été proclamée en 1804 l?indépendance de Haïti, ancienne colonie française.

L?opposition politique haïtienne semble également faire les frais de la contre-attaque de milices pro-gouvernementales.

Selon Radio Métropole, un média indépendant, deux dirigeants de l?opposition ont été tués et douze maisons ont été incendiées à Dondon, une ville du nord du pays qui avait brièvement été prise par les rebelles lundi.

Dans la deuxième ville haïtienne, Cap-Haïtien, un restaurant et deux banques ont été incendiés quand une milice pro-gouvernementale a attaqué un quartier de l?opposition. Plusieurs personnes ont été blessées.

Par ailleurs, selon la Coalition nationale pour les droits des Haïtiens, au moins cinq membres de l?opposition ont été lynchés ou exécutés dans le bidonville de la Cité Soleil, situé dans la capitale.

Yvon Neptune, Premier ministre haïtien, a affirmé de son côté que les 5 000 policiers ne suffiraient pas à restaurer l?ordre, appelant à la mobilisation de la population.

Haïti ne possède aucune armée. Elle a été démantelée après qu?Aristide eut été réinstallé au pouvoir avec l?aide des Etats-Unis. Le président avait été renversé trois ans plus tôt par un coup d?Etat militaire, quelques mois après son investiture.

?La mission des forces de police n?est pas de partir en guerre ou de déclencher une guerre. Nous ne prétendons pas que les forces de police ont la capacité de gérer seules un groupe de terroristes qui ont des armes lourdes et sophistiquées?, a déclaré Neptune.

?Ce que nous savons, c?est que grâce à l?aide de la population, qui est contre le terrorisme, grâce à l?aide des forces de police nationale et du gouvernement, nous trouverons un moyen de nous débarasser des terroristes?, a-t-il ajouté.

Autrefois très populaire, Aristide est aujourd?hui confronté à une très vive opposition liée notamment à des accusations de fraude. L?insurrection de jeudi aux Gonaïves, menées par une milice jadis fidèle au président, semble le couronnement d?un processus de plusieurs mois de manifestations et d?affrontements entre partisans et opposants de l?ancien prêtre.

Michael Christie

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