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Les partisans d?Aristide ne s?avouent pas vaincus

7 mars 2004, 20:00

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?NOUS INCENDIERONS le palais avec les Américains dedans?, menaçait Jean Enzo, habitant d?un bidonville dont Aristide était le curé il y a vingt ans, et où, par des prêches enflammés dénonçant la dictature Duvalier, il a recruté ses premiers partisans. Six jours après le départ en exil du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, ses partisans ne s?avouaient pas vaincus, samedi, tandis qu?un ?conseil des sages? se préparait à choisir un nouveau Premier ministre.

Une grande manifestation organisée, vendredi, a montré que cette population défavorisée n?était pas prête à renoncer à son président élu, poussé au départ sous la pression d?une sanglante révolte, qui a fait plus de 200 morts.

Aristide, réfugié en République centrafricaine, a accusé les Etats-Unis de l?avoir enlevé, ce qu?a démenti Washington. Les partisans d?Aristide ont prédit des manifestations quotidiennes pour le soutenir. ?S?ils ne ramènent pas le président, il y aura beaucoup de sang?, prédit Jean Gustave, à proximité des ruines de l?ancienne paroisse d?Aristide.

Le conseil des ?sages? désigné vendredi pour choisir un nouveau gouvernement ne comporte qu?un membre du mouvement Lavalas, la formation d?Aristide. Il compte quatre personnalités de l?opposition et deux représentants d?églises.

Effectifs militaires renforcés

De leur côté, les forces américaines se sont déployées dans des territoires aux mains des rebelles, notamment aux Gonaïves, où la rébellion a éclaté le 5 février, et à Cap-Haïtien, deuxième ville du pays. La force multinationale approuvée par l?Onu pour rétablir l?ordre comporte des militaires américains, français, chiliens et canadiens. Ses effectifs actuels sont de 2 000 hommes mais ils devraient être portés à 5 000 environ.

Des militaires américains et français ainsi que la police nationale sont déployés dans les rues de Port-au-Prince où la tension est quelque peu retombée après les pillages et les tirs après le départ d?Aristide.

Mais le Programme alimentaire mondial n?en souligne pas moins que les routes sont encore trop dangereuses pour faire circuler des convois de vivres alors que la population se tourne vers les dispensaires pour trouver de quoi manger.

De son côté, l?Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a fait savoir que le système de santé haïtien est sorti complètement désorganisé de la période insurrectionnelle. ?Depuis le début de la crise, l?hôpital universitaire est fermé. Son personnel n?est pas retourné travailler car il n?est pas payé.?

Dans le cadre d?un accord d?assistance signé entre La Havane et le gouvernement d?Aristide, quelque 500 médecins cubains ont été envoyés en Haïti, où ils sont restés malgré les violences.

Plusieurs pays ont fait des dons d?argent ou d?équipement au système de santé haïtien.

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