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Les ONG s?éclipsent

3 septembre 2007, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Le sens de responsabilité sociale disparaît. Il n?y a presque plus d?associations citoyennes qui cherchent à intervenir sur le fonctionnement de la société. Les rares ONG qui oeuvrent encore pour une bonne cause dépendent essentiellement des fonds de l?Etat pour leur survie. Ce qui réduit d?autant leur indépendance.

Deux faits marquants de l?actualité témoignent des changements qui affectent le mouvement associatif. Dans les deux cas, il y a eu une absence d?engagement citoyen alors que l?enjeu concerne des thèmes autrefois mobilisateurs.

D?abord, il y a l?ahurissante affaire qui a mené à l?arrestation et la détention arbitraire d?un architecte à Curepipe. Cette sordide affaire aurait pu arriver à n?importe quel citoyen. Pourtant, aucune association éprise de justice, de démocratie, de liberté et du respect des droits de l?homme n?a élevé la voix.

L?histoire remonte à 1987. Les autorités municipales décident de rénover l?hôtel de ville. L?architecte Marc Daruty de Grandpré est choisi pour diriger les opérations. A la fin des travaux en 1994, la mairie note qu?une tapisserie avait disparu. Une déposition est faite à la police. Celle-ci procède à de nombreux interrogatoires mais sans aucun résultat. Dix ans après, le conseil municipal rouvre l?enquête. Un témoin déclare qu?il avait vu la tapisserie dans un coin du bureau de l?architecte. C?est sur la base de cette dénonciation, faite en 2004, que l?architecte est arrêté la semaine dernière et détenu en cellule policière. Aucune vérification préalable n?est faite par la police avant qu?il ne soit inculpé.

Personne ne peut préjuger de l?issue de l?enquête, ni du verdict de la Cour, le cas échéant. Mais des actions du genre de celle qui a été menée contre l?architecte sont une menace pour la démocratie. Ce sont précisément des démarches intempestives de cette nature qui finissent par des arrestations arbitraires sous des prétextes complètement fallacieux. Or, les défenseurs des droits de l?homme restent silencieux. Tout comme ils l?ont été quand un homme est mort en détention en janvier 2006.

Ensuite, il y a eu le scandale de l?îlot Gabriel. Monsieur Jayraj Woochit a obtenu un bail pour l?utilisation de cet îlot. Il propose la restauration et l?animation contre un droit d?accès de Rs 400. Notre journaliste Aline Groëme-Harmon qui vient de visiter ce bijou du patrimoine rapporte que la plage est ?débarrassée des herbes hautes où nichaient les pailles-en-queue? et que ?des plantes endémiques, baume de l?île Plate et bois matelot ont été arrachées par des mains ignorantes de leur valeur?. Les écolos, si bruyants quand des vacoas de la Vallée de Ferney étaient menacés, ne réagissent pas.

Parallèlement au déclin de la dynamique associative, on assiste à la régénération des mouvements qui se veulent la voix de tel ou tel groupe. Pour cause. Ceux-là ne défendent pas des causes, mais des intérêts.

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