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?Les ONG manquent de moyens?
● Quelle est votre appréciation de la vie associative à Maurice ?
Par rapport à d?autres îles de la région et à partir des contacts que j?ai eus avec les ONG mauriciennes, je note que l?action sociale est assez développée. Par exemple, au niveau de l?éducation non formelle, il y a un réel effort pour pallier les insuffisances des politiques gouvernementales. Dans d?autres secteurs également, il y a une conscience de l?action sociale poussée. Ainsi, je constate que même si la maladie du lupus n?est pas très connue, il existe pourtant chez vous une association traitant de la question. Cela dit, il faut reconnaître que les ONG manquent de moyens pour être plus efficaces en matière de gestion, de communication et de service. Elles expriment nettement ce besoin d?être accompagnées et soutenues afin qu?elles puissent s?améliorer.
● De quelle manière FEP océan Indien répond à ces besoins ?
Si l?intervention des experts coïncident avec les attentes des ONG, il y a déjà un début de solution. Ce n?est pas nous qui proposons les solutions. D?où l?accent qu?on met pour que l?exercice d?expertise soit participatif. Jusqu?ici, la plupart des experts ont fait des recommandations réalisables et ont évité d?avoir recours à des idées existantes. Ils font l?effort d?écouter les ONG et d?adopter les recommandations à leur réalité. Nous insistons pour que tout le travail permette de développer un esprit d?équipe et de dégager la vision d?un collectif.
● La professionnalisation des ONG est un impératif. Avez-vous remarqué une avancée en ce sens au niveaude l?océan Indien ?
Cela ne se fait pas du jour au lendemain mais progressivement. C?est la raison pour laquelle nous invitons les associations à faire une demande pour une deuxième expertise. C?est un processus à long terme. Mais il faut aussi se demander ce que cela implique d?être professionnel dans le milieu associatif. Au niveau de la région, on relève que les situations diffèrent selon le pays. Maurice a ainsi une histoire associative plus développée que Madagascar. Peut-être cela est-il dû à la culture anglo-saxonne des Mauriciens.
● Peut-on envisager une action sociale commune à la région ?
On essaie de prendre des initiatives communes. Le FEP-OI fonctionne comme un centre de ressources visant, entre autres, à mettre les efforts de tout le monde en commun. Nous mettons déjà en relation les associations travaillant dans le même secteur. J?encourage fortement les associations à recourir au canal FEP-OI pour cela. Le fait que des compétences de toutes les îles siègent sur le Conseil d?administration permet aussi de dégager des orientations croisées. Le parrainage soutenu de la Fondation de France témoigne de notre pertinence comparativement à des FEP d?autres parties du monde.
● La société moderne est en pleine mutation. Comment dans ce contexte conjuguer intérêts économiques et intérêts sociaux ?
On interpelle déjà les pouvoirs publics sur les problèmes sociaux. Il s?agit de réajuster les politiques pour une meilleure répartition des richesses. Et aussi pour que le fossé entre les plus riches et les plus pauvres soit comblé. FEP-OI a un rôle à jouer à cet effet. Car ce sont de telles associations qui militent pour un développement équilibré au sein des économies émergentes. Il faut savoir s?ajuster pour éviter des ruptures et des injustices sociales.
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