Publicité

Les oiseaux migrateurs peuvent être porteurs sains du H5N1

8 février 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

D?où vient la rapide expansion de l?épizootie de grippe aviaire due au virus A (H5N1) ? Une controverse oppose les tenants du rôle possible des oiseaux migrateurs et plusieurs spécialistes d?ornithologie.

Ces derniers font valoir qu?on n?a jamais retrouvé de virus A (H5N1) sur des oiseaux migrateurs sains et que, si ces derniers étaient infectés par cet agent hautement pathogène, ils n?auraient pu le transporter à des milliers de kilomètres.

Le temps de la polémique est peut-être terminé aujourd?hui grâce aux résultats que publie une équipe internationale de 28 chercheurs dans les Comptes rendus de l?académie des sciences américaine (PNAS) mardi. Dirigés par Yi Guan (université de Hongkong) et Robert Webster (Saint Jude Children?s Research Hospital, Memphis), ces chercheurs ont mené, de 2002 à 2005, une vaste enquête de virologie sur différents sites asiatiques fréquentés par les oiseaux migrateurs et prélevé 13 115 échantillons biologiques.

Ils ont ainsi pu isoler 44 souches de virus de type A et de différents sous-types. Parmi ces souches, seules 6 correspondaient au virus A (H5N1), hautement pathogène. Elles ont été identifiées sur le site du lac Poyang, chez des canards sauvages... apparemment sains.

Par ailleurs, d?autres données montrent que la circulation des virus grippaux aviaires est notablement plus importante dans les populations de volailles domestiques.

Les recherches menées sur ce thème en Chine dans le cadre de la préparation à la lutte contre une éventuelle épidémie ont permis de retrouver un taux de 1 % de présence du A (H5N1) et de 5 % d?autres types viraux dans un groupe de plus de 5 000 volailles apparemment saines, sur différents marchés du sud de la Chine.

Les chercheurs ont ensuite procédé à des examens de virologie moléculaires sur un ensemble de 69 souches virales aviaires isolées depuis janvier 2004 et 59 autres isolées entre août 2003 et mai 2005 en Indonésie, en Malaisie et au Vietnam. Ils ont ainsi pu retracer l?évolution des mutations génétiques virales dans le temps et l?espace.

<B>Un impact peu important</B>

Ces biologistes ont aussi procédé à des épreuves infectantes en administrant à des canards domestiques la souche virale identifiée sur des canards migrateurs. Ils ont ensuite observé que, quoique hautement pathogène, cette souche pouvait souvent ne pas entraîner de signes infectieux pendant une semaine ou plus, alors même que les oiseaux excrétaient du virus dès le 3e jour après l?administration de ce dernier.

Cet ensemble de résultats prouve que les oiseaux migrateurs peuvent effectivement être les vecteurs naturels du virus sur de longues distances.

Pour autant, leur impact ne serait que peu important si l?infection ne pouvait brutalement s?amplifier via le transport, sur les marchés, des oiseaux domestiques vivants et en raison du non-respect des règles sanitaires qui s?attachent à ces activités.

<B>Jean-Yves Nau

© 2006 Le monde news service distribué par

the new york times syndicate</B>

NOUVEAU CAS

<B>La Chine signale un foyer de grippe aviaire dans le Nord</B>

■ La Chine a fait état hier d?un nouveau foyer de grippe aviaire dans un élevage de poulets du Shanxi, dans le Nord du pays, mais le ministère de l?Agriculture a assuré que l?épidémie y était circonscrite. Au 3 février, quelque 15 000 poulets issus de cette ferme de Yijing, communauté appartenant à la municipalité de Yangquan, étaient morts, et mardi les autorités ont confirmé qu?ils avaient contracté la souche H5N1 du virus, fortement pathogène. Des experts du ministère de l?Agriculture ont été envoyés à Yijing, où plus de 187 000 poulets ont été abattus, et l?épidémie y a été circonscrite,ont annoncé les autorités.

Publicité