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?Les normes IAS 39 bouleverseront la présentation des bilans financiers?
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?Les normes IAS 39 bouleverseront la présentation des bilans financiers?
Vous venez d?animer un atelier de formation à Maurice sur les IAS 32 et 39. Quel en était le but ?
Nous voulons réunir les banques et les instances de régulation pour discuter l?importance et l?implication des normes IAS 32 et 39 en termes de système de comptabilité et de régulation. Pendant deux jours, nous avons discuté la théorie et la pratique des IAS 32 et 39. (International Accounting Standards)
Pourquoi y a-t-il autant de résistance à l?application des IAS 39?
Maurice a déjà adopté les IAS 39. Toutefois, il y a du retard dans leur application. Les banques voulaient s?enquérir davantage des implications qui allaient suivre la mise en pratique des nouvelles règles. Les craintes des banquiers sont justifiées. Ceux-ci découvrent que l?application des IAS 39 est très difficile. Les banques réalisent que cela a des effets considérables sur leur système de financial reporting. Il y a aussi un impact considérable sur le cadre régulateur de la Banque centrale.
Quel aura été le feed-back des cadres qui participaient à l?atelier ?
La réaction des banquiers a été très positive. Ils sont conscients qu?ils ont encore beaucoup de chemin à faire. Les IAS ne concernent pas seulement les institutions bancaires. Elles touchent à toutes les entités qui traitent avec des instruments financiers, dont les plus communs sont les postes créditeurs et débiteurs. Il existe aussi des instruments plus complexes tels les produits dérivés (derivatives) et autres couvertures de risques.
Les IAS exigent que ces instruments soient affichés dans les comptes à leur valeur de marché (market or fair value ) et non à leur coût historique comme c?est souvent le cas de nos jours.
Quelles en sont les implications pratiques ?
Comptabiliser les instruments à leur fair value comporte des changements très significatifs dans les résultats financiers des entités concernées. Sont principalement touchées la manière dont les avances sont chiffrées et la manière dont les provisions pour bad debts sont calculées. Les méthodologies sont fondamentalement différentes. Selon l?IAS 39, les intérêts perçus sur les impaired loans devront être considérés. La liquidation des biens offerts en collatéral contre les dettes non réglées devra être prise en compte afin de déterminer le niveau des intérêts déjà remboursés.
Il sera désormais très difficile de comparer deux banques. Deux institutions identiques sous tous les rapports mais qui évoluent avec des fins d?année financière différentes, présenteront des bilans distincts. En effet, leurs instruments financiers seront évalués à la valeur du marché qui est en constante fluctuation.
Sont également concernés, les produits financiers dérivés. Les derivatives les plus utilisés à Maurice sont les contrats forex et les interests swaps; les créditeurs; les actions, les bons du Trésor, les obligations, et autres promisory notes. L?IAS influencera aussi les transactions financières structurées, la sécurisation et le factoring.
L?absence des marchés secondaires pour certains produits, dont les ?derivatives?, ne pose-t-elle pas problème pour déterminer la valeur marchande des instruments ?
Dans les pays en développement comme Maurice, il est très difficile de calculer la valeur de marché des instruments car il n?y existe pas de marchés liquides pour ces produits. L?existence de marchés secondaires actifs permet une évaluation des items en question.
Plusieurs méthodes sont utilisées pour évaluer les titres qui ne sont pas cotés sur le marché boursier. Parmi les plus courantes : le price earning ratio, le discounted cash flow, le free cash flow ou encore le Net Asset Value.
La détermination de la valeur de marché des instruments financiers reste un domaine très très complexe.
Comment les banques s?y prendront-elles pour appliquer convenablement ces nouvelles normes?
Les banques doivent déjà plancher sur la mise en ?uvre de ces nouvelles dispositions. Très bientôt, elles devront présenter leurs bilans selon l?IAS 39. Cela exige un long travail de planification.
Ce processus ne doit pas compromettre la stabilité du secteur bancaire. Il faudra une bonne coordination entre les diverses institutions, les régulateurs, les services de comptabilité et le Bureau de l?Impôt. En Afrique du Sud, cette collaboration a donné des résultats probants.
L?IAS implique de nombreux changements sans précédent dans le secteur bancaire. Les transformations préconisées par l?IAS 39 sont tellement importantes qu?il y a eu un départ controversable.
Alors pourquoi appliquer ces règles si elles sont aussi compliquées ?
L?esprit de l?IAS 39 est extrêmement positif. Son but est de promouvoir la transparence : tous les instruments financiers seront affichés sur le balance sheet.
Avant l?adoption de ces normes, il y avait peu de critères pour tenir compte des couvertures des risques dans les bilans financiers. Avec ces nouvelles dispositions, on distinguera entre les derivatives utilisés à des fins de gestion de risques et les autres utilisés à des fins de spéculation.
Par ailleurs, l?IAS décrit clairement quel item il faudra traiter selon la valeur de marché et quel autre devra être affiché au coût historique. Les objectifs de l?IAS sont très nobles mêle si son implémentation est complexe.
Quels sont les principaux points communs entre l?IAS 39 et les recommandations de Basle II ?
Les deux influencent dans une grande mesure la gestion des risques financiers. Les informations recherchées pour déterminer l?adhésion à l?IAS 39 et aux normes de Basle II (sur les principes de supervision bancaire) sont similaires. L?utilisation de cette information est toutefois différente.
Ainsi, le montant des regulatory reserves dans les banques selon Basle II est calculé à partir d?une estimation des pertes sur douze mois. Cela pour s?assurer que la banque dispose suffisamment de capitaux pour faire face à des pertes potentielles dans un proche avenir. L?IAS 389, par contre, considère les pertes déjà encourues. En d?autres mots, Basle II prévoit les pertes futures alors que IAS 39 requiert une évaluation des pertes courantes.
Toutes deux établissent des prévisions de cash-flow dans le temps.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
?Avec ces nouvelles dispositions de l?International Accounting Standards 39, applicables aux institutions finanicères, on distinguera sur les bilans financiers entre les produits dérivés utilisés à des fins de gestion de risques et les autres utilisés à des fins de spéculation.?
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