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Les multiples facettes du mobile japonais
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Les multiples facettes du mobile japonais
Takeshi Natsuno, directeur de la stratégie i-mode de NTT DoCoMo, s?est donné entre autres objectifs de mettre le portefeuille du «salariman» japonais dans son téléphone mobile. C?est certes moins ambitieux que de vouloir y loger le sac à main des Japonaises, mais cela fait tout de même entrer le téléphone portable dans une nouvelle ère. D?outil de communication interpersonnel vocal, le mobile était déjà devenu, depuis 1999, un accessoire d?échanges écrits (e-mails), d?accès à l?information ainsi qu?un nouveau mode de divertissement grâce à l?i-mode (plus de 42 millions d?abonnés actifs au Japon, et plus de 2 millions à l?étranger dont 600 000 en France). «A partir de maintenant, nous allons franchir une nouvelle étape, faisant du téléphone portable un objet encore plus essentiel à la vie de tous les jours pour fidéliser nos clients et inciter ceux qui n?ont pas encore de mobiles à s?en doter», se réjouit Takeshi Natsuno. Un objectif que rend possible l?intégration dans le portable d?une carte à puce sans contact basée, dans ce cas, sur la technologie Felica de Sony.
Toutes les applications des cartes à puce sans contact (porte-monnaie électronique, carte de transport, badge d?identification d?entreprise, billet électronique de spectacle...) vont pouvoir être effectuées progressivement, à partir de cet été, au Japon avec un téléphone mobile. Cette puce sans contact fonctionnera avec un minilogiciel Java spécifique pour chaque fonction. Ainsi, après avoir téléchargé l?application Edy de porte-monnaie électronique et alimenté ce dernier en argent sur une borne dédiée ou en ligne via i-mode, il suffira dès cet été, d?approcher le mobile des caisses enregistreuses pour payer un achat, dans quelque 9 000 boutiques (supérettes Sunkus et AM/PM, McDonald?s, cafés Pronto...) ou à un distributeur de boissons équipé d?un lecteur.
«Simple, rapide, anonyme, sûr et hygiénique», résume le directeur de Bitwallet, société gérante du porte-monnaie électronique Edy.
Les billets de spectacles achetés auprès de la société Pia pourront être téléchargés dans la carte sans contact du mobile ; celui-ci servira alors de badge d?accès à l?entrée. De même, il sera possible de jouer sur les bornes des salles de jeu Sega, équipées de lecteurs Edy et de cumuler des points en payant avec le mobile, ou bien encore de récupérer sa carte d?embarquement pour un vol international All Nippon Airways sur des machines automatiques après avoir acheté, en ligne bien entendu, un billet électronique et téléchargé ce dernier dans le mobile.
A partir de l?automne 2005, il suffira de passer le mobile au-dessus du lecteur Suica des portiques des quelque 500 gares de Tokyo et Sendai déjà équipées (la carte en plastique Suica, équivalent du système Navigo français, compte déjà plus de 8 millions de porteurs) pour accéder aux quais. Pas moins de 39 sociétés ont annoncé, au moment de la commercialisation - en juillet ou d?ici à un an - des premiers mobiles équipés, le lancement de services utilisant la carte sans contact Mobile Felica.
Contrairement à la carte en plastique, le portable, doté d?un écran et d?un accès au réseau Internet, offre de nombreux avantages aux utilisateurs. Le rechargement du porte-monnaie peut être effectué à tout moment. De même pour la vérification du montant disponible sur la carte (pour Edy ou Suica), l?historique des dernières transactions ou le nombre de points cumulés sur une carte de fidélité.
Quant aux fournisseurs de services qui se réjouissent déjà de se donner une image avant-gardiste, ils économiseront l?émission de cartes en plastique, éviteront les erreurs de transaction, gagneront du temps au moment des paiements et pourront offrir un service plus personnalisé à leurs clients.
Karyn POUPÉE
© Le Monde 2004 distribué par The N.Y. Times Syndicate
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