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Les moeurs font fi du sida
La panique a cédé la place à la complaisance mais le sida reste un virus tueur. Les jeunes Mauriciens semblent l?avoir oublié et baissent la garde. Ils se protègent de moins en moins lors des relations sexuelles. C?est ce que révèle une étude réalisée par la National Agency for the Treatment of Substance Abusers. Consacré à la drogue, ce rapport livre aussi les secrets de la sexualité des jeunes.
Presque un étudiant du secondaire sur cinq a déjà eu des rapports sexuels. Ils sont loin d?être adeptes de la protection : 87 % n?en utilisent pas. La situation n?est guère plus reluisante au niveau tertiaire : un tiers des étudiants a déjà eu des rapports sexuels et seuls 16,7 % d?entre eux se protègent.
Le constat est d?autant plus alarmant que les jeunes fréquentent assidûment les prostituées. Cent filles de joie interrogées à Grand-Baie, Sainte-Croix, Cité La Cure et au jardin de la Compagnie (Port-Louis) avouent que les jeunes constituent une grande part de leur clientèle. Toutefois, peu d?entre eux insistent sur l?utilisation de protection lors des rapports sexuels.
Les filles de joie affirment qu?elles ne se protègent que très rarement contre les maladies sexuellement transmissibles. Qu?il soit jeune ou businessman, le client insiste souvent pour des rapports non protégés. C?est ainsi que seul un tiers des prostituées utilise régulièrement une protection.
Malgré la nature de leur travail, deux-tiers des prostituées ont un partenaire régulier.
Toutefois, seules quatre femmes sur cinq se protègent lors de relations sexuelles avec leur partenaire régulier.
UNE DOUZAINE DE CLIENTS PAR JOUR
Le commerce de la chair est en nette croissance à Maurice. L?étude de la Natresa révèle qu?il existe 6 400 prostitués à Maurice. Ces hommes et femmes pratiquent le plus vieux métier du monde dans la rue mais aussi dans des maisons closes, qui poussent comme des champignons sur le littoral (notamment à Grand Baie) et dans les faubourgs de Port-Louis.
Deux-tiers d?entre eux exercent dans ces maisons closes, qui sont souvent des résidences à quatre pièces. Chaque établissement propose au client un choix de quinze prostitués et reçoit en moyenne une douzaine de clients par jour. Les tenanciers emploient essentiellement des Mauriciennes mais aussi des Malgaches et certaines ouvrières chinoises. Le rapport note aussi que des mineurs sont également proposés aux clients mais il ne peut chiffrer le problème.
Deux prostitués sur cinq exercent depuis deux à cinq ans. Seuls 15 % d?entre eux sont dans ce commerce depuis plus de 20 ans. La majorité des prostitués travaille entre six et sept jours sur sept mais traitent moins de dix clients par semaine. Un quart d?entre eux affirme pratiquer la sodomie.
INDIFFÉRENTS AU DANGER
Les prostitués qui exercent dans la rue le font par pauvreté ou par besoin d?argent pour une dose de drogue. Cependant, une bonne partie de celles opérant dans les bordels sont des ménagères désirant arrondir leurs fins de mois ou des jeunes femmes qui le font par plaisir et pour de l?argent.
L?étude de la Natresa souligne que les Mauriciens sont conscients du danger qu?est le sida et savent fort bien comment le virus est transmis.
Toutefois, ils ne semblent pas s?en soucier quand ils ont des relations sexuelles. Bien des choses ont changé depuis 1987 quand le premier cas de sida fut dépisté. A juillet 2003, il y avait 524 séropositifs à Maurice, mais étant donné la réticence des Mauriciens à se protéger lors des rapports sexuels, tout indique que le chiffre continuera à grimper.
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