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Les messages forts de Pierpoljak

14 août 2005, 20:00

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?Je suis fier d?être ici pour soutenir les efforts des frères?? Pierpoljak a le sens de la fraternité. Samedi soir, au stade Maryse Justin, il a agrémenté sa présence scénique et son tour de chant de quelques slogans forts destinés aux Rastamen, aux habitants des ghettos, aux jeunes et au peuple de Maurice? Des messages plutôt radicaux vantant les ?bienfaits? de l?herbe, dénonçant la brutalité policière et surtout honorant la mémoire de Kaya, chanteur mort en prison.

Mais en filigrane de ces paroles qui pouvaient choquer, il fallait surtout discerner une certaine revendication contre la violence, l?injustice et l?intolérance. Bref, un appel à la prise de conscience. ?Cultivateurs, réveillez-vous !? Pierpoljak n?a pas hésité, à plusieurs reprises, à ouvrir un véritable dialogue avec le public. Il a été relayé par Daddy Mory, aussi direct et incisif que son compère. Avec quelques décibels de plus dans la voix, un tempo d?enfer? et un bain de foule.

Lors du concert Reggae donn sa, les deux chanteurs français ont également gratifié le public de quelques-uns de leurs meilleurs morceaux. Maman, Dépareillé, Réveillez-vous, pour Pierpoljak. J?entends parler du sida, Dancehall time pour Daddy Mory.

Avant le concert et durant leur court séjour à Maurice, Pierpoljak et Daddy Mory ont accompagné leurs nouveaux amis mauriciens un peu partout à travers l?île. Ou, plus précisément, dans des lieux choisis, entre musique et détente, les rencontres ont été fructueuses. Jusqu?à la touche finale, après le concert, dans une boîte de nuit de Port-Louis, pour un ultime sound system.

Si Daddy Mory en est à sa première visite et qu?il avoue être sous le charme, la rencontre de Pierpoljak avec Maurice ne date pas d?hier. Le rastaman français était venu en dilettante, il y a quelques années. Mais c?est cette année que le déclic s?est produit. ?Après le concert donné par Alpha Blondy, un de ses musiciens m?a appelé pour me parler de Bruno Raya et des frères. Au début, je ne savais pas trop, mais finalement, je suis à la fois content et fier d?être là?.

Pierpoljak a l?esprit de famille, celui qui unit musiciens et organisateurs de spectacles. Il ne passe pas par quatre chemins pour vanter les qualités d?organisateurs de Live N Direk Entertainment. ?Il y a une bonne organisation, très sérieuse. Dans quelques années, ils seront incontournables?, prédit le chanteur français. Et on veut bien le croire, puisqu?il a désormais une solide expérience de la scène internationale, mais surtout de la Jamaïque, sa ?maison?.

?Apporter du positif dans la vie des gens?

Qu?est ce qu?un Français blanc de Paris est allé faire au pays de Bob Marley ? ?C?est le reggae qui m?a choisi?, lance-t-il. Après une tournée aux Antilles, Pierpoljak a débarqué à Kingston, il y a une dizaine d?années. Au début, il ne parlait pas anglais. Aujourd?hui, il s?exprime couramment en jamaïcain. La rythmique, il l?a au fond des tripes. Il a réalisé ses quatre albums en Jamaïque. Il y a surtout rencontré ses idoles, des reggaemen légendaires, avec lesquels il a joué et chanté.

Mais Pierpoljak se défend d?être essentiellement un chanteur à message. ?Je ne suis ni un prophète, ni un donneur de leçons. Après moi, les chansons ne m?appartiennent plus?, reconnaît-il avec humilité. Mais il ne peut s?empêcher de se réjouir de l?impact de certaines paroles sur la vie des gens. Comme dans le cas de l?une des ses chansons fétiches, Maman. ?Il y a des gens qui m?ont dit que ma musique les avait aidés dans leur vie. Eh bien, c?est ça mon but, apporter du positif dans la vie des gens?,

Et à Maurice, Pierpoljak a retrouvé des airs de Jamaïque. Les paysages, les routes. Il y a bien quelques différences dans le mode de vie mais globalement les deux îles ont des airs de famille. ?Mais il est important qu?il y ait une différence. L?identité, c?est quelque chose qu?il faut travailler?, insiste le chanteur.

Son cinquième album est en préparation. Il sera enregistré en Jamaïque, entre Tuff Gong et Big Yard, les studios légendaires de Kingston, mais aussi en France. Elephant Man et Tikken Jah Fakoli, d?autres reggaemen, y figureront. Pierpoljak parle avec enthousiasme de l?enregistrement de chansons qui aura lieu dans une prison jamaïcaine. Un projet qui sera mis à exécution en septembre, une expérience dont il ne sait pas encore ce qui en sortira. Mais le rasta blanc en a vu d?autres, lui qui a déjà fait un séjour à Fleury-Mérogis, la prison de haute sécurité française?

Père de quatre enfants dont un fils de 18 ans, Bogin Taya qui l?a accompagné sur scène. Il laisse son fils mener sa barque, seul sur scène. ?Je ne suis pas du genre à forcer mes enfants à se mettre au tennis depuis l?âge de quatre ans.?

Pierpoljak et son compère Daddy Mory ont tissé de nouveaux liens avec ?les amis? de Maurice. Et ce qui est réconfortant, c?est que malgré la pluie fine qui a quelque refroidi leur tour de chant, samedi soir, ils ont promis de revenir. ?Je vous jure que je reviendrai?, a lancé Pierpoljak au peuple de Maurice. Quand tu veux, man?

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