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Les manuels scolaires font leur rentrée

4 janvier 2006, 20:00

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Dans les rues désertées, les seuls commerces à attirer des clients sont les librairies et papeteries. Se pressant aux portes, des parents, dont certains qui raclent le fond de leur porte-monnaie pour acheter les manuels scolaires de leurs enfants. Liste en main, l?impatience pesant sur les épaules, ces acheteurs ont les mêmes mots : les livres sont coûteux et surtout? introuvables.

?Dès que mes enfants ont leurs résultats, j?économise mon argent. Rien que pour deux de mes enfants, je sais que je peux dépenser Rs 6 000 en matériel scolaire. Les livres et accessoires tout compris !? Claudia, mère de trois grands gaillards, livre quelques confidences. Devant elle, les gens font la queue devant la librairie Bourbon à Port-Louis.

Le regard las, prenant son mal en patience, Claudia doit acheter les livres de sa fille qui entre en Form III cette année. ?Parfois il n?y a même plus de livres neufs, nous sommes obligés d?acheter des livres d?occasion ! Et le comble, c?est que vous devrez même parfois payer plus cher que le prix réel !? affirme Claudia. Un livre neuf qui coûterait entre Rs 400 à Rs 500, pourrait être obtenu pour Rs 150 ou Rs 200 en seconde main.

?C?est beaucoup plus pratique pour les parents de se débarrasser des anciens livres pour en acheter d?autres? note pour sa part le directeur d?Antara Bookshop, Prithvi Fowdur.

Gladia confirme. ?Vous savez que j?ai déjà acheté un livre de computer studies à Rs 600 ?? Pour un manuel de chimie pour la Form V, Claudia a pour sa part dû débourser Rs 1500 ! Si l?on suit la logique, plus l?on passe aux classes supérieures, plus le prix des manuels augmente. Et plus l?exaspération des parents grandit.

Délaissant ce coin bondé, nous nous dirigeons vers les Editions Le Printemps, à Vacoas. Mais là, une surprise nous attend: point de foule. Il paraît que les parents ont été malins cette année. ?Ils sont venus faire leurs achats en décembre?, explique Ahmad Sulliman, directeur de la librairie.

?Il faut dire, reprend Ahmad Sulliman, que nous avons fait beaucoup de publicité pour que les parents ne s?y prennent pas à la dernière minute. Et puis, il faut penser à la liste de livres à acheter avant de faire la fête ! C?est ce que les parents ont fait .? Cette rentrée scolaire chez Le Printemps a été préparée depuis un an déjà. Ahmad Sulliman partira au début de février pour un salon en Inde à la recherche des meilleurs prix pour les livrets scolaires de l?année... 2007.

Ce sont surtout les négociations dans les pays tels que Londres ou la France qui lui permettent d?offrir aux parents des manuels à des prix abordables. ?Tenez par exemple, ce livre de Shakespeare coûte 5,95 livres. En convertissant, ça nous fait Rs 325 au moins. Chez nous, il coûtera aux alentours de Rs 135.?

Tout est une question de négociation. Plus les importateurs, comme Ahmad Sulliman, achèteront en grande quantité, plus les prix seront abordables. La librairie Le Printemps va même plus loin. Elle gèle ses prix. Malgré l?augmentation du papier, du fuel et du fret, les prix sont standards.

?Nous avons, explique le directeur, un engagement social. En septembre, nous l?affirmions, nous étions contre les prix élevés du Doulos. Mais nous, nous vendons de la culture, nous pouvons nous permettre d?offrir de tels prix parce que la compagnie a des assises assez solides?. C?est tout à l?avantage des parents.

?Marge inférieure

Si vous choisissez de conjuguer livres neufs et de seconde main, vous réaliserez certes quelques économies. Ainsi pour la Form I, où il faut prévoir entre Rs 1000 à Rs 1500, les parents peuvent s?en sortir avec Rs 800 en faisant un amalgame de neuf et de vieux.

Aux Editions de l?Océan Indien, où le nouveau directeur général, Shafick Osman, a pris ses fonctions au début de décembre, on assure que tout est sous contrôle. ?Un de nos atouts majeur est que nous sommes très accessibles au grand public. Bien évidemment, nous travaillons sur une marge inférieure parce que nous sommes une compagnie publique. Et nous estimons que nous avons une vocation autre que commerciale?, soutient Shafick Osman.

Depuis le début de décembre, l?équipe des Editions de l?Océan Indien (EOI) travaille sur une nouvelle stratégie. De nouveaux projets sont élaborés et seront rendus publics vers le mois d?avril. Pour ce qui est des manuels scolaires, le directeur explique que trois manuels scolaires ont été remaniés, notamment ceux des home economics et des sciences pour la Form I, et du français pour la Form III. 85 % des manuels au programme sont déjà disponibles sur le marché. A noter quelques exceptions pour la littérature dans les petites classes, un phénomène qui se produit assez souvent.

Distibution de dictionnaires

?Les collèges changent souvent de textes de littérature. Cela prend plus de temps de faire venir des livres de France que de l?Angleterre ou de l?Inde. Je crois que nous ne serons jamais en mesure d?offrir un stock de livres à 100 % !? Optimiste, Shafick Osman estime que ces livres seront disponibles très prochainement.

Il fait aussi état des grandes nouveautés des EOI. Celles-ci se chargent de la distribution gratuite des dictionnaires d?anglais dans les écoles primaires. Jusqu?à présent, 50 % des dictionnaires ont été livrés et la distribution aura été complétée d?ici le 9 janvier. Ce dictionnaire d?Oxford, destiné aux enfants du primaire, sera aussi accessible au grand public plus tard. Les EOI offrent, en outre, cette année, une panoplie de compléments de manuels. ?Nous avons des dictionnaires trilingues illustrés dans toutes les langues ? français, anglais, urdu, marathi ou hindi?, annonce-t-il. Sans compter les livres d?histoire pour enfants à Rs 60 et des livres en version cédérom à Rs 80.

Entre tous ces livres et manuels, les parents devraient bien trouver leur compte? Il ne leur reste plus qu?à s?armer de patience et de bien garnir leur porte-monnaie : l?éducation n?a pas de prix !

FOURNITURES

Quand les marchands ambulants s?y mettent

■ Encore eux. Les marchands ambulants patientent aussi aux abords des librairies, avec dans leurs étals de fortune du matériel scolaire ! A la rue Bourbon, un marchand ambulant a trouvé la bonne idée de vendre des cahiers sur les trottoirs. ?Pour la

Form V ? Ou bisin ène cahier 160 pages mamzelle !?. Prix incassable : Rs 190 ! Pour ceux qui aiment marchander, ou si vous achetez en grande quantité, cela fera l?affaire. Il y en a pour tout le monde. Stylos, films transparents pour recouvrir les livres à Rs 10 le rouleau. Le dicton se confirme. Toutes les occasions sont bonnes pour faire des profits. Quitte à faire une entorse à la loi.

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