Publicité

Les manifestants anti-CPE continuent à mener la lutte

6 avril 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Des étudiants anti-CPE ont mené encore une fois hier, des opérations coup de poing dans plusieurs villes de province, notamment en Bretagne, à Poitiers et à Toulouse.

Ces actions sont intervenues au lendemain d’une cinquième journée nationale de manifestations de rue contre le contrat première embauche, qui ont rassemblé dans toute la France plus d’un million de personnes selon la police, plus de trois millions selon les organisateurs.

À Poitiers (Vienne), des centaines d’étudiants, rejoints par des membres de syndicats de salariés, ont dressé à l’aube huit barrages sur les principales voies d’accès à la ville et au parc d’attractions et de loisirs du Futuroscope, ont rapporté la police et des organisateurs du mouvement.

Ces barrages, faits notamment de palettes de bois et de barrières, ont provoqué des embouteillages longs de plusieurs km, contraignant des automobilistes à abandonner leur voiture sur place. La circulation des autobus de Poitiers aété arrêtée.

Faire réagir le gouvernement</B>

Le 22 mars, les étudiants avaient déjà bloqué la ville pendant trois heures avant de céder sous la pression de la police. L’université de Poitiers, qui compte environ 24 000 étudiants, est fermée depuis le 13 février.

À Rennes, en Bretagne, quelques centaines d’étudiants ont aussi bloqué, l’accès à la ville au niveau de l’axe Rennes-Lorient, a-t-on appris auprès du Centre régional d’information routière.

Les manifestants, qui ont dressé un barrage à l’aide de palettes et de poubelles, ne laissaient passer que les véhicules de secours. Le trafic routier sur la rocade ouest de l’agglomération était également perturbé.

À Nantes, environ 600 manifestants ont bloqué le Marché d’intérêt national (MIN) pendant près de trois heures.

Arrivés à 5h00 du matin(heure française), ils se sont postés aux entrées du MIN. Objectif : “Bloquer l’économie pour faire enfin réagir le gouvernement”, a expliqué un porte-parole étudiant.

En dépit d’une tension perceptible avec les usagers du MIN, cette action s’est déroulée sans incident.

Heurts avec les forces de l’ordre</B>

Mardi soir, des heurts avaient opposé les forces de l’ordre et 300 manifestants dans le centre de Nantes. Des manifestants ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre et cassé des vitrines ainsi que plusieurs dizaines d’abribus.

Dans le Sud-Ouest, à Toulouse, une centaine d’étudiants bloquaient à 9h00(heure française) les deux pricipaux centres de tri postal de la ville. Des dizaines de salariés participaient à cette action.

“Notre but est de bloquer pour la journée la distribution du courrier à Toulouse, puisqu’il semble que des lettres importantes doivent passer par ces centres en provenance de certains ministères parisiens”, a déclaré un responsable locale le premier syndicat étudiant.

“Cette action durera jusqu’à ce que tous les camions partent à vide de ces centres”, a-t-elle ajouté.

VAGUE HUMAINE

<B>Pari réussi pour les organisateurs mardi</B>

■ La mobilisation anti-CPE n’a pas faibli, mardi, pour la cinquième journée de mobilisation nationale contre le contrat première embauche. Les manifestants étaient très nombreux, partout en France, atteignant des chiffres similaires à ceux du 28 mars.Les chiffres de la police – 1 028 000 manifestants, dont 84 000 à Paris – comme ceux des syndicats – 3,1 millions, dont700 000 à Paris – attestent que la participation a été mardi semblable à celle du 28 mars, journée qualifiée d’“historique” par les syndicats.La suspension théorique du CPE par le président Jacques Chirac et la promesse de revoir les deux points les plus litigieux (période d’essai et non motivation du licenciement) n’ont donc pas suffi à calmer les opposants au CPE, mobilisés pour certains depuis plus de deux mois.Presque partout en France, les cortèges ont égalé ou dépassé ceux du 28 mars : de 35 000 à 250 000 à Marseille, de 52 000 à 100 000 à Nantes, de 45 000 à 120 000 à Bordeaux, ou encore de 15 à 45 000 à Lyon. “On voit bien que le gouvernement et les politiques sont en train de lâcher, il faut aller au bout”, a déclaré François Chérèque, syndicaliste.

Publicité