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Les malheurs de Gary Flint
Quand la poisse vous colle à la peau, il n’y a absolument rien à faire. Rien de ce que vous entreprenez ne réussit et c’est vraiment l’enfer sur terre. C’est un peu ce qu’a vécu le coureur Gary Flint hier lors de la première journée du tour de l’île.
Le Sud-Africain, sociétaire de l’Union Cycliste de Beau Bassin-Rose Hill, a vu le ciel lui tomber sur la tête et dans le prologue (contre-la-montre individuel de 4,1 km) et dans la première étape, longue de 111 kilomètres.
Le comble dans tout cela, c’est que Gary Flint aurait pu commencer l’étape d’aujourd’hui en jaune si la malchance ne l’avait pas suivi comme son ombre. Récit.
D’abord, il est passé à côté de son contre-la-montre pour s’être pointé au départ avec… 52 secondes de retard. Le pauvre gars n’a pas entendu son nom à l’appel. Malgré ce handicap, il a terminé le contre-la-montre à 1m13s du vainqueur, le Mauricien Yannick Lincoln.
Moins les 52 secondes, il aurait, théoriquement, fini à seulement 21 secondes. Peut-être même aurait-il mieux fait, mais ça, on ne le saura jamais.
<B>Courage mental</B>
Mais comme c’est un brave et qu’il s’était juré de se racheter dans l’après-midi, Gary Flint avait préparé un joli coup fourré.
Alors que Réunionnais et Mauriciens jouaient au chat et à la souris, multipliant les attaques vite contrées, Flint le rusé attendit le kilomètre 40 de la course pour s’échapper en compagnie du Réunionnais Willy Grondin. Comme, au préalable, ces deux-là n’étaient pas des dangers potentiels pour le maillot jaune comme pour les favoris réunionnais, on les laissa partir. Avec erreur d’ailleurs.
Les deux s’entendirent à merveille, assurant le relais convenablement et accentuant l’avance sur le peloton kilomètre après kilomètre, au point de compter plus d’une minute trente à un certain moment.
Et puis le drame. À l’intersection Poste Lafayette - Roches-Noires, la voiture des commissaires de course et le motard en tête du cortège se… trompèrent de parcours. Ils allèrent tout droit au lieu de prendre à gauche. Lancés à vive allure, Gary Flint et Grondin ne réalisèrent pas l’erreur.
Il a fallu alors neutraliser la course et redonner le départ, avec les derniers écarts chronométrés avant l’erreur, à Bras-d’Eau. Avec pour effet que cela cassait le rythme de nos deux joyeux fuyards, qui malgré tout, ont trouvé le courage mental et les ressources pour maintenir le rythme.
Avec deux minutes d’avance à dix kilomètres de l’arrivée, Grondin, qui se voyait déjà en jaune, décida d’offrir l’étape à Flint. Mais nouveau coup du sort, le Sud-Africain est victime d’une crampe au moment où le peloton avait enfin décidé de rouler et d’engager la poursuite.
Il était écrit que cette première journée n’allait pas être celle de Gary Flint, qui termina quand même deuxième à 41 secondes du Réunionnais.
Si contre vents et marées ce garçon n’a pas été surclassé, les autres ont intérêt à le surveiller comme le lait sur le feu désormais.
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