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Les mairies s?attaquent aux maisons abandonnées

25 juin 2008, 00:00

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Elles abritent drogués, prostituées et malfrats. Ces maisons sont pourtant dites inoccupées car laissées à l?abandon par leurs propriétaires. Que ces derniers se préparent : les mairies entendent passer à l?action, voire démolir ces maisons.

C?est la tâche que s?est attribuée la municipalité de Curepipe. Celle-ci est consciente que ces maisons délabrées, se trouvant souvent en bordure de route, représentent un danger public pour les passants. Des matériaux de construction pourraient tomber sur la tête des passants alors que certaines maisons sont transformées en toilettes publiques, dépotoirs et favorisent la prolifération des rats.

Le maire de la ville lumière, Kumar Bhangeeruthee, a recensé une quinzaine de maisons abandonnées. «On ne peut pas attendre que quelqu?un se fasse tuer ou subisse des atrocités dans ces maisons pour agir», explique le maire.

Dans un premier temps, la mairie de Curepipe effectue une enquête pour identifier le propriétaire du bâtiment. Ce dernier est alors sommé de le démolir. Pour l?encourager à aller de l?avant, la mairie se propose de transporter les détritus. «C?est ce que nous avons fait aux Casernes. Le propriétaire du bâtiment avait été sommé de démolir un bâtiment abandonné», dit le maire de Curepipe.

Mais il y a aussi des cas où la mairie n?arrive pas à retracer les propriétaires ; ils ne sont parfois pas au pays. «En principe, la mairie peut démolir les maisons abandonnées si elles constituent un danger public et adresser ensuite la note aux propriétaires une fois qu?ils ont été retracés», dit le maire de Curepipe.

La mairie peut aussi demander à la Cour d?infliger une amende aux propriétaires pour non-respect des normes environnementales. «Nous essayons de ne pas saisir la justice car il faut attendre un certain nombre de temps avant d?avoir un jugement», dit le maire de Curepipe.

Le maire par intérim à Quatre-Bornes, Jean François Batour, a recensé de son côté une vingtaine de maisons abandonnées dans la ville des fleurs. Lorsqu?il y a des plaintes ou lorsque les inspecteurs de la mairie identifient ces maisons abandonnées, la mairie adresse alors une lettre au propriétaire demandant à celui-ci de clôturer sa maison abandonnée.

S?il refuse d?obtempérer, la mairie fait alors appel à la Cour en vue d?obtenir un ordre obligeant le propriétaire à faire le nécessaire. S?il refuse à nouveau, dit le maire par intérim, la mairie demandera alors à la Cour l?autorisation de démolir ces maisons abandonnées.

Dans le cas où les propriétaires ne seraient pas au pays, la mairie peut demander à leurs proches de prendre la responsabilité pour la démolition. Selon lui, Quatre-Bornes contient au moins une vingtaine de maisons abandonnées.

<B>«Eviter toute mauvaise surprise»</B>

A Port-Louis, le lord-maire, Fritz Thomas, est déjà passé à l?acte. Si la mairie n?a pas encore effectué d?étude sur le nombre de maisons abandonnées dans la capitale, elle vient cependant d?émettre un Pulling Down Order contre le bâtiment de l?Amicale. Celui-ci abritait une maison de jeux et avait pris feu à la rue Royale. «C?est lorsque j?ai eu des plaintes de la part des citadins que j?ai décidé d?agir. Ce bâtiment est devenu une horreur. De plus, le reste du bâtiment peut tomber sur la tête des passants», dit-il.

«J?ai décidé d?ordonner la démolition de ce bâtiment pour éviter toute mauvaise surprise», ajoute Fritz Thomas. Ce dernier ne compte pas s?arrêter là. Il a l?intention de mettre sur pied une unité pour identifier les maisons abandonnées. Et il précise qu?il a déjà reçu des plaintes par rapport à des maisons abandonnées situées à la rue mère Barthélemy.

Le maire de Beau-Bassin-Rose-Hill, Cyril Mestry, explique de son côté que la mairie agit promptement dans le cas où une maison ou un bâtiment abandonné représente un danger pour les citadins. «Nous sommes sans pitié contre des maisons réduites en amas de tôles et laissées à l?abandon. On ne peut pas favoriser tous les maux de société», lâche le maire de Beau-Bassin-Rose-Hill.

«La mairie n?est pas habilitée à démolir une maison abandonnée sans l?aval de la cour», précise cependant le maire des Ville-S?urs. Il ajoute également que Beau-Bassin-Rose-Hill compte de moins en moins de maisons abandonnées.

La municipalité de Vacoas-Phoenix a de son côté lancé une campagne de sensibilisation à la nécessité d?entretenir les maisons laissées à l?abandon et les terrains vagues. Le maire Rehmankhan Hemuthally souligne que la mairie éprouve parfois des difficultés lorsqu?un bâtiment compte plusieurs héritiers. Et cite le cas d?un cinéma laissé à l?abandon dans le centre-ville?

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