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Les mêmes rengaines
par Thierry CHATEAU
Plus ça va, moins ils ont de choses à dire? Tel un long fleuve tranquille, la campagne suit son cours. Les politiciens, eux, se laissent emporter au gré du courant comme s?ils étaient anesthésiés par les bains de foule. Aux meetings, ils nous ressortent chaque jour les mêmes rengaines?
Du côté de l?alliance gouvernementale, les leaders nous resservent des discours identiques. Ce sont, mot pour mot, à la virgule près, les mêmes phrases, surtout lorsqu?on écoute les interventions de son leader, Paul Bérenger. Le bilan, l?équipe, la place faite aux femmes, on croirait entendre la même bande diffusée en continu? Plutôt décevante, l?alliance gouvernementale.
Du côté de l?Alliance sociale, il y a un peu plus de variétés. Comme cette dernière trouvaille du leader, Navin Ramgoolam, qui compare son adversaire, Paul Bérenger, au ?commandant du Titanic qui joue du violon pendant que le navire sombre?? Amusante, l?Alliance sociale. Mais il faut dire que les interprètes sont plus nombreux. Les trouvailles fusent, à chaque meeting, mais elles volent bas, visent la ceinture et tout ce qu?il y a en dessous. Amusante mais tout aussi décevante, l?opposition.
Les deux alliances privilégient le folklore. Cherchent à faire rire ou à faire peur. Elles font leur show. Certains diront qu?elles ont des circonstances atténuantes puisqu?elles enchaînent meetings, réunions et congrès à un rythme effréné? Mais les deux camps ne seraient-ils pas plutôt à court d?arguments ?
Alors, faut-il changer de campagne ? Il y a la solution du débat télévisé ou radiophonique. Il faut dire que cette année on découvre la campagne sur les ondes des radios privées et, franchement, les politiciens et leurs idées ne sont guère plus impressionnants. Ils ne pensent qu?à se renvoyer la balle. Le même langage, la même pauvreté d?arguments que dans les meetings. Les partis se rattraperont-ils à la télévision ?
Les petites formations politiques ne valent pas mieux. C?est même pire. Elles récupèrent au passage les arguments éculés, laissés sur le bord de la route par les grosses formations. Les vieilles idées, le castéisme. Elles se confortent dans une défense de clocher pour tenter de grignoter un morceau d?électorat. Encore plus décevant que les grands partis.
Nous avons les politiciens que nous méritons, diraient les fatalistes. Mais si le Mauricien éprouve des difficultés à changer, à trouver de nouvelles idées, de nouveaux projets de société, c?est bien au politicien de le prendre par la main, de le guider. C?est son rôle. Et, pour l?instant, il ne fait que gérer son fonds de commerce : l?électorat.
Il y a bien de jeunes partis qui tentent d?élever le débat. Rezistans ek Alternativ fait illusion avec son combat contre la classification ethnique. Une position forte qui interpelle beaucoup de Mauriciens. Enfin un thème de campagne. Dommage que ce jeune parti reste obstinément ancré dans ce qu?il appelle cette sempiternelle muvans de gos, un peu dépassée. Vite, dépoussiérez tout ça? Mais bon, l?espoir fait vivre. Et pas que les malheureux.
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