Publicité
Les liaisons dangereuses
Madun Dulloo, le récidiviste</B>
C?est la deuxième fois que Madun Dulloo se fait révoquer d?un gouvernement.
Il sera chaudement accueilli mardi par ses nouveaux camarades de l?opposition, tout en essuyant quelques plaisanteries douteuses de ses anciens amis du gouvernement. Sa position est toutefois floue. Bérenger n?a pas précisé s?il compte faire une offre électorale à Dulloo pour faire de lui son vice-Premier ministre, ou même Premier ministre, dans le cadre d?un mandat partagé.
« Premierministrable » en puissance pour certains, Dulloo risque néanmoins de ne pas se faire que des amis dans l?opposition. Notamment parmi quelques éléphants du MMM. Mais aussi parmi d?autres membres de l?opposition comme Ashock Jugnauth qui voit Bérenger s?éloigner davantage de lui après l?arrivée de Dulloo.
<B>Ashock Jugnauth, l?incertain</B>
Un temps très courtisé par Paul Bérenger qui n?avait pas hésité à voir en lui un homme politique pouvant aspirer aux plus hautes fonctions, le leader de l?Union nationale passe presquepour un figurant dans l?opposition. Tant Bérenger n?a d?yeux que pour Dulloo ces derniers temps. Avec la possible annulation de son élection par le Privy Council, l?avenir politique d?Ashock Jugnauth est placé sous le signe de l?incertitude.
Paul Bérenger, l?agitateur</B>
Bérenger jubile. Lui, qui prédisait des développements politiques majeurs depuis plus d?une année, est enfin servi. La stratégie du leader mauve consiste à souffler sur les braises à l?intérieur du PTr et de l?Alliance sociale en amplifiant les dissensions internes. Ainsi, il a très rapidement avoué être en pourparlers avec Reza Issack, en vue de son éventuelle adhésion au MMM. Et il n?a pas non plus cherché à cacher ses rencontres avec Madun Dulloo. Ce samedi, il a pris Anil Bachoo à contre-pied.
Tandis que ce dernier niait l?avoir rencontré, Bérenger se dit « attristé et choqué » par cette dénégation, amplifiant ainsi le malaise que ressent Bachoo à l?intérieur du gouvernement. Mais aussi la méfiance du Premier ministre et d?autres parlementaires de l?Alliance sociale envers lui. Avec ses « développements », Bérenger pense avoir repris la main. Il n?en sera que revigoré au Parlement.
<B>Nando Bodha, le mal à l?aise</B>
La posture du chef de file du MSM au Parlement illustrera bien les dispositions de son parti vis-à-vis du gouvernement. Tandis qu?un froid glacial règne entre le MMM et le PTr,le MSM, lui, entretient des relations plus cordiales avec le PTr.
Le leader du MSM, patron de Bodha, a même donné raison à Ramgoolam d?avoir révoqué Dulloo. En façade, le MSM et Bodha en tête maintiendront une ligne « Opposition as usual » envers le PTr. Mais beaucoup au MSM insistent également sur le fait que le parti est désormais dans une logique d?alliance avec Ramgoolam. Comment Bodha et ses camarades de partis arriveront-ils dans ces circonstances à maintenir leur combativité face à la majorité ?
Anil Bachoo, en sursis</B>
Sa position devient intenable au sein du gouvernement. Surtout après l?aveu implicite de Bérenger indiquant qu?ils se sont rencontrés récemment. Son ancrage très fort en milieu rural et sa popularité dans sa circonscription de Flacq-Bon-Accueil lui ont valu jusqu?ici d?être exempté de la colère du Premier ministre. Même quand il a affiché son désaccord avec certaines politiques économiques gouvernementales. Bachoo nie avoir rencontré Bérenger et assure ne pas vouloir passer dans l?opposition. Ce qui ne lui fait nullement perdre son statut de prochain « révocable » en puissance du gouvernement.
<B>Satyadeo Moutia, le réaliste</B>
Membre du MMSM, Satyadeo Moutia a refusé de suivre son leader dans l?opposition. Réaliste, il avoue implicitement le manque d?ancrage électoral de son parti en justifiant son choix de rester au gouvernement. « Elu dans un bastion rouge, je ne compte pas abandonner ni ma circonscription ni l?Alliance sociale. » Assez effacé dans son rôle de Private Parliamentary Secretary du gouvernement, Moutia reste au gouvernement par intérêt selon Dulloo.
Rashid Beebeejaun, le pacificateur</B>
Jouissant de la pleine confiance de Ramgoolam, le vice-Premier ministre a joué au pacificateur auprès de Reza Issack, son colistier, dont on dit qu?il est proche. C?est Beebeejaun qui a ainsi contribué à faire comprendre au Premier ministre qu?Issack tentait plus de rapprocher le PTr et le MMM. Et non pas de passer chez l?adversaire. Un rapprochement auquel Beebeejaun, un ancien mauve, n?est lui-même pas opposé. La bonhomie et le calme du vice-Premier ministre font de lui un interlocuteur privilégié auprès de qui certains ministres ou députés mécontents de l?Alliance sociale expriment leurs opinions. Espérant ainsi que celles-ci soient relayées jusqu?à Ramgoolam. C?est ce rôle de pacificateur que Beebeejaun gardera au Parlement.
Navin Ramgoolam, le chef incontesté</B>
On le croyait attentiste. Mais le Premier ministre a frappé fort cette semaine en révoquant son ministre des Affaires étrangères, Madun Dulloo. Au moment où il s?y attendait le moins. « Je ne vais pas accepter qu?un ministre et de surcroît un Senior Minister ne fasse pas preuve de solidarité et de responsabilité au sein du cabinet », déclarait le Premier ministre pour expliquer sa décision. Avec cette opération, il lance un sévère avertissement à tous ceux, au sein de son parti et de l?Alliance sociale, qui seraient tentés de pactiser avec l?opposition. Ramgoolam affirme son autorité sur son alliance électorale et son parti au moment même où le leader du MMM cherche à alimenter les dissensions ou rumeurs de dissensions au sein du gouvernement. Mardi au Parlement, les députés de l?opposition ne se priveront pas d?interpeller Ramgoolam sur ce qu?ils considèrent être sa position « affaiblie ».
Reza Issack, discipliné de force</B>
Franc et téméraire, Reza Issack a néanmoins fini par calmer son ardeur à vouloir rapprocher le PTr et le MMM. Après plusieurs rencontres avec Paul Bérenger, il ne semble plus aussi pressé de multiplier les rencontres avec le leader mauve, car il est sur la corde raide. En effet, beaucoup ont déjà opposé la sévérité de Ramgoolam avec Dulloo à son indulgence envers Issack. Du coup, ce dernier pourrait être en sursis. S?il persiste à vouloir rencontrer Bérenger, le député de Port-Louis pourrait subir l?ire de son leader. Et éventuellement des sanctions sévères de son parti. Pour lequel il ne manque pas de jurer son allégeance. Les parlementaires du MMM ne pourront que regarder Issack d?un regard bienveillant.
<B>Rajendra Mungur, une allégeance de façade</B>
La proximité de Mungur avec Anil Bachoo l?a rendu suspect aux yeux de certains apparatchiks rouges. Dulloo, n?a pas non plus hésité à donner l?impression d?être en pourparlers avec ce député en indiquant l?avoir rencontré durant la semaine.
Ce que ce dernier nie en avouant seulement avoir « croisé » l?ancien ministre. Ceux au sein de l?Alliance sociale qui surveillent Bachoo pensent que Mungur lui emboîtera le pas si jamais ce dernier gagne les rangs de l?opposition.
Publicité
Publicité
Les plus récents